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Le vaccin contre la rage existe, mais 59000 personnes en meurent chaque année.

L’OMS veut éradiquer la rage une bonne fois pour toutes.
11.12.15

Après avoir réuni des chercheurs du monde entier pour évaluer la situation, l'Organisation Mondiale de la Santé appelle à renouveler les efforts dans la lutte contre une maladie qui tue une personne toutes les dix minutes dans le monde. Cette maladie, qui condamne chaque année des dizaines de milliers de personnes à une mort lente et douloureuse, peut pourtant être évitée facilement : il s'agit de la rage.

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« Environ 59000 personnes par an meurent d'une maladie que l'on peut pourtant contrôler grâce à la vaccination » explique Douglas Call, épidémiologiste à l'Université d'État de Washington. « Si nous ne pouvons pas stopper la rage, cela me laisse pessimiste pour les autres épidémies. »

Cette semaine, durant une conférence, l'OMS a rassemblé des chercheurs et des ONG dans le but d'améliorer la stratégie de lutte contre la maladie, qui est presque toujours fatale et provoque des dysfonctionnements cérébraux et du délire pendant l'agonie du sujet.

Plus de 95% des cas de décès dus à la rage sont rencontrés en Afrique et en Asie, et 99% d'en eux sont provoqués par des morsures de chien. C'est pourquoi l'OMS et quelques autres organisations veulent concentrer leurs efforts sur la vaccination des chiens en priorité. Selon plusieurs études, si 70% d'une population canine domestique est vaccinée, cela provoquera une immunité de groupe suffisante pour réduire drastiquement le risque d'une transmission de la maladie à l'homme.

Un vaccin contre la rage pour chiens coûte environ un dollar en moyenne. Entreprendre une campagne de vaccination de masse autour du globe semble donc tout à fait à possible. Cependant, il reste tout de même quelques problèmes à régler avant d'y parvenir.

« La plus grande barrière à la vaccination de masse reste les coûts à engager. Si un fermier maasaï a le choix entre guérir une vache ou vacciner un chien, il privilégiera son bétail, car c'est tout ce qu'il possède. Des communautés extrêmement pauvres sont touchées par la rage, et rien ne changera sans mesures incitatives et un accès libre à la vaccination » explique Call.

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L'autre problème, c'est la manière dont certaines cultures traitent les chiens. Les chiens ne sont pas des boules de fourrure qui dorment au pied du lit, ce sont le plus souvent des animaux de travail qui évoluent en liberté. Cela les rend vulnérables à la contamination, et surtout cela favorise la diffusion de la maladie. Les chiens ont également une espérance de vie très courte dans certaines parties du monde où la castration et la stérilisation sont peu fréquents ; les générations se renouvellent rapidement et la maladie se répand d'autant plus vite.

Cependant, des stratégies existent, et les chercheurs travaillent à les raffiner. Informer les communautés sur l'importance de la vaccination des chiens, leur procurer des vaccins et des objets utiles (comme un collier gratuit) pour les inciter à agir, tout cela a un effet démontré sur l'augmentation du taux de vaccination. C'est ce qu'à confirmé une étude publiée ce mois-ci dans PLOS Neglected Tropical Diseases.

L'OMS appelle également à faciliter l'accès à des prophylaxies antirabiques, c'est-à-dire l'injection reçue après une morsure. Elles sont très difficiles à obtenir dans les zones rurales d'Afrique et d'Asie. Ce n'est pas une tâche facile—quelqu'un doit payer l'addition de ces prophylaxies à distribuer en masse—toutefois des programmes de cette envergure ont déjà rencontré le succès dans le passé. Un projet financé par l'OMS aux Philippines a fait chuter le nombre de décès de la rage de 34% l'année suivant la campagne de vaccination.

« Qui va payer ? Qui est susceptible de payer pour ce genre de projets d'une manière générale ? J'imagine qu'il faudra l'action conjuguée d'ONG, d'associations, et des gouvernements concernés » précise Call, tout en insistant sur le fait qu'on n'a pas vraiment expliqué pourquoi la prévalence de la maladie était encore si importante dans le monde.

Il conclue : « Plus de mille personnes sont mortes de la rage sur une année, rien que sur le territoire de la Tanzanie. Il reste beaucoup de chemin à parcourir. »