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LE NUMÉRO PERSISTANCE RÉTINIENNE

Video games killed the radio star

C’est devenu une habitude, je vais plutôt utiliser cette demi-page pour raconter ma vie avant de présenter un jeu essentiel. Quand j’ai commencé à chroniquer...
10.2.10

MASS EFFECT 2

Éditeur : EA

Plateforme : XBOX 360

C’est devenu une habitude, je vais plutôt utiliser cette demi-page pour raconter ma vie avant de présenter un jeu essentiel. Quand j’ai commencé à chroniquer des jeux dans

Vice

, j’avais un peu lâché l’affaire avec l’activité chronophage qu’est le jeu vidéo. J’avais un fils, une femme et pas une thune pour m’acheter une nouvelle machine. Quand on m’a fait passer des exemples de ce que je devrais faire pour le magazine, je me suis retrouvé avec la chronique américaine du premier

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Mass Effect

. Un jeu dont on me rabattait déjà les oreilles, ­ambiance un des meilleurs jeux du monde tu dois ­t’acheter une XBOX pour y jouer. Comme on me disait la même chose de la série

Battlestar Galactica

et que vu l’ancienne série il était hors de question que je jette un œil à la nouvelle, je mettais

Mass Effect

au même niveau. Le parallèle était cohérent, mais le jugement complètement con. Parce que j’ai découvert

Battlestar

l’année dernière et que c’est une série essentielle. Du coup j’ai jeté un œil à

Mass Effect

qui est aussi un jeu parfaitement essentiel. J’ai joué une heure à

Mass Effect 2

quand on me l’a présenté le mois dernier, et depuis mes mains tremblent, ambiance je veux mon fix. MAINTENANT. Je m’explique. J’ai ­méprisé le premier jeu à l’époque, mais je reconnaissais que l’objet était attirant parce que très beau. Alors que tous les jeux de SF empruntent leur design à je ne sais quel dessinateur foireux,

Mass Effect

louchait du côté de Ron Cobb et Syd Mead. Le truc, c’est qu’à côté de ça,

Mass Effect

est incroyablement bien écrit et surtout, c’est un jeu super intelligent. Un peu complexe mais finalement très bien pensé et qui te fait réaliser à quel point un jeu vidéo peut être un objet noble et instructif. Tu me diras, je joue pas pour devenir intelligent. Je te répondrai, c’est pour ça que tu es con. Faire une partie de

GTA

, c’est comme manger un Mars, tu kiffes, mais tu prends du cul et tu tomberas jamais une meuf en lui proposant un Mars. Ou bien tu es vraiment balèze. Mais ça j’en doute. Non, tu l’emmèneras dans un petit resto au cadre charmant et à la bouffe qui déchire en choisissant autant que tes capacités d’idiot qui joue à

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GTA

te le permettent un bon vin.

Mass Effect 2

c’est l’équivalent de ça. Un objet raffiné et délicieux qui te rendra meilleur à l’image du délicat baiser que cette meuf que tu as emmenée dîner posera sur tes lèvres, ­évidence que tu es un mec bien. Tu te seras fait chier à apprendre la table des Bordeaux par cœur, mais le moment que cet effort t’a permis de vivre était simplement transcendantal. Ensuite, tu pourras retourner à tes Mars. Tu auras fait quelque chose de ta vie.

AL BATARD

ROCKET BIRD

Éditeur : Be tomorrow

Appli pour iphone

« Si je fais plus de 398, je descends à Répu et je file à Belleville lui faire une bisou. » Depuis que j’ai eu un iPhone pour Noël, je télécharge toutes les applications gratuites comme une grande malade. Du lancer de papier en boule dans la poubelle au solitaire en passant par l’horoscope, c’est bien simple, je prends tout. Et les jeux, je les essaie tous. Quand j’ai vu la petite icône poulet de

Rocket Bird

, j’ai pas hésité un seul instant. Mais à aucun moment je n’aurais imaginé que j’allais devenir accro à un jeu aussi idiot. Pire, que ce jeu allait influencer ma vie. Car on ne peut pas vraiment dire que c’est très compliqué comme gameplay. Un poulet, une fusée sous ses fesses et c’est parti. Tel le lancer de Paf le chien sur Facebook, le but est de parcourir le plus de mètres possible sur sa fusée-poulet en évitant tous les obstacles : fermes, enclos, sapins, vaches, meules de foin… Une réserve d’énergie sur le côté, des étoiles à attraper en vol pour la recharger et c’est tout. Il n’y a absolument rien de plus. À l’instar de la wiimote, on joue avec son iPhone comme si son téléphone était la manette et qu’on était le poulet. Je n’en suis dieu merci pas arrivée au point où je cocotte dans le métro, mais je grom­melle, je grogne, je marmonne : je dépasserai les 700 mètres en niveau ­facile et les 300 en difficile. Et, comme dans

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The Dice Man

de Luke Rhinehart, je commence même à jouer ma vie en

Rocket Bird

comme Rhinehart la jouait aux dés pour prendre des décisions. Et si un quelconque docteur Maboule essaie de me faire revenir à la raison par la psychanalyse, je lui rétorquerai que les caprices du hasard rendent la vie tellement plus excitante qu’il peut aller se faire voir.

EMMA POULE