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La NASA révèle son nouveau programme de détection d’astéroïdes

Personne ne veut connaître le même destin que les dinosaures.
11.1.16
Image: NASA

Dans le grand panthéon des événements apocalyptiques, la chute d'astéroïde tient une place de choix. Après tout, nous savons que la Terre a déjà subi des impacts cataclysmiques dans le passé, dont certains ont provoqué des extinctions de masse. Il y a fort à penser qu'un nouvel impact pourrait mettre à mal une bonne partie de la biomasse qui alourdit notre chère planète.

Pour cette raison, des chercheurs et des volontaires tentent depuis des décennies de détecter de manière systématique tout astéroïde qui pourrait présenter un risque pour notre planète. La NASA elle-même vient de créer une toute nouvelle organisation, le Planetary Defense Coordination Office (PDCO) pour remplir cet office : elle sera chargée de coordonner les opérations visant à répertorier les objets géocroiseurs (NEOs) les plus menaçants.

« La création d'un Bureau officiel de Coordination pour la Défense Planétaire montre que la NASA a l'intention de tenir une place de leader dans ce domaine et de coordonner les efforts internationaux dans la détection et la prévention des risques d'impacts. L'agence envisagerait même de proposer un plan d'urgence en cas de risque avéré, » explique Lindley Johnson, à la tête du PDCO sous le titre ronflant de Chargée de la Défense Planétaire.

La NASA n'en est pas à son premier programme de détection des géocroiseurs. En 1998, le Congrès a voté le financement à hauteur de 90% d'un programme de surveillance des NEOs de plus d'un kilomètre de diamètre, qui s'est étendu sur dix ans. C'est bien sûr la NASA qui a hérité du dossier. Durant ce programme, 911 astéroïdes ont été détectés et enregistrés, c'est-à-dire 93% des géocroiseurs selon les estimations de la NASA.

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Cependant, la prochaine mission de l'agence spatiale sera sensiblement plus difficile à mener à bien : elle ambitionne d'identifier 90% des NEOs de plus de 140 mètres de diamètre d'ici à 2020. Ces astéroïdes seront bien plus difficiles à détecter à cause de leur taille réduite, mais ils sont également beaucoup plus nombreux que leurs camarades massifs.

Afin de se rendre la tâche encore plus difficile, le programme NEO va connaître d'importants changements structurels. Après que l'inspecteur général de la NASA, Paul Martin, a examiné le fonctionnement et les finances du département à l'occasion d'un audit, il a estimé qu'il était urgent de revoir son fonctionnement de A à Z.

« La NASA a organisé son programme NEO autour d'un bureau central qui coordonne, avec un succès relatif, un conglomérat d'équipes de recherche disparates, autonomes, dont les études sont mal intégrées les unes ou autres. Le programme doit désormais être supervisé de manière globale. Il faut établir des buts à long terme, et suivre la progression vers ces buts en définissant des étapes à court terme, nettes et bien définies, » écrit Martin dans son rapport.

« Même si le budget du programme NEO a été multiplié par dix dans les cinq dernières années, passant de 4 millions de dollars en 2009 à 40 millions en 2014, la NASA n'est parvenue à identifier que 10% seulement des astéroïdes de plus de 140 mètres de diamètre, » ajoute-t-il.

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La NASA avait bien besoin qu'on lui rappelle que son programme NEO était dispendieux et assez peu innovant. Le rapport de Martin lui a donné l'impulsion nécessaire pour se réorganiser et se remettre sur les rails.

Les progrès réalisés dans la détection des NEOs. Image: Alan B. Chamberlin/Jet Propulsion Laboratory/NASA

Le bureau devra investir davantage dans les instruments nécessaires à la détection des astéroïdes de petite taille, et dans la gestion du catalogue de NEOs en expansion croissante. Mais il lui faudra également travailler sur une stratégie de protection de la planète, afin de parer toute éventualité de scénario catastrophe dont le cinéma hollywoodien est friand. Hélas, Bruce Willis ne constitue pas, à lui tout seul, un plan de sauvetage adéquat. Le PDCO sera donc chargé de mobiliser des efforts internationaux dans le but d'éviter de futurs impacts.

Ces recherches dépendront en grande partie de missions d'étude des astéroïdes, telles que OSIRIS-Rex. Lancée en septembre prochain, la sonde ira à la rencontre d'un géocroiseur susceptible de s'écraser sur la planète Terre. Elle récoltera alors des échantillons de l'astéroïde incriminé, afin de nous en dire plus sur le genre de roches qui nous menacent. D'autres projets, quant à eux, examinent dans quelle mesure nous pourrions dévier un astéroïde de sa trajectoire, voire le placer sur une orbite terrestre ou lunaire afin de l'étudier et d'extraire des matériaux à sa surface.

L'idée que des solutions existent pour contrer les menaces venues du ciel est assez réconfortante. Cependant, des événements tels que l'entrée surprise dans l'atmosphère du météore de Tcheliabinsk, en 2013, nous montrent qu'en matière de protection contre les astéroïdes, nous sommes avant tout pris par le temps. Comme nous le rappelle l'écrivain de science-fiction Larry Niven : « Les dinosaures se sont éteints car ils ne disposaient pas d'un programme spatial. Si l'espèce humaine est rayée de la carte parce que son programme spatial de fonctionne pas, on aura l'air malins. »

Bonne chance à toi, PCDO. L'ensemble des espèces vivantes terrestres compte sur toi, mais pas de pression.