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La France ouvre son centre de traitement d’Ebola en Guinée forestière

Annoncé à la mi-septembre, l’hôpital de campagne français a été mis en route ce week-end. Explications de son fonctionnement avec une secrétaire d’État du ministère des affaires étrangères français qui était sur place.
17.11.14
Photo via Flickr

Le 18 septembre dernier, pic médiatique pour l'épidémie d'Ebola qui a déjà fait 2500 et touché une volontaire française de Médecins Sans Frontières. Le président français François Hollande tient une conférence de presse depuis le palais de l'Élysée. Il annonce que « La France va également agir, par une aide financière à la Guinée, je viens de décider d'installer un hôpital militaire en Guinée forestière, là où se situe le foyer principal de l'épidémie.» Cette semaine ce centre accueille ses premiers patients.

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Annick Girardin est secrétaire d'État au développement et à la francophonie, rattaché au ministère français des affaires étrangères et du développement international. Elle revient de Macenta, en Guinée, ou a été inauguré vendredi dernier cette unité de traitement d'Ebola. Il ne s'agit finalement pas d'un hôpital militaire. Il a finalement été pensé par Médecins Sans Frontières, géré par la Croix-Rouge et développé à l'initiative du gouvernement français, pour un budget de 17 millions d'euros sur un an. La secrétaire d'État explique à VICE News les raisons qui ont poussé les Français à ouvrir le centre en Guinée.

« Macenta est en Guinée forestière, c'est là que se situe l'épicentre d'Ebola. Le but est d'agir là où le virus se développe, et d'installer le centre à l'endroit le plus approprié pour ne pas déplacer les malades. Beaucoup d'aménagements ont été nécessaires, par exemple l'allongement d'une piste d'atterrissage. »

Retour sur l'inauguration par — France Diplomatie (@francediplo)17 Novembre 2014

À l'image du slogan arboré par les représentants du gouvernement guinéen, « C'est ensemble que nous vaincrons Ebola », le centre de Macenta est voulu comme une collaboration entre les États français et guinéens, la société civile guinéenne et les ONG. Annick Girardin ajoute que la France souhaite devenir le coordinateur de la lutte contre Ebola en Guinée, en faisant « Le lien entre les décisions nationales [guinéennes] et les partenaires internationaux sur le terrain ». Dans les faits, le gouvernement français va mettre des moyens logistiques au service du gouvernement guinéen pour mettre en oeuvre les décisions de ce dernier.

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La secrétaire d'État précise que la construction du centre a été confiée à des sociétés et ouvriers locaux, et que les habitants ont pu le visiter pour être sensibilisés à des mesures de prévention.

« Si MSF a été choisie pour créer le centre et le penser parce que c'est aujourd'hui le groupe qui a le plus d'expérience et de pratique en matière de lutte contre Ebola », précise-t-elle. « La Croix Rouge est chargée de la gestion pour l'année à venir. Au départ on avait pensé à une gestion militaire, mais un autre centre sera géré par l'armée française, parmi trois autres qui ouvriront en Guinée. »

Des soulèvements liés à Ebola révèlent la marginalisation de la jeunesse sierra-léonaise. À lire ici.

Le centre compte une crèche ouverte aux enfants malades, et également aux enfants sains dont les parents sont malades. On trouve aussi un centre communautaire de prise en charge psychologique et sociale des parents ou de leur famille. Un système de visite des malades est prévu, pour que chacun puisse en toute sécurité rendre visite à un proche atteint de la maladie. Enfin, un service mortuaire permet de donner une sépulture digne au mort tout en s'assurant qu'aucune transmission à sa famille n'arrive.

Pour Annick Girardin, ces services annexes qui viennent compléter le traitement des malades - assuré par 25 soignants internationaux francophones - visent à « humaniser davantage » ces centres et à « lutter contre la peur et la désinformation » qui participent à la perpétuation de l'épidémie.

Suivez Virgile Dall'Armellina sur Twitter : @armellina

Photo via Flickr