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Un mot de la part du rédacteur en chef de ce numéro

J’ai un conseil à donner à quiconque souhaiterait un jour devenir rédacteur en chef d’un numéro anti-musique dans le futur : ne dites jamais à personne ce que vous êtes en train de faire. Ça ne ferait que...
5.10.10

J’ai un conseil à donner à quiconque souhaiterait un jour devenir rédacteur en chef d’un numéro anti-musique dans le futur : ne dites jamais à personne ce que vous êtes en train de faire. Ça ne ferait que compliquer les choses. Voilà comment ça marche. Vous dites à quelqu’un : « Salut, je suis rédacteur en chef du numéro anti-musique. » Et le mec en face vous répond : « Anti-musique ? Mais qu’est-ce que ça veut dire ? » Et vous découvrez soudain que votre idée est incroyablement difficile à expliquer.

Si vous vous acharnez à faire comprendre de quoi il s’agit, vous rencontrerez un autre phénomène, peut-être encore plus embarrassant : la Révélation. Le type avec lequel vous discutez vient de « capter » ce que vous voulez dire. Ses yeux s’illuminent et son regard vient se fixer juste derrière votre épaule. Il entame alors un long monologue, dans lequel s’enchevêtrent des idées telles que la qualité du son, les blogs, le prix des CD, les coupes de cheveux atroces des zikos, les reprises, les crooners, les dilettantes, les poseurs, la versatilité du public, la stupidité des jeunes, la surcompression, les groupes qui font des « impro », le parti pris politique en musique, les connards du rap, les reformations, les reformations pour l’argent, pas assez de téléchargement, trop de téléchargement, et/ou Vampire Weekend. Le seul consensus s’articulera autour de l’idée que – tout comme pour l’éducation nationale ou les ­politiciens – « quelque chose » ne va pas. Mais ce truc variera invariablement d’une personne à l’autre.

C’était la mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que vous tenez entre les mains ce numéro de Vice pour vous guider. Et aussi que, si jamais vous êtes rédacteur en chef d’un numéro anti-musique dans un futur pas si proche, vous aurez sûrement d’autres soucis en tête (les nano-assassins, la famine globale, les guerres nucléaires). À ce moment-là, ce numéro potentiel sera un bon truc à lire dans votre abri anti-atomique.

Dans tous les cas, bonne lecture !

Sam McPheeters est patron de label depuis douze ans et a tourné avec des groupes pendant quinze longues années.

Il habite en Californie, et continue d’écouter Slayer à contrecœur