Chien avec une balle bleue en bouche
Santé

Oui, les femmes aussi peuvent souffrir du syndrome des « couilles bleues »

Les médecins préfèrent utiliser le terme médical de « vasoconstriction ».
15 juillet 2019, 7:52am

« Tu dois me faire jouir, sinon je vais avoir les couilles bleues. » Les hommes se plaignent souvent de la douleur et de la frustration qu'ils ressentent lorsqu'ils ont été excités, mais n'ont pas pu jouir. Oui d'accord, les « blue balls », ça existe. Mais il semblerait que les femmes aussi peuvent ressentir quelque chose de similaire : les bien nommées « pink balls », aussi appelées murs bleus.

Les médecins préfèrent utiliser le terme médical de « vasoconstriction », en le définissant comme « un mécanisme physiologique correspondant à la diminution du diamètre des vaisseaux sanguins effectuée par les petits muscles de leurs parois ». La vasoconstriction peut survenir chez les hommes et les femmes. Lorsque l'on est excité, le sang afflue vers les organes génitaux, ce qui provoque le gonflement des tissus. Le pénis devient dur, le clitoris commence à palpiter. Et les hommes comme les femmes peuvent subir des conséquences désagréables si rien ne se passe.

« Si je ne jouis pas, je ne peux plus me concentrer, alors si ça ne se produit pas pendant les rapports sexuels, je finis généralement moi-même et je me contente de la médaille d'argent », déclare Elyse, une femme de 30 ans qui a souvent dû lutter contre ce 'mur bleu'. « C'est très désagréable, je me sens à cran et hyper-sensible si j'arrive près du but, mais que je ne jouis pas. »

Photo via Pixabay

Quiconque s'y est déjà frotté pourra vous dire qu'un vagin et l'orgasme qui l'accompagne sont des choses très délicates. Un climax féminin dépend de facteurs complexes tels que la quantité de pression exercée ou de l'angle par lequel elle se produit. Le type de stimulation qui fait exploser une femme peut en laisser une autre de marbre. « Il existe tellement plus de variables à prendre en compte chez les femmes que chez les hommes », explique Madeleine M. Castellanos, médecin et thérapeute sexuelle. « Ce sont également ces variables qui définiront si une femme expérimentera ou non les "pink balls", et avec quelle intensité.»

« Il y a beaucoup de femmes qui peuvent rester sexuellement excitées sans pour autant expérimenter cette sensation d'inconfort. Mais d'un autre côté, il existe aussi des femmes ayant eu des orgasmes multiples qui devront quand même aller sous la douche pour faire couler de l'eau froide sur leur vagin, car elles souffrent de cette sensation d'inconfort » explique Castellanos. Les femmes listent également différents types de douleur. Anne, âgée de 31 ans, parle « d'une douleur lancinante », mais Elyse appelle ça « une montagne russe de sensations ».

« Chacun doit pouvoir compter sur l'autre. Quand je suis sur le point d'atteindre l'orgasme et qu'il s'arrête, je me transforme en animal sauvage jusqu'à ce que je jouisse », dit Elyse.

Pour la même femme, les « pink balls » peuvent également changer radicalement d'une rencontre sexuelle à l'autre. D'après le Dr. Castellanos, ça peut être lié à la façon dont le clitoris est stimulé. « Même chez les femmes, ça peut parfois être intense, et parfois moins », dit-elle. « Principalement à cause de l'engorgement des tissus entourant le clitoris et, en cas d'excitation extrême, de l'engorgement d'une zone encore plus étendue. » Plus le sexe est bien, plus une femme voudra jouir - et se sentira désemparée si elle n'atteint pas l'orgasme.

« Un gonflement prolongé du tissu augmente les risques de sensation inconfortable », déclare Castellanos. « Cette sensation peut s'en aller très vite, mais pour certaines femmes, ça peut durer des heures, ce qui est très difficile. »

L'orgasme masculin a souvent priorité sur celui de la femme, ce n'est un secret pour personne. Du coup, ça entraîne de nombreuses conséquences négatives. « Je pense que la sexualité féminine ne figure pas très haut dans la liste des priorités, même aujourd'hui », a déclaré Castellanos. « Il y a des gens qui considèrent la sexualité féminine comme secondaire, et il y en a même qui pensent qu'elle n'existe pas vraiment. » Lorsqu'on parle de « pink balls », on parle vraiment d'une sensation physique. Il ne s'agit pas d'une réaction émotionnelle que les femmes ressentiraient lorsqu'un homme ne répond pas à leurs besoins sexuels. Cela dit, de nombreuses femmes éprouvent des difficultés à atteindre l'orgasme en raison d'un trouble sexuel, d'un partenaire égoïste ou simplement pour des raisons biologiques.

Jouir est un truc génial et les « pink balls » existent réellement, mais un orgasme ne doit pas toujours être le but ultime d'un rapport sexuel. « Les femmes éprouvent le plaisir de différentes manières, cela ne dépendra pas nécessairement de l'orgasme; ou parfois, elles peuvent même avoir des orgasmes multiples », déclare Mme Castellanos. « Concentrez-vous sur le plaisir, pas sur un objectif, car avoir un rapport sexuel ciblé vous fera penser et agir de manière analytique. » L'analyse, c'est bon pour les cours de math et les tableaux Excel, pas dans une chambre à coucher. D'après Castellanos, se concentrer uniquement sur l'orgasme, c'est le risque de foutre les « pink balls » à votre partenaire alors que vous vouliez justement l'éviter. « Concentrez-vous plutôt sur le plaisir. »

Cet article a été initialement publié sur VICE US.

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