Design

Un collectif de militants et designers a scanné Lesbos

“Where Land Meets Sea” montre l’impact des réfugiés sur l’île grecque.
06 avril 2016, 7:00am
All images screengrabs from Embassy for the Displaced’s Where Land Meets Sea

_ d'Embassy for the Displaced_

La réalité virtuelle peut-elle apporter une aide à la crise des migrants ? Des journalistes en sont convaincus,  tout comme le collectif de designers Embassy for the Displaced. Ce groupe d’architectes, réalisateurs, experts en scan 3D, stylistes et programmeurs documente et diffuse les arrivées de réfugiés. Leur vidéo de modélisation 3D, Where Land Meets Sea, montre différents lieux de l’île de Lesbos, comme les plages où les canots s’échouent. Actuellement, Embassy for the Displaced est sur un projet de réalité virtuelle, et cherche un espace d’exposition, à New York, Londres ou Athènes.

« Embassy for the Displaced est une pseudo-institution sans statut légal mais une association réelle de gens avec différentes compétences, dans plusieurs endroits le long de la route des réfugiés? Nous souhaitons devenir une “terre pour les apatrides”, à la fois sur le plan physique et numérique », rapporte un des membres-clef du collectif (qui souhaite garder l’anonymat) à The Creators Project.

« Issu d’un projet de mémoire pour nos études d’architecture à Londres, c’est depuis devenu pour nous un moyen de comprendre, documenter et répondre à l’escalade de violence et des déplacements qui ont lieu dans l’est de la Méditerranée depuis le début de la décennie, et l’exode qui en découle, qui met en lumière la gestion de plus en plus militarisée et inhumaine des frontières de l’Europe », continue-t-il.

Where Land Meets Sea a été réalisé en 3D avec l’aide de ScanLAB Projects, un studio de création dédié à la préservation numérique d’événements et d’espaces temporaires. Avec un intérêt pour « les traces matérielles des flux de réfugiés », ils travaillent également sur un projet de recyclage des canots et gilets de sauvetage en sacs à dos solides et imperméables pour les réfugiés.

NoBorders Backpack, EFTD de Embassy for the Displaced sur Vimeo

« Nous pensons que les technologies de scan 3D peuvent non seulement être un outil très utile pour les volontaires sur le terrain mais offrent une représentation alternative de cette crise, souvent décrite de manière unilatérale, où l’horreur est banalisée et à laquelle le public devient habitué », dit encore le porte-parole d’Embassy.

Embassy a également posté sur Vimeo des vidéos de réfugiés en route pour Lesbos depuis la Turquie, de bateau à la dérive, et de réfugiés tuant le temps en attendant d’être relogés, donnant un point de vue de l’intérieur de ce que vivent les « déplacés » des conflits.

L’année dernière, 450 000 réfugiés auraient transité par Lesbos, la plupart fuyant la guerre en Syrie. La communauté de cette petite île s’efforce de s’adapter aux afflux de réfugiés, journalistes, militants et bénévoles.

Where Land Meets Sea a été filmé dans le camp de Lesbos, qui risque d’être fermé par les autorités. Les réfugiés les plus vulnérables pourraient être relogés en centres de détention. Une pétition circule actuellement pour maintenir l’ouverture du camp.

La vidéo Where Land Meets Sea est à voir ci-dessous :

Where Land Meets Sea, Lesvos Island, Jan 2016 de Embassy for the Displaced

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