Une étude scientifique de la dangerosité des pièges de "Maman j'ai raté l'avion"

On a fait mater les deux premiers "Maman, j'ai raté l'avion" à un urgentiste pour savoir si les pièges tendus par ce petit enfoiré de Kevin McCallister pourraient l'envoyer en prison pour homicide.
26.12.16
Ouch! Image: Blu-ray.com

Pour toute une génération, les deux premiers Maman, j'ai raté l'avion représentent la quintessence du concept de "film de Noël". Dans les deux films, on retrouve Kevin McCallister (incarné par Macaulay Culkin) aux prises avec les "casseurs flotteurs", deux cambrioleurs pas hyper malins nommés Harry (Joe Pesci) et Marvin (Daniel Stern). Le combat n'est pas très équilibré : Kevin met en place toute une série de pièges ultra sadiques à l'intérieur de sa maison, et les deux bandits débilous se font avoir à tous les coups - ce qui ne les empêche pas de persévérer et de traquer Kevin malgré des blessures de plus en plus sérieuses. C'est un peu comme si un dessin animé devenait réalité.

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Sauf que dans la réalité, les choses auraient sans doute été un peu différentes. Quels dégâts les pièges de Kevin infligeraient-ils à un véritable corps humain ? Pour le savoir, Motherboard a interviewé Joseph O'Hare, un urgentiste new-yorkais. Il a accepté de revoir les deux films, et nous a donné son avis professionnel.

Le coup du chalumeau

Film : Maman, j'ai raté l'avion

Victime(s) : Harry

Diagnostic : "Il risque des brûlures au 2ème ou au 3ème degré. Ce genre de brûlure peut endommager des tissus situés en-dessous du derme. On ne serait pas étonné que la peau soit très noire, avec des cloques importantes et même potentiellement un os apparent. C'est bien vu de mettre sa tête dans la neige, mais selon la gravité de la blessure, il aurait pu se retrouver en état de choc avant d'avoir eu le temps de le faire."

Traitement : "La brûlure ne le tuerait sans doute pas sur le coup, mais elle pourrait potentiellement s'avérer fatale. Il risquerait l'hypothermie, l'hypovolémie et l'infection. Il faudrait sans doute protéger ses voies respiratoires, car il aurait certainement des problèmes d'inhalation avec ce genre de blessure."

Le coup du pot de peinture

Film : Maman, j'ai raté l'avion

Victime(s): Harry et Marvin

Diagnostic: "Dans la vraie vie, leurs visages seraient totalement défoncés. Ils perdraient des dents, leurs nez seraient cassés, et ils souffriraient probablement de multiples fractures dues à l'impact et à la chute subséquente. Le traumatisme pourrait engendrer une hémorragie cérébrale, et donc conduire au décès."

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Traitement : "Il faudrait immobiliser la colonne cervicale. Il faudrait aussi drainer et protéger les voies respiratoires, car il n'est pas impossible que des dents cassées viennent s'y loger ou que des fluides s'y accumulent."

Le coup des briques

Film : Maman, j'ai encore raté l'avion

Victime(s) : Marvin

Diagnostic : "Décès. Aucune chance qu'un patient survive à ça. Concrètement, on parle là de multiples fractures du crâne, et il y aurait sans doute des bouts de cerveau sur le trottoir - rien qu'avec la première brique. Chacune des briques suivantes multiplierait les dégâts par dix."

Traitement : "Si l'on suit notre échelle de réactivité, il n'est certainement pas alerte, comme on peut le voir à ses réponses aux questions. Dans le film il parvient tout de même à parler un peu, mais en vrai, il serait très certainement incapable de répondre car il serait mort.

Le coup des toilettes explosives

Film : Maman, j'ai encore raté l'avion

Victime(s) : Harry

Diagnostic : "Encore une brûlure grave au crâne. Celle-ci dure beaucoup plus longtemps, et ça se passe en intérieur. Il aurait les mêmes symptômes qu'après la brûlure au chalumeau du film précédent, c'est-à-dire la peau noire bourrée de cloques et l'os apparent. Et comme en plus le bâtiment explose, il aurait sans doute des brûlures comparables sur l'ensemble du corps. Impossible de survivre à ça. L'explosion le tuerait, c'est sûr."

Traitement : "Contrairement à la brûlure précédente, il ne resterait sans doute pas de peau à prélever sur son corps en vue d'une greffe. Quant aux problèmes respiratoires, il faut les multiplier par dix vu qu'il est à l'intérieur. Il inhale tout un tas de trucs cancérigènes et dangereux. Personnellement, je m'inquièterais même pour ma propre santé en tant qu'ambulancier au moment d'intervenir."