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Musique

Rettsounds - Omegas

30.5.11

Malgré mes goûts un peu étriqués en matière de musique, je suis en droit d'affirmer que Omegas (le groupe hardcore de Montréal) est vraiment unique, et génial. Au premier abord, on pourrait croire que les sons qu’ils utilisent ne sont pas compatibles. Et pourtant, la magie s’opère et tout devient violence. Ils parviennent à fusionner avec un naturel déroutant le hardcore bourrin new-yorkais de la fin des années 1980 et le punk rock bas du front désuet du Mid-West américain. Il n’y a aucune nostalgie dans leur musique. Je possède moi-même un tatouage de  Jon ‘Bowzer’ Bauman sur ma fesse gauche, donc je suis bien placé pour détecter la nostalgie.

Leur dernier album Blasts of Lunacy est disponible sur le label Parts Unknown. Ils ont commencé leur tournée « Wacky Time Playhouse » vendredi soir et ça va être le bordel dans toutes les salles américaines pouvant accueillir moins de 20 personnes. Ah aussi, n’hésitez pas à lire l’interview ci-dessous.

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Vice : Pourquoi votre chanteur s’appelle « Hoagie » ? Pourquoi pas « Grinder » ou « Sub » ?
Hoagie (chants) : Ce sont mes putains de parents qui m’ont appelé comme ça et je te jure, JE DÉTESTE CE PRENOM.

C’est quoi toutes ces chaînes qu’il porte autour du cou ? C’est pour rendre hommage au New York d'avant ?
Dan (batterie) : Je ne pense pas. Si c’était le cas, il devrait les porter autour de la taille avec des gants de protection. Il a plutôt pour habitude de mettre un seul gant pour rendre hommage à Michael Jackson. Mais, ça ressemble plus à un hommage à O.J Simpson, vu que c’est un gant en cuir trop grand pour sa main. En fait, il porte plutôt ces chaînes en l’honneur de Junkyard Dog.
Hoagie : Si j’avais voulu rendre hommage au « Vieux New York », je me serais sapé comme Fiorello LaGuardia et j’aurais crié : « Vive le Tammany Hall ! » Vous avez déjà vu Jason Takes Manhattan? C’était un super film. Quand Jason fout un coup de point sur la gueule du black ou quand les punks et les skinheads se barrent en courant en voyant sa tronche dégueulasse… Personnellement, je trouve que le style des New Yorkais est chiant à mourir et que ça donne un air de…tu vois de quoi je veux parler.
Tony (guitare) : Les chaînes pourraient représenter « la chaîne de l’unité ». Chaque maillon représente une partie de notre identité et de nos différences.

Yan Moore (guitare) : Arrête de dire des conneries. On est juste un groupe d’idiots qui aime porter des chaînes de temps en temps. C’est pas la peine d’en faire des caisses.

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Pour moi, l’album ressemble à un mélange des débuts de Die Kruezen et de Outburst. Vous êtes d’accord avec cette comparaison ou vous pensez que je fais mon lèche-cul ?

Dan : Si tu m’avais demandé de faire des comparaisons, je t’aurais répondu un truc du genre : « si Vinnie Stigma était guitariste pour les Amboy Dukes » ou « si the Germs était un groupe d’Astoria, on pourrait les comparer aux New Breed » ou, si j’étais vraiment ambitieux : « Si les Soft Machine étaient des skinheads, on pourrait les appeler Hard Machine. » Je ne sais pas si tu es d’accord avec ça, mais tu peux nous comparer à Die Kreuzen et Outburst. Ça me va,  même si tu fais ton lèche-cul.
Spoiler (basse) : Je suis vraiment désolé, mais je ne peux pas m’empêcher d’imaginer le cul de Dan en train de… tu vois ce que je veux dire.

Hoagie : Je trouve que tu ressembles au gamin dans Almost Famous et à Barbara Walters… ouais…en fait non !
Yan Moore : Pour moi, l’album serait plus un croisement entre un camion de démolition et une diarrhée contractée en mangeant une pizza cheesy crust.
Tony : Faudrait que je sache à quoi tu fais référence. J’aime les deux groupes que tu as mentionnés mais nos influences sont bien plus larges. C’est difficile de nous cataloguer.

Pourriez-vous m’expliquer votre obsession pour les Inside Out, ce groupe new yorkais de la fin des années 1980 ? Qu’est-ce qui fait qu’ils sont mieux que les Inside Out de Californie ? Pourquoi vous n’avez pas fait la première partie de leur concert de reformation l’été dernier ?
Dan : On est obsédé par Inside Out NY ? Et comment tu sais qu’on n’était pas à leur concert l’été dernier ?
Hoagie : Apparemment, ça ressemblait plus à Turned Inside Out de Obituary. J’ai vu des extraits du concert de reformation du groupe. Ça avait l’air d’être la grosse fête.
Spoiler : LesInside Out de New York n’étaient pas mieux, mais ils étaient plus cool. Ils disaient que les gens faisaient du shopping dans les pires centres commerciaux, et que c'était mal, tandis que les Inside Out de Californie comparaient les gens à des galets échoués sur la plage. Tu vois où je veux en venir, Tony ? Les membres des deux groupes se sont essayés au rap, alors j'aurai du mal à choisir entre les deux. On devait participer à ce concert, mais on n’a pas confirmé, du coup on n’a pas joué. Ensuite Nic the Weasel devait chanter avec nous sur un titre à Brooklyn, mais on n’a pas eu le temps d’apprendre la chanson. En fait, je crois qu’on les déteste tous.
Tony : On les aime tous, mais je dois être le seul dans le groupe à penser que le groupe de Californie est aussi cool que les autres. Je veux dire, de la Rocha a joué dans Hard Stance. Je vous déçois je sais, mais on ne peut pas cacher cette influence.
Yan Moore : Je porte mes sous-vêtements à l’envers.

Vous ne trouvez pas que la ligne de basse d’intro dans votre titre « Disgusting Fun » ressemble beaucoup à celle qu’on entend dans « Straight Edge Revenge » de Project X ?
Dan : « Straight Edge Revenge » ? Pas du tout, on voulait que ça ressemble à « United Blood » et que ça rappelle la mélodie de « Sock Woman ». Tiens-toi au courant, mec.

Quelle est la place du hardcore dans la musique en 2011 ?
Dan : Les groupes d'époque étaient creepy, alors que maintenant, c’est plus violent. Je n’ai aucun problème avec ça. Le hardcore est bien plus drôle quand on ne se demande pas à quel courant il appartient.

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Hoagie : Je pourrais répondre à cette question si j’étais dans un groupe de hardcore, mais ce n’est pas le cas. On est plus proches du freedom rock.
Yan Moore : Aux chiottes.
Tony : Je n’ai qu’un seul mot : unité.

Il paraît que vous avez passé beaucoup de temps à préparer l’album. Qu’est-ce qui vous a retardé ?
Dan : On a enregistré l’album dans notre salle de répét’. On a pris notre temps pour l’enregistrer et le mixer, on a refait quelques sessions par-ci, par-là… Mais pour être honnête, ce qu’il s’est réellement passé, c’est que Rich et Jay, les mecs de Parts Unknown, ont dépensé tout le fric pour faire imprimer des flyers « NYHC ».

Pourquoi détestez-vous autant les humains ?
Spoiler : Je ne pense pas qu’on déteste les êtres humains, c’est juste qu’on préfère les chevaux. Les chevaux sont plus rapides et plus drôles que les humains. Ça ne s’explique pas.
Hoagie : On ne les déteste pas, on les appelle juste « êtres humains ».
Tony : C’est ce qu’ils sont. C’est un peu exagéré de dire qu’on les déteste, surtout par les temps qui courent. On veut juste s’exprimer et on essaie de mieux les comprendre.
Yan Moore : C’est raciste de détester les humains, alors je ne les déteste pas.

Est-ce-que Omega a des projets ?
Dan : On a prévu de faire quelques concerts, d’enregistrer un peu de musique, danser un peu, donner un peu d’amour à notre public composé de six personnes, et faire la fête ce soir.

Hoagie : Je vais buter un mec. Mais, je n’ai pas le droit de dire qui c’est.
Yan Moore : Ça a l’air drôle. Je te suis.

Quel disque vous rêveriez d’avoir ?
Tony : Disintegration de The Cure. Je l’ai offert à quelqu’un et depuis je rêve chaque jour de la récupérer. Et bien sûr, je ne veux pas la réédition, la version import ou ces merdes qu’on peut acheter en magasin. 
Yan Moore : Je crois que je n’ai pas besoin de disques… Je joue tout dans ma tête.

Un dernier commentaire à faire ? Vous avez oublié de dire quelque chose ?
Dan : Oh, tu as oublié des tas de trucs, mec. Attends un peu.
Hoagie : C’est fini ? Putain, mais qu’est-ce qu’il se passe ici ?
Yan Moore : Merde, t’es sérieux ?

TONY RETTMAN