Oubliez Chrome, il est temps de passer à Opera

Oubliez Chrome, il est temps de passer à Opera

Désolé Chrome, je sais qu'on a été super potes mais j'en peux plus que tu bouffes toute la RAM de mon ordinateur.
17 mai 2017, 5:00am

Si le but d'un navigateur web est d'ouvrir et de parcourir n'importe quel site Internet, alors le meilleur navigateur du monde est incontestablement Google Chrome, capable de gérer absolument n'importe quoi. Mais si vous êtes du genre à ouvrir tout un tas d'onglets en même temps, alors Chrome n'est pas fait pour vous.

Depuis quelques années, j'en ai vraiment, vraiment marre de la manière dont Chrome bouffe toute la RAM de mon ordinateur, surtout sur MacOS. Ok, j'ouvre sans doute trop d'onglets, mais je parie que vous aussi. Et avec Chrome, mon ordinateur devient totalement inutilisable, plusieurs fois par jour. Et après avoir constaté d'innombrables fois dans le Moniteur d'activités qu'un unique onglet Chrome était en train de bouffer plusieurs Gb de RAM, j'ai décidé qu'il était temps d'en finir.

Je suis passé sur Opera, un navigateur que je croyais réservé aux anticonformistes, snobs et autres masochistes.

Avant cela, j'avais un peu flirté avec Safari et Firefox, mais j'en étais ressorti frustré. Chrome possède un avantage intrinsèque, dans la mesure où les développeurs optimisent leurs pages pour le navigateur le plus populaire (Chrome !). Et donc, à mesure que Chrome gagne en popularité, sa compatibilité ne cesse de s'améliorer, tandis que celle de Safari et de Firefox souffre (au moins en théorie). Safari utilise un moteur baptisé WebKit et Firefox s'appuie sur Gecko, alors que Chrome est bâti sur un moteur baptisé Blink, utilisé par tous les navigateurs basés sur Chromium (Chromium est un navigateur open source qui a servi d'ossature à Chrome).

Safari gère mieux les ressources, mais a des problèmes avec beaucoup de vidéos en streaming. Surtout, Safari n'utilise pas de favicons (les petites icônes sur un onglet qui indiquent de quel site il s'agit), ce qui constitue une ÉNORME erreur en termes de design et repousse immédiatement quiconque ouvre beaucoup d'onglets. Quant à Firefox, je l'ai trouvé trop lent, et j'ai eu quelques soucis de compatibilité - je ne me souviens plus exactement de quoi, mais je n'ai pas été convaincu. Et j'ai passé quelques heures sur Vivaldi avant de m'en lasser.

Voici à quoi ressemblent les onglets sur Safari, sans favicons.

Après quelques mois sur Opera, la plupart de mes problèmes avaient disparu. Mercredi dernier, Opera a sorti une nouvelle version de son navigateur, baptisée "Reborn", qui ajoute des extensions WhatsApp, Facebook et Telegram. Mais ce n'est pas ce qui m'intéresse : ce qui fait la force d'Opera, c'est qu'en gros, c'est Chrome mais sans les plantages désastreux et chronophages.

"Nous nous sommes dit que si nous n'étions pas attentifs à la gestion des ressources, nous ferions planter les appareils sur lesquels les gens nous utilisent."

Comme Opera est aussi bâti sur Blink, il ne m'arrive quasiment jamais de me retrouver face à un site, un plugin, un script ou encore une vidéo qui ne se lance pas parfaitement. À vrai dire, Opera fonctionne presque exactement comme Chrome, mais sans monopoliser toutes les ressources de mon ordinateur jusqu'à me donner envie de le lancer contre un mur.

C'est précisément l'idée, si l'on en croit Jan Standal, porte-parole d'Opera : "Ce que nous proposons, c'est une version améliorée de Chrome, dit-il. Les développeurs cherchent à optimiser leurs sites pour le navigateur qui domine le marché, en l'occurrence Chrome. Nous bénéficions de cet état de fait."

Pourquoi je ne peux plus utiliser Chrome

À la base, l'un des intérêts principaux de Chrome, c'est qu'il gère chaque onglet comme un processus spécifique. Autrement dit, si un onglet plante, ça ne veut pas dire que tout plante. Cette innovation - qui faisait autrefois la force du navigateur - fait désormais partie des raisons pour lesquelles Chrome est un véritable cauchemar. Aujourd'hui que les sites sont saturés d'applications et de vidéos en autoplay, de scripts de tracking et de pubs, chaque onglet peut potentiellement se transformer en puits de ressources sans fond. Et c'est comme ça qu'on se retrouve avec des onglets qui bouffent plusieurs Gb de RAM. J'ai bien essayé d'utiliser des extensions comme Great Suspender ou OneTab, mais elles n'ont jamais constitué des solutions satisfaisantes ou réglé mon problème.

Google a bien tenté de résoudre le problème, mais d'après mon expérience sur MacOS, les dernières versions de Chrome n'ont pas changé grand-chose.

"Il y a des différences de philosophie entre Chrome et nous."

Résultat : à tout moment, votre ordinateur peut planter totalement, vu qu'il se retrouve à court de RAM (et même d'espace disque, vu que Chrome se met à utiliser votre cache), ce qui vous contraint à forcer l'arrêt de certaines applications et à perdre entre 30 secondes et 30 minutes (notons toutefois que Chrome semble mieux gérer les ressources sur Windows, en tout cas d'après mon expérience perso).

Pourquoi j'ai quitté Chrome.

Standal explique qu'Opera a toujours été très apprécié dans les pays en développement, où les connexions et les machines sont plus lentes, ce qui a poussé l'équipe de développeurs à mettre l'accent sur la conservation des ressources.

"Il y a des différences de philosophie entre Chrome et nous. L'ADN d'Opera, c'est de concevoir des navigateurs pour des appareils limités, affirme-t-il. Nous avons décidé de développer une architecture utilisant aussi peu de mémoire et de ressources que possible. Nous nous sommes dit que si nous n'étions pas attentifs à cela, nous ferions planter les appareils sur lesquels les gens nous utilisent."

Opera lance aussi un nouveau processus pour chaque onglet, mais il ne souffre pas des mêmes problèmes que Chrome. Comme j'ai pu le constater au cours de plusieurs mois de tests, un onglet Opera consomme en moyenne moins de RAM qu'un onglet Chrome.

Standal assure qu'Opera est plus réactif lorsqu'il s'agit de suspendre des onglets inutilisés ou très gourmands en mémoire, ce qui rend le navigateur plus rapide. Il affirme également que les tests menés en interne montrent que les ordinateurs qui tournent sur Opera plutôt que sur Chrome durent plus longtemps à batterie égale - entre une et deux heures de plus par cycle de chargement.

Opera plante mieux que Chrome

Évidemment, je continue à surcharger ma machine avec beaucoup trop d'onglets (à l'heure où j'écris, j'en ai 65 d'ouverts), et il arrive de temps en temps que l'un d'entre eux commence à bouffer des tonnes de RAM.

Les onglets ouverts sur mon ordinateur au moment où j'écris.

À quoi ça ressemblerait si j'étais sur Chrome.

C'est précisément là qu'Opera est le meilleur : quand vous avez trop d'onglets ouverts, Opera cesse de fonctionner mais ne plante pas tout votre ordinateur. Concrètement, ça veut dire que vous vous retrouvez avec un curseur en forme de ballon de plage, et que vous ne pouvez plus rien faire dans le navigateur. Vous pouvez alors forcer Opera à quitter, le réouvrir, et avoir tout relancé en 10 secondes. C'est un peu chiant, mais au moins ça ne ruine pas votre journée.

Standal m'explique que l'entreprise "ne cherche pas à optimiser les crashs", mais que le navigateur est conçu pour se lancer le plus vide possible - dans la foulée d'un plantage, il ne tente pas de relancer tous les onglets d'un coup.

Les autres trucs que j'aime avec Opera:

  • L'adblocker intégré a l'air de bien marcher. Standal explique qu'il est développé en interne, et que comme il est directement intégré au navigateur, il est moins gourmand en ressources que les extensions.
  • Il possède la même "Omnibar" que Chrome, qui combine URLs directes et recherches dans la même barre, exactement comme sur Chrome.
  • Lastpass, Pocket et les autres extensions que j'utilise fonctionnent instantanément.
  • J'ai porté mon historique de navigation depuis Chrome sans le moindre souci (Vivaldi ne propose visiblement pas cette option, pourtant très importante si vous voulez pouvoir changer de navigateur en toute tranquillité). Alors que j'étais vraiment plongé loin dans l'écosystème de Google, il ne m'a fallu que quelques minutes pour passer sur Opera.
  • Il possède un VPN intégré que je n'utilise pas parce qu'à titre personnel j'estime plus sûr d'avoir recours à un VPN payant, mais il existe si vous en avez besoin. À noter : le VPN ne protège pas l'ensemble de votre connexion Internet mais uniquement le navigateur, donc il ne marche pas pour les torrents etc.

Les trucs que je n'aime pas sur Opera:

  • Il a été racheté par un consortium chinois pour 600 millions de dollars l'an dernier, et je me demande donc si ce consortium va tenter de monétiser les données utilisateurs (Standal assure qu'Opera est soumis aux lois de l'Union Européenne sur la protection des données, qui sont plus strictes que les lois américaines).
  • Ok, j'avoue, on ne peut pas dire qu'absolument tous les sites fonctionnent sans problème ; les soucis de compatibilité sont moins fréquents que sur Safari ou Firefox, mais il m'arrive une ou deux fois par mois de devoir ouvrir Chrome pour pouvoir lancer un média de type rare.

Depuis que j'ai switché, il m'apparaît évident qu'Opera est le seul navigateur vraiment valable. Il n'est pas parfait, mais aucun navigateur n'est parfait quand vous ouvrez régulièrement 30, 40, 50 onglets. Si Chrome vous énerve, je vous conseille vraiment de changer et de ne jamais vous retourner.