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musique

Yung Lean Doer est un étrange rappeur suédois de 16 ans

Dans le clip « Ginseng Strip 2002 », Yung Lean, un rappeur de 16 ans du quartier de Södermalm à Stockholm, en Suède, porte un bob, exécute sa propre version de la cooking dance et parle de se taper une crackhead qui ressemble à Zooey Deschanel.

par Frances Capell
03 Mai 2013, 9:35am

Dans le clip « Ginseng Strip 2002 », Yung Lean, un rappeur de 16 ans du quartier de Södermalm à Stockholm, en Suède, porte un bob, exécute sa propre version de la cooking dance et parle de se taper une crackhead qui ressemble à Zooey Deschanel. L’adolescent suédois est un charmant mélange des éléments les plus détonants du hip-hop américain – surtout empruntés à Lil-B – et il soulève de nombreuses questions. En premier lieu : mais qui est ce gamin, putain ? Et pourquoi il est comme ça ? L’occupation de la Toile par Lean comprend « OREOMILKSHAKE », un morceau sur le fait de boire un milkshake délicieux et de foutre son membre dans un glory hole. Il lâche son flow sur son obsession pour Super Mario dans « 5th Element » et sur la photo ci-dessus, il montre un bidon de thé glacé de 4 litres, un do-rag sur la tête – je ne sais pas comment il a réussi à dégoter un tel truc en Scandinavie. Lorsque j’ai discuté avec Lean sur Skype, il s’enfilait une bouteille de Pepsi et un paquet de chips pendant que son producteur, Yung Sherman du crew Sad Boys, jouait à Super Smash Bros 64. J’ai commencé à comprendre que ces gamins, en fait, n’étaient pas en train de troller le monde. Mis à part les pauses gênantes dans la conversation lorsqu’ils se consultaient en suédois, ils ne semblaient pas très différents des adolescents qu’on trouve aux États-Unis –lorsqu’ils brandissaient leurs disques de Lil Ugly Mane à la webcam ou lorsqu’ils ont semblé authentiquement impressionnés lorsque je leur ai raconté que j’avais récemment assisté à un concert de Project Pat. Ils ont trouvé chez les plus weirdos des rappeurs US une culture qui leur parle et, comme tous les adolescents, ils imitent leurs idoles. Il en résulte des morceaux étranges et inexplicablement géniaux.

VICE : Avant tu t’appelais Yung Lean Doer, maintenant c’est juste Yung Lean. D’où vient ton nom ?
Yung Lean (né Doer) :
Leandoer est mon nom de famille. Je trouvais ça marrant, comme de siroter du lean ou de la prométhazine. Je tiens mon nom de Yung Sherman. On avait un collectif de rap avant et quand je suis arrivé il a dit : « Le jeune Lean Doer est dans la clique. »

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
J’ai rencontré Yung Sherman dans un parc. Beaucoup de gens y buvaient de la bière. On écoutait Robb Bank$ et on a cliqué. Puis Yung Gud Shorty – le troisième membre des Sad Boys – était ami avec Yung Sherman avant moi, donc je l’ai rencontré comme ça.

J’ai entendu que tu chantais et rappais depuis que tu étais gamin. Ça ressemblait à quoi ?
C’était horrible. Dans ma maison de vacances, on a fait une mixtape avec des beats horribles, où on rappait sur Eminem et sur le foot. Quand j’étais en CM1, j’ai fait un morceau sur la partie de Stockholm d’où on vient.

C’est comment là-bas ?
C’est plein de hipsters, ça c’est clair. Il fait très froid. C’est juste un quartier très banal.

Il y a autre chose à faire que de faire de la musique et jouer à la Nintendo ?
C’est à peu près tout. Boire de la bière, siroter du Hennessy ou des piña coladas.

Vous prenez des drogues ?
C’est très embarrassant. On est en sursis. On s’est fait choper ; Yung Sherman pour avoir fait un graffiti, moi pour avoir fumé de l’herbe.

Il y a de bons concerts de rap à Stockholm ?
Non. Pas des trucs qu’on aime voir, en tout cas. À part les Gravity Boys et nous, la scène rap est pourrie. Ryan Hemsworth est passé y’a pas longtemps, mais je n’ai pas 18 ans donc j’ai pas pu aller à son concert. Je peux même pas me produire à mes propres concerts. J’étais censé rapper il y a deux semaines mais je n’ai pas pu car ils ont dit que j’étais trop jeune.

Et les filles ? T’as une copine ?
On a plein de putes, oui. C’est tout ce que tu dois savoir.

Elles sont comment les filles de Södermalm ?
C’est toutes des hipsters. Elles écoutent Avicii, elles aiment Swedish House Mafia et elles boivent du cidre de pomme. Elles sont plutôt chiantes. On aime pas ces putes-là.

Les kids de ton lycée écoutent tes morceaux ?
Non, pas vraiment. C’est surtout mes amis. Je pensais que mes amis étaient les seuls à m’écouter, puis à une teuf, un mec est venu vers moi pour me demander si j’étais Yung Lean. C’est là que j’ai découvert que d’autres gens écoutaient.

C’est qui tes rappeurs préférés ?
J’aime beaucoup Future. « Turn on the Lights » est la meilleure chanson du monde. Ça fait pleurer, tout le monde peut s’y reconnaître. Sinon on déteste Macklemore. Il faut libérer Big Lurch. Big Lurch doit sortir de taule, tout comme Lil Boosie et Max B. On aime bien Metro Zu, mais surtout Lofty.

T’es signé chez le label Teaholics d’Issue. Je suis curieuse de savoir comment des jeunes Suédois font pour être en contact avec des gars comme ça.
Avec Internet. Avec des sites comme Noisey, évidemment. On a commencé à écouter Metro Zu il y a un ou deux ans. Et je crois que j’ai écouté Issue pour la première fois l’an dernier. J’ai entendu dire qu’il était le fils d’E-40 et j’ai commencé à l’écouter.

J’ai remarqué que tu étais aussi connecté à Friendzone, les producteurs d’East Bay, sur Twitter.
J’étais vraiment content. C’était le plus beau jour de ma vie. Quand Friendzone m’a tweeté, c’était vraiment cool.

Tu peux me parler de ta première mixtape ?
J’ai assez de morceaux pour faire plein de mixtapes, mais mes vieux morceaux ne sont pas extra. La mixtape sortira le 4 juillet. Issue m’a envoyé un tas de beats. Je vais en utiliser. Je veux faire un morceau avec lui, aussi.

Tu comptes faire quoi après le lycée ?
Je n’irai pas à la fac. Je ne veux rien faire. Je veux juste twerker toute ma vie. J’aimerais vivre dans une maison à Miami pour faire de la musique, ou à Brooklyn. Je ne suis pas sûr de vouloir rester à Stockholm. Là maintenant, je n’ai pas le choix.

T’es déjà allé aux États-Unis ?
J’étais à New York une fois, c’était il y a deux ou trois mois. Ça et le jour où Friendzone m’a tweeté resteront les deux meilleurs moments de ma vie. L’Arizona était vraiment pas cher, le Koolaid aussi. J’ai bouffé une pizza. J’ai déjeuné à Five Guys Burgers. C’était le meilleur burger que j’aie jamais mangé. C’était trop bon.

J’aime vraiment ton nouveau morceau, « Gatorade ».
Je l’ai fait la semaine dernière pendant les vacances de Pâques. On était là, avec Yung Gud Shorty, il avait fait le beat y’a longtemps. Il a rajouté quelques trucs et on a enregistré. Sur Twitter, j’ai dit : « Shawty wat u sippin oon gatoradee. » Et là, je me suis dit, putain, faut conserver ça. Alors c’est devenu une chanson.

Rapper sur le thé glacé et le Gatorade, c’est quelque chose qu’Issue t’a inspiré ?
Non. On s’appelait les Arizona Iced Out Boys bien avant qu’on rencontre ou qu’on entende parler d’Issue. On était dans mon sous-sol, et on aime tous l’Arizona, alors on a pris ce nom-là. Je ne savais pas qu’Issue aimait le thé glacé jusqu’à ce que j’écoute sa musique.

Vous vous appelez les Sad Boys, maintenant. Pourquoi êtes-vous tristes ?
Parce que Squadda Bambino n’est pas là, ni Lil B. S’ils étaient là, on serait contents.

Frances Capell est membre des #SadGirls. Elle est sur Twitter – @ffffrances

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