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Crime

Les pelotons d’exécution pourraient revenir dans l’Utah

Des législateurs de l’Utah ont présenté un projet de loi qui prévoit le retour aux pelotons d’exécution afin de résoudre le problème croissant des injections létales ratées.
24.11.14
Image via AP/Trent Nelson

Les législateurs de l'État de l'Utah aux États-Unis ont fait un pas de plus vers le retour aux pelotons d'exécution. Ils ont approuvé un projet de loi qui autoriserait que les condamnés soient tués par balle si les substances nécessaires à l'administration d'une l'injection létale ne sont pas disponibles 30 jours avant la date prévue de l'exécution.

« Ce projet de loi dit simplement que nous avons une solution de secours » affirme le républicain Paul Ray (R-Clearfield), qui a introduit le projet de loi à l'assemblée, après dix ans d'interdiction de la fusillade comme méthode d'exécution. « J'espère que l'on ne devra jamais y avoir recours. »

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Le comité par intérim d'application des lois et de la justice criminelle de l'assemblée a approuvé mercredi dernier le projet de loi de Paul Ray au cours d'un vote, mais la proposition doit encore être soumise à la totalité du corps législatif, sa session annuelle commencera en janvier d'après le Guardian.

L'Utah avait interdit les exécutions par fusillade en 2003, mais des détenus condamnés avant 2004 peuvent toujours être exécutés de cette manière. Paul Ray a affirmé cette semaine que cette option est la plus humaine, parmi les modes d'exécution disponibles - dont la pendaison, la décapitation, ou la chaise électrique - puisqu'elle offre une « mort instantanée ».

« Beaucoup de ces gars sont morts avant même d'entendre la détonation », a-t-il dit. La dernière exécution par peloton appliquée par l'Utah l'a été en 2010, sur un condamné coupable d'un double meurtre.

Ray affirme également que le projet de loi apporterait une réponse au problème d'approvisionnement du mélange de trois drogues létales utilisé par de nombreux États depuis des années. En signe de protestation contre la peine de mort, des entreprises pharmaceutiques européennes refusent de vendre aux prisons et établissements pénitentiaires américains le cocktail à injecter.

Pour pallier ce tarissement de la source, les prisons d'État ont eu recours, avec plus ou moins de succès, à différentes drogues expérimentales. Le débat autour de l'utilisation de ces cocktails létaux a été relancé en septembre, quand une exécution ratée réalisée avec des drogues non-testées dans l'Oklahoma a fait agoniser un condamné pendant 43 minutes, avant qu'il ne finisse par mourir d'une crise cardiaque. Habituellement, la mort survient moins de dix minutes après l'injection.

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En juillet, un homme dans les couloirs de la mort de l'Arizona — à qui on avait également injecté une nouvelle combinaison de drogues — a grogné et haleté pendant une heure et quarante minutes. Le même mélange n'avait été utilisé qu'une seule fois auparavant, sur un criminel de l'Ohio qui avait mis 25 minutes à mourir.

Après ces incidents, un législateur de l'Oklahoma a proposé d'utiliser de l'azote pour asphyxier les détenus, comme alternative à l'injection létale. Des politiques d'autres États lui emboitent le pas pour chercher des alternatives, et les législateurs du Wyoming ont déjà proposé de revenir au peloton d'exécution, avec un projet similaire à celui examiné par l'Utah en septembre.

Mais tout le monde n'est pas convaincu. Mark Wheatley (D-Murray), un républicain de l'Utah qui a voté contre le projet de Ray, affirme que celui-ci ne résoudra pas le problème.

« On fait marche arrière ici dans l'Utah alors qu'on devrait aller de l'avant. Ce n'est pas une approche dynamique. C'est réactionnaire. On ne propose pas de vraies solutions. On se cache derrière des politiques dépassées et inefficaces » a déclaré Wheatley d'après KLS-TV.

D'autres détracteurs et opposants, dont le diocèse catholique de Salt Lake City, se sont exprimés contre le projet de loi Ray et contre la peine de mort en général.

« Nous ne croyons pas qu'il existe une manière humaine d'exécuter qui que ce soit » dit Jean Hill, l'intermédiaire du diocèse auprès du gouvernement. « Mettre des gens devant un mur pour leur tirer dessus n'est pas humain. »

Suivez Liz Fields sur Twitter : @lianzifields