Vince Staples a décidé encore une fois de nous emmener loin, très loin

Voici en avant-première le clip de « Prima Donna », extrait du dernier EP du rappeur californien.
01 septembre 2016, 2:45pm

Le nouveau mini-album de Vince Staples, Prima Donna, est peut-être ce que le rappeur a sorti de meilleur jusqu'à présent, même si ça peut paraître présomptueux, parce qu'au fond, qui sommes-nous, derrière nos claviers, pour juger une oeuvre d'art ? Chacun l'interprète comme il le souhaite, et Vince serait le premier à aquiescer. « Voilà pourquoi l'art est l'art » a t-il déclaré récemment. Mais ce qu'on peut affirmer, c'est que Prima Donna prend un tournant bien plus deep depuis l'également excellent Summertime '06 sorti l'année dernère. Pour utiliser un terme un peu plus technique, ces 7 titres font l'effet d'un vrai mindfuck.

Il serait donc profondément stupide de le servir par des clips obéissant aux templates habituels, où l'on verrait Vince cruiser au volant d'une bagnole, danser près d'une piscine ou autre. Ce que le titre phare du disque mérite - et ce dont il bénéficie dès aujourd'hui - c'est d'une fable surréaliste exposant les incogruités de l'industrie du divertissement, qui semblent hanter chaque jour un peu plus l'esprit de Staples. Le court-métrage (oui, désolé) de « Prima Donna », réalisé par Nabil, regroupe tous les thèmes du EP et suit le Californien dans son rêve éveillé, à travers sa propre musique et les périls de la performance. Tous les feux au carrefour du weird indiquent vert, de cette course dans cet antique taxi à l'arrivée dans cet antique hotel nommé Prima Donna, où il entrevoit les spectres de Tupac et Amy Winehouse.

Ce qui en ressort ? Une réflexion de fond sur la célébrité, l'industrie musicale, le concept de race, voire votre passion pour le rap, car c'est vrai, qu'est ce qui vous pousse à consommer de loin cette musique, tel les personnages du clip de « Senorita » ? Bref, seul Vince Staples a les réponses, et il nous hurlerait sûrement dessus si on y répondait à sa place. Regardez « Prima Donna » juste en dessous, et réécoutez son EP où vous savez.