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Comment j'ai gagné un SMIC grâce au championnat de foot Biélorusse

« J'ai vu que le championnat de Corée du Sud avait commencé le week-end dernier et c'est tentant. »
par Léon
13 mai 2020, 7:32am
paris sportif coronavirus football
Illustration de Vincent Vallon

Le 16 mai prochain, le championnat d'Allemagne, la Bundesliga, reprend ses droits et c'est plutôt une bonne nouvelle pour les sites de paris sportifs. L'épidémie de Covid-19 a mis à mal leur business : les compétitions sportives ont toutes été arrêtées, entraînant une baisse de 90 % des mises.

Pour les plus aguerris ou les plus accros, c'est selon, les occasions de gagner de l'argent ont été réduites à néant ou presque. Seul le championnat Biélorusse a continué, suivi par le championnat sud-coréen dont la première journée s'est jouée le week-end dernier. Certains parieurs ont vu dans ces championnats inconnus et exotiques des occasions de gagner de l'argent. C'est le cas de Léon, 31 ans, parieurs invétéré depuis 10 ans.


« Je suis très joueur depuis mes 18 ans et ma première fois dans un casino. Les paris sportifs ne sont que le prolongement de cet amour que j’ai pour le jeu. Depuis 10 ans, parier est devenu un rituel presque quotidien. En moyenne, je dois dépenser 100 euros par semaine, à 90% sur le football et pour le reste un peu de NBA, de tennis, de biathlon et de rugby.

Beaucoup fantasment les jeux d'argent, pensant qu'ils peuvent être un bon complément de salaire ou une activité à plein temps rémunératrice. Il ne faut pas oublier que c'est avant tout un amusement, pour pimenter les compétitions sportives ou des matches de football que je n'aurais jamais regarder sans mise en jeu. Se faire un Dijon-OM un samedi soir n’est pas très excitant mais quand il y a des gains à la clé, ça devient tout de suite plus sympa à regarder. Bien sûr, si tu es dans une bonne période, un pari gagné peut t'aider à mettre un peu de beurre dans les épinards, mais ça permet surtout de jouer « gratuitement » les prochains paris. Pour que les gains des paris puissent être de bons compléments de salaire, il faudrait gagner très souvent de grosses sommes. Gagner 50 euros toutes les semaines ne changerait rien alors que gagner 500 euros pourrait faire la différence. Il faut bien être conscient qu'il est rare d'être gagnant à chaque fois.

Pour ma part, j'aime gagner de l’argent sur les paris car c’est plutôt facile. Encore faut-il oser miser sur des cotes improbables. Je mise à 95 % sur des grosses cotes, supérieures à 5, car avec ce système de jeu, j’engage peu de fonds et les gains sont plus importants. Mais il faut avoir de la chance et miser sur le bon cheval comme on dit. D’ailleurs j’aime aussi parier sur les courses de chevaux mais uniquement à Deauville au mois d’août.

L'épidémie de Covid-19 et les mesures de confinement qui ont suivi on porté un coup d'arrêt aux paris sportifs car le monde du sport s'est lui aussi arrêté. Cette période de crise sanitaire a eu du bon car mes paris ont été moins importants. J'ai pu faire une pause et mon porte-monnaie m'en remercie. Et puis, c'est important de savoir s'arrêter parfois pour que ce loisir ne devienne pas une addiction aussi tenace que risquée.

« 2 000 euros sur la victoire 4-0 du PSG contre Barcelone en Ligue des champions »

Je me suis tout de même laissé tenté par les seules compétitions qui se disputaient encore : le biathlon en début de confinement et le championnat de foot de Biélorussie. Dès le 17 mars j'ai tenté ma chance et ça a fonctionné tout de suite. Je ne connaissais qu'une seule équipe, le Bate Borisov, qui apparaît régulièrement dans des compétitions européennes. J’ai du gagner 1200 euros pendant cette période uniquement sur le championnat Biélorusse. Mon plus gros gain a été de 500 euros sur un seul match, mais je ne peux pas vous dire de quel match il s'agissait, j'ai complètement oublié. De toute façon, pour moi un pari sportif reste un pari sportif, peu importent le sport ou le championnat de foot sur lesquels tu mises, le but est de gagner de l'argent. La seule différence est que je connais bien les équipes et les joueurs des gros championnats et ça peu influer sur mes choix de paris, mais comme je joue surtout les grosses cotes, le principe reste le même. J'ai vu que le championnat de Corée du Sud avait commencé le week-end dernier et c'est tentant. Je pense cependant rester tranquillement sur la Biélorussie et rebasculer sur les grands championnats lorsqu'ils reprendront.

Mon plus beau gain date du 14 février 2017. Souvenez-vous, c'était lors de la victoire du Paris Saint-Germain face à Barcelone en Ligue des champions, avant la fameuse remontada. Je me souviens, dès le matin du match, je ne trouvais rien de très intéressant à part les paris relatifs au score. A partir de là, j'ai décidé de miser sur le score exact de 4 à 0 en faveur du PSG. Tout le monde me parlais de folie, mais à l'époque, Lionel Messi n'était pas au top et le Barça était une équipe que le PSG, alors en grande forme, pouvait battre. La cote de 100 était très excitante : pour 1 euro de misé, j'en gagnais 100. J'ai donc misé 20 euros – faites le calcul.

En arrivant chez mes amis pour voir le match nous avons tous évoqué nos paris. Lorsque j'ai annoncé le mien, leur réaction a été unanime : "Mais tu es fou, ça ne passera jamais". La première mi-temps se termine sur le score de 2 à 0 pour le PSG. J'ai vibré pendant la seconde période comme jamais, j'ai cru que le PSG allait ne mettre qu'un seul but, ou qu'il allait en prendre un – heureusement le poteau m'a sauvé. On connait la suite avec 2 000 euros de gains. Mon seul regret n'est pas d'avoir misé plus.

Comme je l'ai déjà dit, les paris sportifs peuvent devenir une addiction, il faut savoir se mettre des limites, et s'y tenir surtout. C'est en partie pour cela que je ne parie jamais en ligne, c'est trop facile, tu n'es plus obligé d'aller au bureau de tabac et ça peut vite devenir dangereux.

En attendant un retour total à la normale, je me délecte de la reprise de la Bundesliga, le championnat allemand de foot, ce week-end. La cote de 'Union Berlin qui reçoit le Bayern Munich, est très belle, je ne peux pas passer à côté. »

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