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32 ans et plus ? Un référendum constitutionnel pourrait permettre au Président du Congo de se maintenir au pouvoir

Le référendum prévu le 25 octobre ouvre au président Denis Sassou Nguesso les portes d’un troisième mandat, provoquant des manifestations de l’opposition dans le pays.
7.10.15
Photo par Pascal Rossignol/Reuters

Le Président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso vise un troisième mandat de président. Il a annoncé un référendum le 25 octobre prochain afin d'effectuer un changement de la Constitution qui lui permettrait de se présenter aux élections nationales de l'année prochaine.

Cet ancien commandant de l'armée de 71 ans a dirigé ce pays d'Afrique centrale depuis 1979 avec une interruption de cinq années. Il a dirigé le pays durant 12 ans en tant que chef du seul parti d'État, avant d'ouvrir le pays à des élections pluralistes en 1992. Il a effectué un premier et un deuxième mandat — toujours en cours — lors d'élections disputées en 2002 et en 2009.

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La Constitution du pays de 2002 limite le nombre de mandats présidentiels à deux et exclut les candidats de plus de 70 ans.

« Le gouvernement est chargé de soumettre le projet constitutionnel aux Congolais afin que son contenu puisse être largement diffusé et débattu, » a déclaré le porte-parole du gouvernement Thierry Lezin Moungalla tard dans la soirée de ce lundi. Moungalla a annoncé que la campagne pour le référendum aurait lieu du 9 au 23 octobre.

Sassou Nguesso doit encore dire s'il souhaite se représenter pour un nouveau mandat en 2016, mais en juillet les participants à un forum politique — qui était boycotté par l'opposition — ont publié un communiqué approuvant les changements constitutionnels proposés concernant l'âge et le nombre limite de mandats.

Alors que le gouvernement avance en direction de ces changements, l'opposition a organisé des manifestations contre ceux-ci. Le 27 septembre, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues de la capitale Brazzaville. Certains tenaient des pancartes avec des slogans comme « Le Congo n'appartient pas à Nguesso, » selon l'AFP.

Le potentiel troisième mandat de Nguesso survient alors que d'autres leaders de la région poursuivent des efforts similaires, créant la polémique en tentant d'assouplir les règles. En juillet, le parlement rwandais a levé un obstacle pour un changement de la Constitution, permettant au président Paul Kagame de briguer un troisième mandat — une décision qui se trouve maintenant dans les mains de la Cour suprême, qui entend les plaintes de l'opposition contre ce changement.

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Le président burundais Pierre Nkurunziza a provoqué des manifestations et des troubles politiques en avril dernier lorsqu'il a annoncé son projet de se représenter à une élection malgré la limite de trois mandats inscrite dans la Constitution de ce pays d'Afrique de l'est. Les manifestations sont devenues violentes et malgré les appels de la communauté internationale à se retirer, l'ancien chef rebelle de 51 ans a finalement gagné les élections en juillet.

À voir : Une journée d'élection au Burundi

Entre-temps, en République démocratique du Congo (RDC), les chefs de l'opposition ont décrit ce qu'ils considèrent être une tentative du président Joseph Kabila de se présenter à un troisième mandat. Plus tôt dans l'année, des manifestants ont défilé dans les rues pour protester contre un projet de loi qui semblait être destiné à permettre au président de se représenter, et ce malgré les limites constitutionnelles. De violents affrontements ont éclaté, faisant des dizaines de morts.

Plus récemment, des jeunes non identifiés ont interrompu en septembre un événement d'opposition dans la capitale de la RDC, Kinshasa. L'organisation Human rights Watch accuse aujourd'hui les forces de sécurité du gouvernement d'avoir organisé cet incident.

Il y a un an, le Burkina Faso a également entamé un changement de sa Constitution afin de permettre au président Blaise Compaoré d'effectuer un troisième mandat, ce qui avait mené à un soulèvement populaire qui a fini par le renverser après 27 ans au pouvoir.

À lire : Burkina Faso : Journée de chaos à Ouagadougou

Sassou Nguesso a passé au total 32 ans à la tête du Congo. Il avait perdu le pouvoir au profit de l'opposition lors des élections de 1992, après 13 ans de règne. Il est revenu au pouvoir en 1997 à la fin d'une brève guerre civile, mais il n'a été officiellement réélu qu'en 2002. L'opposition a dénoncé des fraudes lors des élections de 2002 et de 2009.

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