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LE NUMÉRO SECRET

Livres

Au cas où vous seriez un(e) de ces intellectuel(le)s borné(e)s qui ignorent tout du destin tragique d’Anna Nicole Smith: 1. Allez vous faire foutre, et, 2. Vous avez bien tort… La vie d’Anna Nicole (née Vickie Lynn Marshall) est un désastre fascinant...

UNE CHIC FILLE
Collectif Inculte
Ed. Naïve Au cas où vous seriez un(e) de ces intellectuel(le)s borné(e)s qui ignorent tout du destin tragique d’Anna Nicole Smith: 1. Allez vous faire foutre, et, 2. Vous avez bien tort… La vie d’Anna Nicole (née Vickie Lynn Marshall) est un désastre fascinant qui suinte la tristesse, le désespoir et la fatalité. Mais vous souvenez-vous seulement d’un de ses faits d’armes? Une pub Guess Jeans? Une page centrale de Playboy? Une apparition dans une série bidon? Elle n’a pas fait grand-chose, presque rien en fait, mais Hollywood aime le vide. Bizarrement, il a fallu qu’une bande d’intellectuels français se penchent sur la question pour que j’en apprenne un peu plus sur sa «vraie» vie. Les mecs de la revue Inculte se sont amusés à écrire un roman collectif et polyphonique sur Anna Nicole: l’enfant abandonnée, Anna Nicole et la télé réalité, Anna Nicole, les pilules et l’alcool… Chère petite fille perdue, où que tu sois, tu nous manques. ALEX HUGHES SLASH 
Slash with Anthony Bozza 
Harper Collins 
(texte en Anglais) Axl Rose a-t-il été violé par son père? Vous ne le saurez pas en lisant l’autobiographie de Slash, qui reste pudique sur tout ce qui touche à la vie privée du nain roux paranoïaque qui lui servait de chanteur: soit parce qu’il a peur d’un procès, soit parce qu’il a l’intention de reformer un jour l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps (et si vous n’êtes pas d’accord avec cette affirmation, vous avez tort). On n’est pas non plus très surpris par les passages sur les débuts des Guns (une bande de copains qui n’aiment pas les punks de Los Angeles et préfèrent le vrai rock), leur façon de composer leurs albums (une bande de copains qui jouent de la guitare en buvant du whisky) ou d’être en tournée (une bande de copains qui prennent de la coke en baisant des groupies). Mais on apprend plein de trucs sur l’enfance de Slash, qui était définitivement le gosse le plus cool d’Hollywood : fils de la créatrice des costumes (et meuf) de David Bowie, petit pro du BMX, cleptomane voleur de vinyles et de reptiles qu’il élève dans son jardin. Et puis il y a aussi ces longs passages où Slash décrit ces petites créatures translucides, qui apparaissaient à chaque fois qu’il se shootait avec un mélange de coke et d’héro (soit toutes les dix minutes pendant plus de trois ans), qui lui grimpaient le long de la jambe armées de mitraillettes. Étrangement, il était le seul à les voir. Même ses dealers le trouvaient un peu chelou, à force.

MATT BLOCK

NEW YORK NOISE 
Soul Jazz  Si vous n’avez encore jamais entendu parler de no-wave ou de punk-funk, sachez que le label Soul Jazz a sorti des myriades d’excellentes compilations ces dernières années, et que ce livre en est le pendant visuel, hyper mal maquetté. Il raconte en images la vie des peintres, des musiciens et des peintres-musiciens fumant de l’héro à la chaîne au tournant des années 1970, dans des entrepôts dégueulasses du sud de Manhattan. La nostalgie pour cette époque «où c’était la fin du disco et le début du rap genre peace unity et havin’ fun, tu vois?» commence à nous lasser un peu, mais il n’y a ici que deux ou trois photos d’apprentis breakdancers devant des graffitis pourris. Le reste des photos ne ressemble pas, fort heureusement, à des captures d’écran d’une VHS de Wild Style. On y voit Michael Stipe avec des cheveux (ce qui lui donne, bizarrement, l’air encore plus malade), ESG en famille, Andy Warhol tripotant Basquiat et Keith Haring avec sa bande de parasites flippants… Comme d’hab’ quoi, quelle époque formidable, hein ? MATT BEAR KAVEH GOLESTAN:
RECORDING THE TRUTH IN IRAN 1950-2003 
Ed. Hatje Cantz 
(texte en anglais) Quoi ? Encore des guerres? Encore des cadavres? Encore des morts? Vous allez finir par penser que nous sommes complètement obsédés par les reporters de guerre. Et vous auriez raison. Non seulement parce que leurs images sont tellement totalement bouleversantes qu’elles nous obligent à nous arrêter deux secondes pour penser à des trucs aussi simples que: «Ah-oui-tiens- c’est-vrai-au-fait-on-vit- dans-un-monde- où-des-hommes- sont-capables- de-faire-subir- ce-genre-de- trucs-à-d’autres- hommes.» Mais aussi, et surtout, parce qu’on a le plus profond respect pour ces photographes qui mettent leur vie en danger simplement parce qu’ils considèrent que telle ou telle histoire doit absolument être racontée. Donc, si jamais vous avez cinq minutes en rentrant du Social Club, jetez un œil aux clichés du photographe iranien Kaveh Golestan, qui est mort en sautant sur une mine dans le nord de l’Irak, en avril 2003, ça vous changera un peu les idées. JEAN NUIT