Paul Angelo veut que les gays se serrent le sphincter

Il explique les raisons de son moratoire de 60 jours sur le sexe anal.

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06 Mars 2012, 3:30pm

Il y a quelques semaines, j’ai été assez perplexe en lisant dans la presse qu’un éminent entremetteur gay essayait d’organiser un moratoire de 60 jours sur le sexe anal. Je ne suis pas ignorant au point de penser que TOUS les gays aiment se faire foutre dans le fion, mais j’ai tout de même toujours considéré les homosexuels comme des pionniers de l’anus. Ils ont vécu d’innombrables péripéties et ont vu leur sphincter se dilater pendant des décennies afin qu’un jour, tous les sexes puissent se délecter de ces plaisirs dont on doit taire le nom. Aujourd’hui, l’anal semble banal – le Journal of Sex and Medicine a publié un sondage en 2010 qui a révélé que 40 % des femmes âgées de 20 à 24 ans s’étaient déjà fait emboutir le derrière au moins une fois. Du coup, je me suis demandé qui pouvait être ce type qui essayait de revenir sur tous les progrès sexuels dont nous profitons aujourd’hui allégrement.

Il se trouve le type en question s’appelle Paul Angelo et que c’est un homosexuel originaire de Pologne résidant à Miami. Il mène une vie saine, il adore son boulot et il est titulaire de deux masters dans les secteurs de la santé et des affaires. Bien qu’âgé d’à peine 35 ans, il a fait fortune avec son site de rencontres pour homosexuels super brillants ayant dépassé la quarantaine. Je l’ai appelé vers le milieu de son moratoire de 60 jours commencé fin décembre et destiné à sa clientèle habituelle – mais pouvant s’étendre à toute la communauté homosexuelle masculine.

VICE : Bon, comment se fait-on endoctriner dans le monde du sexe anal ?

Paul Angelo : Lorsque les jeunes homosexuels passent de l’adolescence au stade de jeune adulte, la communauté gay leur dit qu’ils vont devoir se faire enculer ou alors enculer les autres. Pour ma part, j’avais parfaitement intégré l’idée selon laquelle la pratique du sexe anal était parfaitement normale et n’impliquait aucune conséquence.

Mais elle l’est, non ? Aujourd’hui, tout le monde se délecte de l’amour anal – même les hétéros. Qu’est-ce que ça a de mal ?

Eh bien, le résultat premier est le plaisir. Quand tu fais l’amour, ça te fait énormément de bien et tu te sens aimé. C’est comme une drogue – ça te rend euphorique. Certains décrivent même le sexe anal comme un acte divin.

Alors, c’est quoi le problème ? Tout ça m’a juste l’air très bien.

Il y a des conséquences. La friction pose problème – la muqueuse n’est pas la même que celle du vagin et ne peut pas s’autolubrifier. Et cette obsession du rectum incite les gens à négliger les autres parties du corps.

Comment ça ?

C’est très progressif. Personne ne devient drogué, alcoolique ou obèse en une nuit. Donc, si tu commences à pratiquer la sodomie, tu as plus de chances de développer toute une flopée d’autres comportements dangereux pour le corps.

Comme ?

Je ne sais pas si tu vois ce qu’est le « fist fucking » : c’est quand quelqu’un insère son poing dans l’anus d’une autre personne. Au début, tu te fais enculer, tu prends l’habitude et au bout d’un moment tu as envie de passer à quelque chose de plus intense. Au bout de deux ans tu te retrouves avec un poing ou un double godemiché dans le côlon. À partir de là, c’est la porte ouverte au sida, parce que les personnes qui adoptent de telles pratiques sont plus susceptibles de pratiquer une sexualité dite « à risques ».

Mais les gays adorent se la mettre dans le cul.

Tu peux faire plein d’autres choses – le sexe oral, le tantrisme. Se donner du plaisir ne signifie pas nécessairement s’introduire des choses dans l’anus. Peut-être que les gays doivent réapprendre à développer une intimité à deux. Peut-être que les gays ne connaissent pas la signification de la sexualité à deux, parce qu’on a recours à une pratique empruntée à la communauté hétérosexuelle.

Que veux-tu dire par « empruntée à la communauté hétérosexuelle » ?

Eh bien, quand tu as un marteau dans la main, tu vois des clous partout. Mais ce n’est pas parce que tu as un pénis et que tu vois un trou qu’il te faut introduire ton pénis dans le trou. La communauté gay copie et reproduit beaucoup de comportements appartenant à la communauté hétérosexuelle. La question que je me pose est la suivante : si tu abandonnes dix ados gay sur une île déserte sans les confronter à la sexualité hétérosexuelle, vont-ils se dire d’eux-mêmes que la voie anale est la plus appropriée ? Peut-être devrait-on conduire cette expérience afin de déterminer si la voie anale est véritablement une voie « naturelle » pour les gays.

Tu as parlé du plaisir que cela procure. L’anus est plein de terminaisons nerveuses. Le fait que ça soit agréable ne signifie-t-il pas que nous devrions nous faire plaisir avec nos fesses – et donc que cette voie serait, de fait, « naturelle » ?

Les drogues te procurent aussi du plaisir. Mais ce qu’elles font véritablement, c’est recouvrir ta douleur. La sodomie peut te faire du bien sur le moment, mais quand tu te réveilles le lendemain matin, rien n’a changé et tes problèmes n’ont pas disparu.

La sodomie te procure-t-elle toujours du plaisir ?

Pour être honnête avec toi, et dans un souci de transparence totale, je me branle toujours devant des vidéos de sexe anal. J’ai été programmé comme ça par la communauté gay. Je trouve toujours ça attirant et agréable, mais je sais que ça n’a aucun intérêt si cela m’éloigne de mes objectifs à long terme. J’ai arrêté de pratiquer la sodomie avec mon compagnon il y a environ un an.

Mais en général, renoncer à ses plaisirs a plutôt tendance à te rendre obnubilé par ces mêmes plaisirs.

J’ai fait d’immenses progrès dans ma vie sexuelle et dans ma façon d’appréhender qui j’étais vraiment, et il en est de même pour mon compagnon. Sa carrière a fait un bond en avant. Il a redécouvert la part de masculinité qu’il avait abandonnée à la sodomie et cela l’a rendu plus agressif : c’est positif, ça lui a ouvert beaucoup d’opportunités de carrière.

Quels sont les effets de l’abstention sodomique dans une relation homosexuelle ?

Un receveur, celui qui est en bas et qui reçoit la sodomie, recherche toujours un donneur qui rejette tous les autres receveurs. Donc toutes leurs relations sont basées sur la mécanique du sexe et non sur les objectifs.

Ne penses-tu pas qu’un homosexuel qui milite contre la sodomie rend service aux adversaires des droits homosexuels et de la liberté sexuelle ?

Je suis gay et je fais attention à mon comportement en portant un regard critique à l’égard de moi-même. C’est la seule façon de progresser dans la bonne direction et d’atteindre ses objectifs dans la vie. C’est ça, le message. Je ne changerai pas d’avis, même si tous les autres gays de la planète étaient contre moi, parce que ça a marché pour moi.

Et si quelqu’un proclamait que tu avais tort et que la pratique saine de la sodomie pouvait conduire au succès ?

J’ai étudié les bouquins de la plupart des icônes à succès du monde du business et de la psychologie – des gourous comme Tony Robbins et Warren Buffet. J’ai beaucoup appris de leurs travaux et je veux m’engager dans une voie qui m’amène à ce niveau. Donc je rétorquerai à ce quelqu’un : « OK, nomme-moi une autre personne couronnée de succès dans tous les aspects de sa vie et qui pratique la sodomie », et on verra si cette personne trouvera quelque chose à me répondre.

Il doit pourtant y avoir plein de riches qui aiment se prendre la saucisse dans l’arrière-train.

Quand tu regardes la communauté gay, tu te rends compte qu’elle est dévastée par le VIH et que le secteur de la santé ne comprend pas comment ça marche parce qu’ils n’arrêtent pas de promouvoir les rapports protégés ; mais les rapports protégés n’existent pas. Aujourd’hui, tout le monde s’expose à nu et personne ne met de préservatif.

À quel résultat voudrais-tu parvenir avec cette croisade anticul ?

Imagine-toi un jeune de 17 ans faisant son coming out dans cet environnement – je vois bien pourquoi la jeune population a le taux de séropositivité le plus élevé. Ils traînent sur des sites de rencontres où tout le monde se fout du port du préservatif et des dangers du fisting et de toutes les pratiques dérivatives de la sodomie qui font courir énormément de risques à leurs usagers, en plus du sida.

Donc en gros, tu veux protéger les enfants de la sodomie ?

Je pense que si tu aimes vraiment ça et que ça n’endommage pas ton corps, alors pas de problème. Je ne suis pas là pour dire aux gens comment ils doivent mener leur vie. Mais il est important que mon message soit entendu, parce qu’il faut pouvoir proposer une alternative. Et peut-être que si le message provient d’une personne jeune comme moi et non d’une personne plus âgée qui a un discours religieux ou qui appartient à la communauté hétérosexuelle, les gens écouteront.

Comment envisages-tu le futur de la sodomie entre gays ?

Je pense que les idées véhiculées par l’industrie pornographique et la communauté gay sont vouées à disparaître. En termes de santé publique, de physiologie et de comment le corps et l’esprit fonctionnent ensemble, je ne vois pas la pratique du sexe anal trouver sa place – et cela vaut autant pour la communauté hétéro que pour la communauté gay. Demandez à des docteurs spécialisés dans la région du rectum s’il est biologiquement normal d’insérer des objets dans un anus. Oui, c’est physiquement possible, mais cela endommage le corps et il faut apprendre à respecter son corps.

Pour comprendre comment Paul peut vous aider à trouver votre Apollon de plus de 40 ans, regardez cette vidéo :

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