Sports

J'ai passé un week-end foot à Clairefontaine avec mes potes

Vous ne le saviez peut-être pas, mais il est possible de se faire sa propre version des "Yeux dans les Bleus" pour la modique somme de 100 balles par tête.
18 novembre 2016, 9:32am
Pierre Valentin

Peu de footeux le savent mais - allez, c'est cadeau - il est possible de passer un week-end de foot à Clairefontaine. Moyennant 100 euros, vous pourrez profiter des terrains (hormis le Michel Platini of course), d'une chambre dans les bâtiments de l'INF (avec Canal) et de quatre repas de sportif à la cafét' du centre. D'abord la jambe droite, puis la gauche, immersion...

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Samedi matin, arrivés à la grille vers 8h30, premier couac : les voitures sont fouillées. « Pas d'alcool cette année, messieurs, y a eu des débordements », nous envoie le gros Roger au check point. Marquage en zone, confiscation du pack de 12.

Les grilles s'ouvrent et on va embrasser la Coupe du monde en polystyrène. Puis, on file se changer dans les chambres. Pour cette sélection, on m'a mis avec le "Chilien" (un fan de Zamorano) et un dénommé Maxime (que j'appellerai Maxou tout le week-end), licencié de l'AFFG (la Fédération française de Footgolf), qui a déjà pris le meilleur lit. Après un atelier baume du tigre, on se retrouve tous sous le terrain couvert en contrebas, pour faire connaissance avec le groupe : 22 gars aux profils ultra hétéroclites.

9h30, c'est parti pour un petit footing dans les bois, et là, vous me voyez venir, on a tous la chanson de Roudoudou dans la tête, on se fait les meilleurs dialogues des Yeux dans les Bleus. A_ttention, pas le _« muscle ton jeu-Robert », mais toutes les autres répliques, c'est comme ça qu'on reconnait les vrais, genre le « Reviens Bogo enculééééé, reviens putain », de Youri en finale ou les « popopopopo-tic-tic-tic-tic-tic-tic-tac-tac-tac-tac » de Lemerre. Tout le monde en chie pas mal et les nouveaux jouent leurs meilleures poker faces pour ne pas montrer que la montée du Michel Platini leur fait mal. Au final, on se limite à un grand tour au lieu des deux prévus.

10 heures, on touche les premiers ballons sur un des terrains synthétiques. Mika, le capitaine et organisateur du stage, nous a concocté des ateliers ; au menu, petites oppositions, tennis-ballon, et exercices de passes. Assez rapidement, on lance un tournoi de 7 contre 7 sur demi-terrain. Bientôt, plus personne ne pense à ses tracas quotidiens. Pour ma part, la gastro du p'tit dernier, mes problèmes d'érection, ma prés' de lundi au boulot ou la taxe d'habitation 2016 n'existent plus. On s'envoie tous comme des dingues...

Monsieur Duhamel à la cantine

12h20, le dernier but vainqueur est marqué par le Chilien (contre son camp et du nez, il saigne). Certains ont déjà les ailes qui touchent la piste. Le déjeuner va faire du bien.

En arrivant au self, je croise le regard du petit chauve devant moi. Arrivé à la caisse, il prend son portefeuille dans sa veste, et là, ce geste, mais c'est bien sûr : Monsieur Duhamel ! Il rejoint sa team d'arbitres - à Clairefontaine pour un stage - et je rejoins la mienne, fier de cette rencontre.

14h30, après une petite sieste réparatrice - les jambes en l'air à la Thuram - on repart pour des 7 contre 7 sous le terrain couvert, jusqu'à 17h30 environ. Assez rapidement, la fatigue se fait sentir et ma cheville me trahit. J'assure le coup et termine l'après-midi aux cages. Mon équipe enchaîne les victoires, notamment grâce à Maxou - mon coloc - qui plante but sur but.

Un défi lancé par les féminines de Juvisy

18 heures, après la douche, j'embarque le Chilien et le "Vieira blanc" (en réalité plus Michel que Vieira) pour aller faire un tour dans les bois. Maxou a préféré rester sur le balcon pour fumer des clopes. Je me dis que pour 100 euros si je peux rapporter 1 ou 2 kg de cèpes, c'est tout bénéf. Brecouille.

21 heures, RDV sous le terrain couvert pour une surprise concoctée par Mika. Les féminines de Juvisy nous ont lancé des défis et nous les relevons, pétards aux lèvres. Après 7 heures de foot dans la journée, je m'arrache 3 ongles de pieds sur la golden barre. Le fameux challenge penalty du mauvais pied est remporté par mon Maxou face à Bapt', en slip, comme à son habitude. La sécurité finit par nous renvoyer au dortoir, et j'avoue que ce rappel à l'ordre me ravit.

On aimerait bien revoir Karim

Dimanche, 9 heures, au réveil, le dos, les jambes, les pieds, tout est dur et tendu : je ne suis qu'une grosse douleur. Le Chilien me fait remarquer que Maxou est parti. On apprendra au petit déj qu'il avait un match de Coupe de France à jouer, à 14 heures, dans l'Ain. La machine.

On joue toute la matinée et les petites blessures s'enchaînent dans la bonne humeur.

14 heures, le fait marquant de la journée : la visite du château avec le chargé vidéo du staff de l'équipe de France, en poste depuis 1997. Moment d'émotion d'abord en montant les fameuses marches en pierre, puis en pénétrant dans le grand salon. On passe ensuite dans la salle à manger où on s'assoie tous autour de la grande table. L'homme répond à nos questions sans filtre. On apprend que Domenech est un mec génial, que Laurent Blanc en revanche... Il nous raconte que Trezeguet et Henry n'étaient pas les meilleurs amis du monde car concurrents. Que Knysna est un vrai traumatisme et que tout part, en réalité, du moment où Raymond retire le capitanat à Gallas. « Et Karim, il va revenir ? », s'inquiète Franco, notre goal. « On aimerait bien revoir Karim en bleu, oui...», nous confie-t-il.

Il ouvre une chambre pour nous. Pour blaguer, je lance : « Ça sent la clope là ». Et l'homme au survet' équipe de de France répond du tac au tac : « C'est la chambre de Dédé Gignac celle-là ! »

On termine avec les vestiaires et la nouvelle salle de muscu - un vrai spa.

En ressortant, de jeunes ados sont assis sur les marches du château, accompagnés de leurs parents : les jeunes de l'INF rentrent de week-end.

16 heures, on quitte les lieux, cuits dur. Même si le corps ne répond plus, l'esprit en redemande. Au moment de partir, l'équipe de France U17 fait des tours de terrain. On en grille une petite en les regardant avec envie. Ne pas oublier notre pack de 12 en sortant.