L’Île oubliée
Le numéro Embuscade

L’Île oubliée

Loin de tout misérabilisme, le photographe français Corentin Fohlen s’est donné pour mission de faire découvrir une nouvelle facette d’Haiti, un pays souvent laissé à lui-même et pourtant si prometteur.
03 avril 2017, 4:45am

Cet article est extrait du « numéro Embuscade ».

« Tant que la tête n'est pas coupée, elle a l'espoir de porter le chapeau. » Ce proverbe haïtien pourrait symboliser le territoire duquel il est originaire. Depuis son indépendance en 1804, l'île d'Haïti n'est jamais parvenue à restaurer une quelconque stabilité politique. Confrontée qui plus est à un grave taux de pauvreté encore renforcé par le séisme dévastateur de janvier 2010 et l'épidémie de choléra qui a suivi, Haïti continue pourtant à garder « espoir de porter le chapeau », à lutter sans jamais désespérer.

C'est ce proverbe traditionnel qu'a choisi Corentin Fohlen, photographe français, en épigraphe de son livre Haïti, publié aux éditions Light Motiv. Arrivé pour la première fois sur l'île au lendemain du tremblement de terre, le journaliste n'a depuis jamais cessé d'y retourner. Loin de tout misérabilisme, il s'est donné pour but de faire découvrir une nouvelle facette d'un pays souvent oublié et pourtant si prometteur. « J'ai tenté de sortir de mes propres préjugés, résume-t-il. Haïti, dont je suis tombé amoureux, est trop riche pour ne parler que de sa détresse si souvent caricaturée à longueur d'articles dans la presse. Ce pays, perfusé en continu par des centaines d'ONG, sous influence étrangère à l'ingérence déstabilisante, a pourtant connu dans son histoire une période florissante, enrichissante et créative. Aujourd'hui encore, Haïti continue d'accoucher de talents insoupçonnés à l'énergie débordante et de projets à l'ambition démesurée. »

Le travail de Corentin Fohlen à Haïti a été récompensé du Prix AFD-Libération du meilleur reportage 2016.