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En Colombie, les FARC vont arrêter de collecter des impôts de guerre

Le leader des FARC a expliqué que cette décision a été prise pour attester de l’engagement des FARC dans les négociations de paix, engagées depuis plusieurs mois avec le gouvernement colombien.
06 juillet 2016, 1:50pm
Photo de José Gomez/Reuters

Le principal leader du plus grand groupe rebelle colombien — les FARC — a ordonné à ses troupes d'arrêter de collecter des impôts dans les territoires que son organisation contrôle.

Timoleon, plus connu sous le nom de Timochenko, a annoncé la nouvelle ce mardi dans une interview accordée au quotidien colombien Prensa Rural. L'interview aurait été réalisée à La Havane à Cuba.

Timochenko a expliqué que cette décision a été prise pour attester de l'engagement des FARC dans les négociations de paix, engagées depuis plusieurs mois avec le gouvernement colombien. Ces discussions ont permis d'aboutir à un cessez-le-feu définitif et devraient déboucher, d'ici la fin du mois, sur la signature d'un accord final — qui sera suivie de la démobilisation des rebelles.

« Nous n'avons pas arrêté la collecte des impôts plus tôt parce qu'on avait besoin de manger, » a déclaré Timochenko. « Il ne s'agissait pas de nourrir une ou deux personnes. Il y a des milliers de guérilleros qui ont besoin de nourriture, de vêtements et tout ce qui vous permet de vivre. »

Le leader a aussi annoncé que son organisation avait arrêté tout recrutement il y a de ça trois mois.

Si la signature d'un accord de paix semble désormais assurée, le gouvernement du président Juan Manuel Santos a promis de soumettre celui-ci à un référendum — prévu d'ici la fin de l'année.

Un sondage publié ce dimanche et réalisé par Ipsos montre cependant que le soutien pour la signature d'un accord de paix n'est pas colossal. De nombreux Colombiens ne savent pas encore quoi penser de ce projet de paix. 36 pour cent des personnes interrogées ont déclaré leur intention de voter oui en cas de référendum, alors que 25 pour cent souhaiteraient voter non.

Beaucoup de Colombiens ont une très mauvaise image des FARC, malgré la rhétorique développée par le groupe rebelle quant à la promotion de la justice sociale. L'organisation est en effet souvent associée aux kidnappings, à l'extorsion et aux trafics de drogues.

L'ex-président Alvaro Uribe — connu pour soutenir les groupes paramilitaires d'extrême droite — s'est imposé comme la principale voix de l'opposition au processus de paix.

« Santos a trahi les 9 millions de Colombiens qui ont voté pour lui, alors qu'il leur avait promis de continuer sur la ligne qu'on avait établie, » a déclaré Uribe dans une interview accordée au journal espagnol La Voz de Galicia publiée ce week-end. « Ce qu'il a fait revient à livrer le pays aux FARC. »

Uribe refuse aussi que les FARC deviennent un parti politique après la signature de l'accord de paix. Une crainte partagée par John Jairo Velasquez, connu sous le nom de Popeye, un ancien bras droit du baron de la drogue Pablo Escobar, qui a admis avoir tué plus de 300 personnes.

« Si Monsieur Timochenko veut siéger au Sénat, alors Popeye doit pouvoir y être aussi, » a dit Velasquez à des journalistes. « Au moins moi j'ai payé ma dette en allant en prison. »


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