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Crime

Le « premier mariage gay » égyptien conduit huit hommes en prison

Les autorités se basent sur une vidéo montrant deux hommes échangeant des alliances avant de s'embrasser et de s'enlacer
3.11.14
Photo Hassan Ammar/AP

Samedi, un tribunal égyptien a condamné huit hommes à trois ans de prison, chacun pour avoir participé à une vidéo postée sur YouTube, et intitulée « Scandale : mariage gay en Égypte ». Ce que l'on y voit est présenté comme le premier mariage gay du pays sur un bateau flottant sur le Nil.

Les hommes ont été accusés d'avoir véhiculé, à travers cette vidéo devenue virale au mois d'août, des images indécentes, et d'avoir incité à la débauche, ce qu'ils nient. On peut y voir deux hommes échanger des bagues avant de s'embraser et s'enlacer.

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En plus de leur peine de prison, les hommes écopent de trois ans de liberté conditionnelle. Ce week-end, leurs soutiens et familles ont manifesté devant le tribunal du Caire.

L'homosexualité n'est pas explicitement interdite par la loi égyptienne, mais le mariage de même sexe est illégal, et les activités perçues comme « gay » sont la cible des législateurs et de la police, ce qui conduit régulièrement à des raids sur des homosexuels présumés.

Avant d'être détenu au mois de septembre, l'ONG Human Rights Watch raconte que l'un des prévenus a téléphoné à un talk-show à la télévision pour dire que la vidéo avait été tournée lors d'une fête d'anniversaire.

Regardez le reportage de VICE News sur les violences sexuelles en Égypte (en anglais).

Un communiqué publié par le cabinet du procureur en chef égyptien dit que la vidéo est « honteuse devant Dieu » et qu'elle constitue « un outrage à la morale publique ».

Le procureur a également demandé que des examens anaux soient effectués sur les hommes dans le cadre de l'enquête, une pratique qui a cours depuis longtemps en Égypte et qui est fermement condamnée par divers groupes de défense des droits de l'homme.

Un porte-parole du ministère de la justice, en charge des analyses médico-légales, a déclaré en octobre qu'il n'y avait pas de preuves suffisantes et que ces hommes étaient poursuivis injustement, rapporte le Guardian.

« Ce cas est monté de toutes pièces et n'est basé sur rien. La police ne les a pas pris en flagrant délit et cette vidéo n'est pas une preuve, » a affirmé Hesham Abdel Hamed.

« Le test médical montre que les huit prévenus n'ont pas eu de pratique homosexuelle ni récente, ni ancienne, » aurait déclaré Hesham Abdel Hamed.

Des homosexuels ont été emprisonnés par le passé sous différents chefs d'inculpation : « mépris de la religion », « pratiques sexuelles contraires à l'Islam », et organisation de « soirées déviantes ».

Le plus gros coup de filet de la police égyptienne remonte à 2001, quand des douzaines d'hommes ont été arrêtées après un raid de la police sur un bateau disco appelé le Queen Boat. 52 hommes ont été jugés. Le tollé a été international.

En avril, quatre hommes ont été jugés coupables de « débauche » et condamnés à huit ans de prison parce qu'ils auraient organisé des soirées gay impliquant du maquillage et des vêtements de femme.

Human Rights Watch affirme que les autorités égyptiennes arrêtent et torturent régulièrement des hommes soupçonnés d'activités homosexuelles.

Suivez Liz Fields sur Twitter: @lianzifields