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Crime

Merci pour votre soutien

Le fondateur de VICE, Shane Smith, revient sur la détention et la libération de deux journalistes de VICE News et rappelle que notre collègue Mohammed Ismael Rasool est toujours détenu.

par Shane Smith
03 Septembre 2015, 8:40pm

Note de la rédaction : ce texte a été publié le jour de l'annonce de la libération de nos deux collègues Jake Hanrahan et Philip Pendlebury, le 3 septembre.

Aujourd'hui nous avons reçu une bonne nouvelle : nos collègues de VICE News, Jake Hanrahan et Philip Pendlebury, sont sur le point d'être libérés de la prison turque où ils étaient retenus. Vous avez sans doute aussi entendu, que Mohammed Ismael Rasool, le journaliste basé en Turquie qui travaillait avec nous sur ce reportage, est toujours détenu. Si nous sommes soulagés de voir que Jake et Philip ont été libérés, le fait que Mohammed reste enfermé est un vrai sujet d'inquiétude. Nous continuons à travailler avec les représentants légaux et gouvernementaux pour assurer sa libération immédiate et en toute sécurité.

Cet épisode insensé et effrayant est un bon rappel pour tous ceux qui travaillent ici chez VICE. Cela nous permet de réaliser que ce que nous faisons est seulement une petite partie d'un effort collectif bien plus large : un effort constant pour mettre en lumière des histoires parmi les plus importantes, assurer la sécurité et l'indépendance des journalistes qui essayent de partager ces histoires, et protéger le droit universel de savoir ce que nos gouvernements font en notre nom.

Ce n'est pas une nouveauté de voir des acteurs politiques tenter de rendre impossible ce type de journalisme. Mais ces dernières années, ce type d'intimidation s'est répandu et est devenu de plus en plus courant. Nous devrions tous pouvoir se mettre d'accord sur le fait qu'une presse indépendante est un bien précieux, même quand — en réalité, spécialement, quand — cela dérange une personne de pouvoir.

Ce qui est ironique, c'est que ce réflexe d'enfermer des journalistes n'est pas seulement antidémocratique et dangereux — c'est aussi absurde. Les autorités derrière ces incarcérations voient toujours leur crédibilité en pâtir — et de toute façon, les histoires gênantes finissent toujours par sortir. Cela est d'autant plus vrai à l'âge du numérique. La technologie crée de profonds changements dans la manière dont nous comprenons le monde. Les questions que ces reporters ont posées, continueront d'être posées, soit par VICE News, la BCC, Al Jazeera ou le New York Times — soit par par les gens eux-mêmes.

En 2015, chaque citoyen avec un téléphone mobile équipé d'une caméra est un reporter. Chaque mouvement de répression gouvernementale est connu. Chaque régime est vulnérable face à l'exposition de ses failles. Cette réalité ne peut pas être contrôlée. Il n'est pas juste que des journalistes comme Mohammed, Philip, Jake, ou les nombreux autres qui sont retenus dans le monde, doivent en payer le prix.

Heureusement pour nous tous, des groupes comme le Committee to Protect Journalists, Reporters sans frontières, et Amnesty International font un travail extraordinaire en révélant les injustices et en apportant leur soutien à la liberté d'expression. Leur soutien immédiat apporté à VICE , et l'implication des professionnels des ministères des Affaires étrangères britanniques et américains, ont joué un grand rôle dans la libération de Jake et Philip.

Avec leur soutien, nous allons continuer à pousser pour obtenir la libération de Mohammed. Et nous retournons au travail aujourd'hui avec une estime renouvelée pour la grande famille des journalistes, des défenseurs des libertés, et des diplomates qui se battent pour la liberté d'expression.