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Kalash Criminel, agité de la cagoule

On a cuisiné le « cagoulé le plus connu au monde » sur ses featurings avec Black M, sa fascination pour Brigitte Macron, son rapport au Congo, ses études à la Sorbonne. Et sur les roux.

par Yérim Sar
12 Novembre 2018, 9:25am

capture d'écran du clip « Carré V.I.P »

Il s’en est passé des choses depuis les premiers freestyles sauvages qui l’ont fait connaître. Kalash Criminel, Crimi pour les intimes, a rapidement enchaîné avec une signature en major et deux mixtapes, R.A.S et Oyoki. Depuis, le rappeur a connu une petite période de pause discographique, qui ne correspondait pas vraiment à sa productivité habituelle. Cependant cela ne l’a pas empêché d’être de plus en plus invités par d’autres artistes, parfois à l’opposé de son propre style. Une fois des petits tracas de contrats derrière lui, le bonhomme lance son propre label, Sale Sonorité Records (parce que pourquoi pas), et est bien décidé à faire à nouveau parler de lui et plus si affinité avec un nouvel album, La Fosse aux lions, prévu pour le 23 novembre prochain. Projets en tout genre et y compris hors-musique, état d’esprit, retour sur son style et son parcours sans oublier quelques blagounettes : on a fait le point avec « le cagoulé le plus connu au monde ».

Noisey : Tu aimes bien placer des phrases un peu sérieuses au milieu de textes qui n’ont rien à voir, sans prévenir, tu as l’impression que c’est plus efficace ?
Kalash Criminel : Oui, les gens les retiennent vraiment. Dans « Sauvagerie 2 », quand j’ai lâché « ma prof d’histoire connaissait pas Thomas Sankara » plein de gens m’ont dit qu’en fait, eux non plus, qu’ils avaient été chercher, etc. J’ai eu plein de retours de ce style au fil du temps et ça me fait plaisir. J’ai une façon de les placer qui fait qu’ils savent que c’est pas juste gratuit, donc ça les intrigue je pense.

Est-ce que t’es un peu stratégique parfois ? Du genre « cette phrase peut faire jaser, je vais la placer dans une accélération entre deux rimes egotrips » ?
[Rires] Non du tout, même pas ! C’est par rapport au son, ça vient et je les place comme ça. Tu penses à laquelle ?

« Les Américains suivent les sionistes »
Un truc de ouf ça ! Tu sais, je bosse pas avec des D.A donc personne va venir me dire « enlève ça c’est chaud ». C’est im-po-ssible. Celle-là, bizarrement elle est passée tranquille, personne m’en a parlé tant que ça. Mais c’est vrai que c’est un truc de ouf de l’avoir placée au calme.

Tu as aussi pas mal d’allusions à la situation actuelle du Congo, ça c’est vraiment récurrent pour le coup.
Ça me touche. Je suis né là-bas, je suis arrivé en France par rapport à la guerre. Ca m’a marqué, c’est sûr. Nous les Congolais, même si tu peux voir un côté festif dans la musique, en vrai on est marqués par l’histoire très dure du pays. Même si tu es arrivé en France, en général tu as tout claqué pour le voyage, donc t’es dans des maisons à 10, 15… Ça t’endurcit. Toutes les injustices, les regards, ça m’a beaucoup assombri. Dès 14-15 ans, j’étais déjà comme ça. Beaucoup de gens ont tiqué sur la phrase de « Famas » où je dis que j’avais un 9mm à 15 ans : je suis pas fier de ça du tout, mais c’était ma situation à cet âge-là. Je l’ai dit une fois, je le redirai plus tu vois.

Oui, faut préciser que quand tu dis « j’avais 15 ans et j’étais sombre » ça veut pas dire que t’avais une mèche noire et que t’écoutais du metal.
[Rires] Ah, non du tout ! Je suis pas dans ça. C’était vraiment une mentalité.

Tu penses faire des concerts en Afrique ?
C’est prévu ! Après l’album, j’espère. Y’a une demande de fou là-bas : Tchad, Djibouti, des pays où je n’imaginais même pas avoir de public ! Et le Congo bien évidemment, ça va être incroyable. La dernière fois que j’y suis allé c’était en 2009, pour des vacances.

Avec ton feat avec Kaaris et Fianso sur « Bling Bling », il y a eu un petit virage, c’était une des premières fois où tu poses tranquille, presque doux, et ça se reproduit depuis.
Dans « Ce genre de mec » aussi j’avais un peu ce truc là tu trouves pas ?

Moins. Y’avait des intonations toujours un peu énervées.
T’as pas tort. Ça m’a surpris que les gens accrochent. La dernière fois j’étais en studio avec Lartiste et il m’en a encore parlé : « Les gens s’attendaient pas à ce que tu poses comme ça », etc. Quand j’ai écouté la prod, c’était déjà un truc un peu space pour moi, mais je me suis dit que je pouvais tout faire, donc allez.

Tu aimes jouer sur ce type de décalage à présent ?
Bien sûr. Le passage « on t’achète ton père, ta mère », il a rien à voir avec le reste mais ça reste tranquille. Je suis toujours dans ce délire. Vraiment le rap c’est un truc que j’aime. Jouer sur ce genre de contraste ça rend la musique plus intéressante. C’est mieux, je pense.

J’ai l’impression que tu places un peu moins de phrases en lingala qu’à tes débuts, non ?
Franchement ça me vient un peu moins parce que je sais que mon public s’est élargi, mais je crois que ce sera toujours présent. Parce que c’est une langue que je parle couramment, tout simplement, je peux regarder des programmes entiers en lingala, pas besoin de traduction, laisse tomber, c’est très naturel pour moi. Des fois les sonorités de cette langue m’inspirent. Par contre si je faisais un couplet entier, bon ce serait lourd ouais, mais il faudrait que je le fasse bien.

Avec le recul, ton succès t’a surpris ?
Énormément. Si tu te rends bien compte : t’as un albinos cagoulé qui parle de trucs assez violents ou engagés parfois, et qui touche plein de gens. Dans mon public y’a de tout en plus, des petits, des grands… En plus je sais que j’ai un délire de rap un peu space, une façon particulière de poser, donc ouais, ça m’a surpris, un truc de ouf. Là j’ai un clip en partenariat avec Keak’R, mis en scène par le réal du Transporteur, avec Vincent Elbaz, laisse tomber. La cagoule a été un frein, pour des trucs pratiques, même arriver en radio. C’est pour ça que la réussite pour moi c’est fou, je viens de super loin, personne n’imagine. C’est incroyable et c’est que le début. Mon passage sur C8 avec Black M m’a motivé sur ça, parce que la réaction du public était lourde. Depuis je suis un peu plus sollicité par des plateaux télé, c’est un échange de bons procédés vu que je fais des vues. Bon pour C8 je me suis barré direct après mon couplet parce que je voulais pas être pris dans des blagues un peu chelou, on sait jamais. [Rires]

Maintenant tu as carrément ta marque, là tu as un t-shirt Sauvagerie Paris, et...
[Il coupe] Un T-shirt super beau, faut préciser.

[Rires] Entre Jeune Riche Paris, Sauvagerie Paris, vous variez pas trop à Sevran.
[Sourire] Après c’est un code de grande marque, Balmain Paris, nanani, y’a toujours Paris en vrai. Mais c’est un vrai projet de marque, c’est pour ça que ça met du temps, t’inquiète pas quand ça va arriver… Tu verras. Le logo est super, on va faire plein de trucs : doudounes, bonnets, casquettes, T-shirts, survets, tout.

Vous allez aussi vendre des cagoules ?
Ça je sais pas… à la base on voulait le faire, mais je sais pas si c’est une vraie bonne idée. Tu sais j’ai un public qui comprend vraiment que la cagoule c’est un délire. C’est pas méchant : dans mes concerts c’est la fête, y’a que des mecs contents, personne se bat, y’a plein de meufs aussi : si vous voulez pécho, venez. Et y’a jamais eu d’action bizarre genre « ouais on va essayer de le toucher, d’enlever sa cagoule ». J’espère que ça arrivera jamais, pour leur sécurité, parce que ça va super mal se passer.

Tu prends le risque de sauter dans la foule ou pas encore ?
Ça j’ai envie de le faire, mais mes proches me disent : « T’es un gue-din, y’a forcément un mec qui va faire le con », donc je sais pas.

Tu es aussi présent sur l’album de Kery James qui sort prochainement…
Avec Kery on se croisait en studio mais sans se connaître, donc j’étais super content quand Tefa m’a appelé pour dire qu'il avait besoin de moi sur un morceau. Je suis venu en courant et ça donné PDM. Kery, Lino et Despo m’ont inspiré de fou. Pour moi c’est les trois meilleurs.

Pareil, tu kifferais un feat avec Despo ?
Je pense, ouais. Ça devait se faire à un moment, mais c’était une période où c’était quelqu’un d’autre qui gérait mes comptes, sur les réseaux sociaux. Peut-être qu’il a cru que je le boycottais ou quoi, mais non, c’était plus moi. C’est le meilleur.

Entre autres collaborations qui a pu surprendre, comme tu l’as dit il y avait eu celle avec Black M.
Déjà il faut savoir que ce feat existe grâce à ma mère ! Elle attend les sous de la SACEM par rapport à ça [Rires]. On se côtoyait pas du tout à la base. Ma mère m’a prévenu : « Black M a très bien parlé de toi », elle m’a montré la vidéo de son interview. Je l’ai remercié publiquement sur Twitter, on est restés en contact, un beau jour il m’a envoyé un message : « Faudrait que tu poses sur un morceau », j’ai répondu présent.

Si je te parle de ces feats, c’est parce que maintenant tu as un côté passe-partout, presque « on va l’appeler, ce sera la partie rap/gimmick du morceau ».
Le côté « tampon street » un peu ? Ouais je vois. Ça c’est vrai que c’est un truc qu’on me dit pas mal, que finalement plein de gens m’apprécient dans le milieu, même si je les connais pas forcément. C’est cool ça donne des bonnes combinaisons mais le problème c’est que je peux pas faire tout le monde, par manque de temps, après ça vexe des gens, c’est normal. En vrai, de Vald à Kaaris, Fianso, Kery, Black M, en passant par Jul, c’est comme si je glissais dans toutes les cases.

On est d’accord que c’était pas gagné au départ ?
Exactement. Même moi ça me choque, ce côté passe-partout. Je m’appelle Kalash Criminel, j’ai débuté par du freestyle et de la grosse trap… Mais tu sais, y’a un commentaire qui m’a « aidé » : un mec avait écrit « c’est un albinos, il va jamais rien faire dans le rap ». Et ça m’a mis une motivation, je me suis dit ah ouais, bah on va tout niquer.

Tout est de la faute de ce mec en fait...
Voilà. Merci à toi mon reuf, t’as assuré de fou [Rires]

Quand tu es arrivé, c’est avant tout le côté très simple de ta façon de rapper que l’on retenait, souvent pour te le reprocher d’ailleurs. Toi c’est quoi ton regard là-dessus ?
C’est sûr. Après c’est plus le même public qu’avant aussi. Si tu fais un truc compliqué c’est pas tout le monde qui va accrocher. Je me rappelle que j’ai fait un morceau un peu différent, tout le monde m’a dit : « Ah ouais, c’est trop complexe ». Je sais pas si je vais le sortir... mais je pense que oui. Mais c’est vrai que comme j’écris dans ma tête, ça paraît toujours assez simple. Mais les choses les plus dures à faire sont parfois les plus simples. Pour l’instant on m’a jamais dit « tu rappes comme untel » en terme de flow, de diction. Je veux rapper avec mon style à moi, tant pis si ça peut déplaire.

Pour autant à une période je reconnaissais des phases d’autres rappeurs chez toi, comme « tout ce que j’ai retenu de la Marseillaise c’est aux armes... » d’Escobar Macson.
On me l’a dit juste après, j’étais pas du tout au courant de ça, sinon franchement j’aurais aussi mis son nom en début ou en fin de phrase pour le dédicacer. Lui ne me l’a jamais reproché en tout cas, on parle pas mal, il aime bien ce que je fais...

C’est la mafia zaïroise ça.
[Rires] c’est un bon gars de ouf, Escobar.

« Sombre comme celui qui dirige le pays dont la capitale est Moscou » on est d’accord que t’avais besoin d’une rime en -ou ?
[Rires] Aaaaah… En plus c’est vrai, la vie de moi c’est vrai : je la voulais vraiment ma rime en -ou. Mais c’était aussi parce que tout le monde cite son blase pour rien du tout, les gens fantasment à mort sur lui, et je voulais me démarquer.

Sur tous tes projets, tu fais un truc qui s’était un peu perdu : offrir des morceaux entiers à tes potes pour qu’ils posent, au-delà du featuring.
Ça me tient vraiment à cœur de continuer. Mais je vais pas te mentir, faut choisir les bonnes personnes, parce que beaucoup de gens ne sont pas reconnaissants. Pour moi si tu fais ça, surtout si y’a un clip derrière que tu mets sur ta propre chaîne Youtube, c’est une passe D de fou ! Je vais le faire avec Douma, c’est mon cousin, de Grigny. Il sera sur Sale Sonorités Records. J’aime avoir cette position de D.A, prendre un talent et le développer, je kifferais faire ça sur le long terme.

Du coup à part lui, tu as d’autres connexions avec la scène de Grigny ?
Quand j’étais petit, j’étais assez turbulent à l’école donc on m’envoyait à Grigny en vacances d’été, genre « allez, va là-bas » [Rires]. Et après on se demande d’où vient la sauvagerie ! Grigny c’est la maison, c’est comme Sevran, que ce soit Mossda, La Comera ou d’autres, je les connais. J’ai énormément de cousins là-bas, une vingtaine, voire une trentaine. Ça aide aussi. Ils sont super forts, très cainris. Même s’ils sont moins actifs ces temps-ci, La Comera m’ont bousillé, franchement un feat ce serait avec plaisir. Je me prends pas la tête : si humainement ça passe entre nous, y’a aucun problème sur ça.

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Une autre annonce a pas mal surpris : ta marque de parfum, avec un visuel un peu spécial.
Y’en a qui étaient sur mes côtes hein ! « Ça doit être un gaz lacrymo » [Rires]. On m’a présenté quelqu’un qui était pas mal dans les affaires. Pour parler clairement j’avais des gros sous dont je ne savais pas quoi faire, j’ai investi dans pas mal de trucs, avec mon père on s’est concertés, etc. Un de mes proches m’a proposé de se lancer dans le parfum, et j’ai foncé.

Faut qu’on parle de l’accessoire de ta cagoule sur cette photo.
C’est un pote à moi, un Antillais, qui me l’a fait. Je lui ai dit que c’était lourd, j’avais déjà porté une veste qu’il faisait… Il en fait aussi. Super cher. Super super cher. Un rappeur dans le parfum, à part Booba personne l’a fait en France je crois, c’est assez cainri dans l’image. En terme de business ça marche super bien, je vais pas donner les chiffres parce que j’ai pas envie de me faire braquer, les gens vont croire que je suis millionnaire alors que pas encore.

Ah ça, c’est mieux que le shit.
[Rires] Mais ouais, franchement c’est mieux les gars, y’a moins de problème, et même moins de trucs à payer au final, sérieux.

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À une époque les gens aimaient t’opposer arbitrairement à Siboy, pour les faire taire vous auriez pu faire un clip tous les deux en mode Street Fighter, quand les deux joueurs choisissent le même perso et que t’as juste la couleur qui change.
[Rires] Oh le tueur. Oh putain la galère… En vrai avec Siboy, c’était juste la cagoule, mais les gens ils ont compris que sinon y’avait pas de raison de nous opposer. Tu mets notre musique, tu vois bien que ça a rien à voir. C’était peut-être plus par rapport au clash Booba-Kaaris que ça excitait les gens je pense, mais y’a jamais, jamais rien eu.

J’ai cru comprendre que t’avais arrêté la Fac pour la musique, mais tu étais dans quelle filière ?
J’ai fait AES [Administration économique et sociale, NDLR] pendant un an, j’ai pas aimé, puis j’ai fait management, je préférais. C’est pour ça que j’aime bien donner des ordres en fait [Sourire]. Je suis bon là-dedans. J’ai eu la meilleure note du département, 18.

C’est bien de préciser la note parce que sinon les gens vont se dire : « Mouais, il devait être à Villetaneuse ».
Eh non j’ai fait la Sorbonne quand même ! Même pour gérer mon label, ça va m’aider cette formation.

Alors le prends pas mal mais tu dois être la plus étrange pub pour la Sorbonne que j’ai jamais vue.
Tu penses [Rires]. Non, moi je crois même que je fais partie des personnalités qui peuvent donner envie de réussir, si ça se trouve ils vont mettre ma tête bientôt dans les anciens élèves les plus connus.

Justement.
[Rires] Ah tu sais, un mec cagoulé à côté des autres… ça peut être pas mal !

Le clip « Le cagoulé le plus connu au monde » c’était vraiment sur un coup de tête après la finale ?
J’étais posé dans une villa, chez moi et… ouais, j’ai une villa, maintenant tu sais [Sourire]. Mon pote a soumis l’idée, j’ai dit allez on le clippe maintenant, et après on filme sur les Champs. Même si le son est pas encore bien mixé, c’est pas mon problème. C’était mon petit coup de folie. J’aurais pu dédicacer plus de joueurs mais j’avais vraiment pas le temps...

Du coup quand tu as vu le tube de Vegedream tu t’es pas dit « roooooh merde » ?
Même pas, parce que Vegedream c’était quand même plus travaillé. Moi c’est vraiment le clip qui donne le côté Coupe du Monde, si t’écoutes sans les images, ça en parle vite fait mais pas tant que ça. J’ai pris Matuidi Charo, M’Bappé Sauvage, et pas grand-chose de plus.

D’ailleurs ton « M’Bappé sauvage » lui a un peu porté l’œil puisque juste après il a eu un carton rouge.
Comme quoi, j’avais tout prémédité. Après, la faute qu’il s’est mangée c’est un truc de ouf. Je préfère qu’il se mange 3 matches de suspension plutôt qu’un 6 mois sur blessure ! Le coup qu’il lui met le mec, c’est chaud quand même…

Je sais pas si t’avais vu mais même dans son interview post-match, sa façon de parler...
Là c’est le côté 93 qui l’a rattrapé ! [Rires].

Il avait même limite un accent cam...
Aaah t’as vu ou pas ? Je suis pas le seul, là il parlait pas comme d’habitude, t’as limite un côté camerounais qui arrive tu sais pas pourquoi, franchement c’est un truc de ouf. Big up à lui.

Dans un même morceau tu disais « je suis méga fort en métaphores », « tu rappes bien mais ça manque de contenu », « j’ai pas pris la grosse tête j’ai pris la cagoule », « je suis un polygame je fréquente de jolies dames ». Tu te foutrais pas un peu de la gueule du monde ?
[Rires] Arrête, non, pourquoi ? Tout ce que je dis c’est vrai [Rires]. Après « tu rappes bien mais ça manque de contenu » c’est parce qu’à ce moment là t’avais des rappeurs très bons, avec bonnes rimes, punchlines, mais sans trop de fond, tu finis le morceau et tu penses « mais tu parles de quoi en fait ?! ». On retient rien des fois. Je l’avais dit dans un autre morceau : « On retient rien à part le refrain ». Les petits jeunes encore, même ceux qui te parlent de bicrav, ils ont un thème, ça varie peu mais y’a un sujet. Ils sont dedans, donc on va pas leur reprocher d’en parler, mais d’autres parlent de strictement rien, même s’ils rappent bien. Et c’est vrai que je fréquente des jolies dames [Rires].

Il va falloir qu’on parle des roux.
Ouais, faut qu’on parle de ça. Parce que moi, tout le monde pense que je suis roux. La vie de ma mère, tout le monde croit ça. Y’en a qui pensent que les albinos c’est des roux. J’ai pas de taches de rousseur, les yeux super clairs, sourcils blonds. Mais plein de gens pensent que je suis cagoulé parce que je suis roux. J’ai dit ok, bon d’accord, ben en avant les histoires hein [Rires]. Tu veux que je dise quoi ? Je crois que ça vient surtout du clip Arrêt du coeur, je m’étais teint la barbe, y’a un plan où je soulève légèrement la cagoule et on la voit, vu le travail sur les images, les couleurs, ça fait peut-être un peu roux. En plus j’avais dit au clippeur « c’est pas une bonne idée », laisse tomber. Je suis pas roux, les gars ! D’ailleurs, les roux vivez votre vie, on a tous le sang rouge, les gens ils cassent les couilles sur l’apparence. Et ça moi je l’ai vécu, à ma façon, quand j’étais petit. Ca m’a rendu très méchant ça. C’est pour ça que si tu vas dans ma ville, dans le collège-lycée, ils vont te dire « mais Kalash c’était un dérangé ». En gros je traînais avec mes gars et sinon je calculais pas les gens.

Tu peux m’expliquer ton obsession pour Brigitte Macron ?
Bah elle est belle. Non ? C’est pas tes goûts Yérim ?

Ses genoux sont flippants.
[Rires] Elle est gentille, un peu la grand-mère sympa, Mamie Nova, tout ça. Tu vois qu’elle doit bien s’occuper de Macron en tout cas.

Je vais te montrer plusieurs photos et tu vas me dire ce que t’en penses, ok ?
Ok.

C’est parti.

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Alors en tant qu’expert cagoule, ça c’est très moche déjà. En plus ça n’a aucune utilité. Jamais tu portes ça.

Tu connais ce meme ? Il traînait pas mal sur twitter à une période.

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Ah ouais ? Sérieusement ? Je savais pas. Bon ben je vais devoir faire jouer mon droit d’image hein, désolé les gars.

C’est extrait de quel clip de toi et Fianso ça ?

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Hein ? Mais… Ah, t’es un ouf, non jamais de la vie, c’est impossible, jamais en uniforme, jamais. C’est mort [Rires].

Tu peux m’expliquer ce mystérieux post ?

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Ah ouaaaaaaais, je me rappelle, j’avais oublié le « pas ». Dans tous les quartiers on t’aime pas si t’es de la police. J’ai supprimé le tweet cousin ! C’est bon, j’avais la haine. Je suis un gue-din d’avoir oublié.

Et maintenant, quelque chose de complètement différent.

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Ça c’est moi en feat avec Leonard De Vinci. On a fait ça juste avant qu’il parte, paix à son âme. « Si j’étais Leonard De Vinci j’aurais mis une cagoule à la Joconde ».

Connexion plus surprenante encore : comment as-tu convaincu Danny McBride de jouer ton rôle dans un biopic officiel ?

[Rires] C’est Danny qui m’a appelé, il m’a demandé s’il pouvait, j’ai donné mon feu vert. C’est un bon.

Pour finir, vu que tu fais toutes tes interviews cagoulé, qu’est-ce qui me prouve que c’est bien toi Kalash Criminel ?
J’ai des frères qui me ressemblent, avec la même voix en plus. J’ai un jumeau aussi, j’aimerais bien lui faire faire des showcases mais il a pas la même gestuelle que moi. Par contre aujourd’hui c’était le frère jumeau de Kalash pour Noisey. Merci d’avoir joué le jeu Yérim.

Le nouvel album de Kalash Criminel, La fosse aux lions, sortira le 23 novembre chez Capitol.

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