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Hafez al-Assad est le père du président syrien Bachar al-Assad. C’est aussi la figure politique syrienne la plus importante depuis l’indépendance du pays. Presque tous les aspects de la vie contemporaine en Syrie ont été influencés par Hafez, ce qui n’est pas surprenant dans la mesure où il a tenu la Syrie d’une main de fer de 1970 jusqu’à sa mort en 2000.Hafez est le descendant d’une longue lignée d’hommes puissants. Son grand-père Souleymane était respecté de tous en vertu de sa force, son courage et son charisme. On l’avait même appelé « al-Wahhish », « l’homme sauvage ». Son fils Ali Souleymane a hérité de ses pires caractéristiques, cimentant sa terrible réputation parmi les tribus alaouites des montagnes. En 1927, sur la recommandation des anciens du village, il a transformé son nom de famille en « al-Assad », « le lion ».Selon la fascinante biographie de Patrick Seale, Assad : Struggle for the Middle East, Hafez serait né à Qardaha, un village du nord-ouest composé de « boue et de pierres empilées le long d’un vieux chemin. Il n’y avait ni mosquée, ni magasin, et encore moins de route pavée ». Dans la région, personne ne savait lire mais ça n’a pas empêché le petit Hafez de se démerder pour trouver une place dans une école coloniale française. À 16 ans, il a rejoint le parti panarabe Baas et s’y est fait une place en distribuant des bouquins, en tenant des meetings secrets dans sa baraque et en se lattant la gueule avec des groupes rivaux.
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Bachar al-Assad est né en 1965 à Damas, cinq ans après l’ascension de son père au sommet du parti Baas. Troisième d’une famille de cinq enfants, Bachar a passé une enfance paisible ponctuée de parties de ping-pong avec son père. On attendait peu de lui ; c’est son frère Bassel qui devait assurer la présidence après le décès d’Hafez. Bassel – homme charismatique, sûr de lui et sportif – était le choix le plus évident pour la succession. En 1982, Bachar s’est engagé dans des études de physique puis a poursuivi son cursus au Western Eye Hospital de Londres pour y étudier l’ophtalmologie. En 1994, la vie de Bachar change à tout jamais lorsque son frère Bassel meurt dans un accident de voiture. Après les funérailles, sa préparation commence : il rejoint l’école militaire et se met à travailler dans le bureau de son frère décédé.
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Comme vous devez vous en douter, la Syrie n’a jamais donné l’exemple en termes de droits de l’homme. Au temps des colonies, le gouvernement français guillotinait les villageois sans jugement sur la place principale de Damas. Après la seconde guerre mondiale, le commandant Adib Chichakli a dissous tous les partis d’opposition, interdit les journaux et s’est mis à persécuter les minorités ethniques. En 1963, le parti Baas a pris le pouvoir et a déclaré l’état d’urgence, à savoir, les pleins pouvoirs militaires. Ironiquement, cette loi d’urgence a été révoquée en avril 2011, juste avant le début des vraies emmerdes.Cette loi d’urgence décrétait que n’importe quel citoyen pouvait être, à tout moment, arrêté, mis en détention et condamné sans procès ni même avocat. Cette pratique se perpétue aujourd’hui.La liberté de se rassembler est écrite dans la constitution, mais le ministre de l’Intérieur doit approuver chaque rassemblement de plus de cinq personnes. Avant la révolution, les manifestations contre Israël étaient généralement autorisées, bien que tout rassemblement pro-islam, pro-kurde ou anti-gouvernement était systématiquement interdit. L’an dernier, au moment des premières manifestations, le gouvernement a donné le feu vert aux forces policières pour tirer sur n’importe quel civil lors de tout rassemblement. LE PRINTEMPS DE DAMAS
Tout ne s’est pas passé comme prévu. En 2000, quand Bachar est arrivé au pouvoir, les Syriens espéraient que le nouveau président, éduqué à l’américaine, détruise peu à peu le système ultra sécuritaire du pays. Les citoyens se rassemblaient alors chez eux pour discuter d’éventuelles réformes. Leur mouvement s’appelait le Printemps de Damas. Les intellectuels de la ville ont signé le « Contrat des 99 », un manifeste demandant l’abolition de la loi martiale et la libération des prisonniers politiques. Bachar leur avait d’ailleurs laissé de quoi espérer: il venait de fermer la prison de Mezzeh, connue pour ses traitements infâmes infligés aux détenus.
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La Russie est le plus vieux et le plus puissant allié de la Syrie, et ses dirigeants sont les derniers amis d’Assad. Ils ont contredit toutes les résolutions des Nations Unies condamnant le régime et ont mis leur veto (avec la Chine) sur d’éventuelles sanctions à l’encontre du gouvernement syrien.Les Russes continuent chaque jour de vendre des armes à Assad. En janvier dernier, ils ont filé 36 avions au gouvernement syrien en échange de 500 millions d’euros.Les liens amicaux qui unissent Moscou à Damas datent de la guerre froide. Dans les années 1950, le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev a envoyé plus de 200 millions d’euros d’aide à la Syrie, dans cette espèce de jeu de positionnement avec les pays arabes nouvellement libres. L’alliance entre l’URSS et la Syrie s’est renforcée lors d’un coup monté par Hafez en 1970 pour contrer l’offensive israélienne. Depuis, la passion syrienne pour les flingues, avions et missiles russes n’a fait que s’affirmer : en 2011, la Russie a vendu plus d’un milliard d’euros d’armes à la Syrie.
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La vieille haine entre le Liban et la Syrie date de leur séparation en 1920, lorsque les puissances européennes dominaient encore le Proche-Orient. Les troupes syriennes sont toujours restées quelque part dans le pays entre 1976 et 2005, date de la « révolution du Cèdre » au cours de laquelle le Liban a viré les militaires syriens de ses terres. Mais les services secrets syriens sont encore dans le coin, et ont été récemment jugés pour plusieurs assassinats de hauts fonctionnaires libanais.Le gouvernement libanais est divisé en deux blocs : d’un côté, les pro-régime, en faveur de l’alliance du 8 mars, et les anti-régime, qui soutiennent l’alliance du 14 mars. Le Hezbollah, groupe chiite radical, est le plus grand soutien d’Assad dans le pays en termes d’argent, d’armes et de couverture politique. Ce soutien tend à jouer contre le Hezbollah dans le monde arabe ; le groupe est accusé d’avoir envoyé en Syrie des combattants pour aider la frénésie sociopathe d’Assad.Plusieurs politiciens pro-régime défendent l’idée d’une « Grande Syrie » pan-arabe qui incorporerait le Liban. De son côté, le gouvernement syrien considère toujours le Liban comme une province plutôt qu’une nation souveraine. Les Libanais, eux, frémissent à l’idée d’être associés aux Syriens, qu’ils considèrent comme d’odieux prolétaires.Depuis quelque temps, la guerre civile syrienne déborde occasionnellement au nord du Liban, sur la ville de Tripoli notamment, où les combattants sunnites, alliés des rebelles syriens, ont abattu de nombreux alaouites libanais. Beyrouth a récemment été le théâtre de scènes terribles entre pro et anti-régime, laissant présager le pire dans un pays qui ne s’est toujours pas remis de quatre décennies de guerre civile.
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En 2005, le département d’État américain a estimé qu’il restait 80 juifs en Syrie. Ceux-ci y sont pourtant restés 2000 ans, même s’ils devaient payer une taxe injuste du fait de leur religion. Plusieurs vagues de séfarades ont fui l’Espagne durant l’Inquisition à la fin du XVe siècle et ont trouvé refuge en Syrie, avant de capter à quel point le pays était inhospitalier.Cela étant, la vie n’était pas non plus un enfer pour les juifs syriens jusqu’à ce qu’Israël soit fondé en 1948. Après qu’Israël a botté le cul de la Syrie pendant la guerre israélo-arabe, le gouvernement syrien a fait passer des lois interdisant aux juifs de posséder une quelconque propriété, un permis de conduire ou même un téléphone. En 1967, après la victoire d’Israël dans la guerre des Six Jours, 57 juifs ont été assassinés à l’occasion d’un pogrom dans la ville de Kameshli.Anticipant un exode massif, le gouvernement syrien a fait en sorte d’empêcher les juifs de quitter le pays. Hafez les autorisait à partir seulement s’ils se délestaient d’entre 300 et 1000 euros et qu’ils laissaient un membre de leur famille sur place en guise de « dommage collatéral ». À partir de 1972, l’activiste Judy Feld Carr, connue à l’époque sous le nom de « Mrs. Judy », a secrètement aidé 3 000 juifs à s’échapper du pays en se servant du circuit ferroviaire souterrain. Ceux qui se faisaient pécho étaient condamnés et torturés lors de leur détention. En 1977, sous la pression du président américain Jimmy Carter, Hafez a finalement laissé certains juifs quitter le pays librement.
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Personne ne connaît le nombre exact de djihadistes et autres « combattants étrangers » parmi les forces rebelles syriennes. Ce qui est vrai en revanche, c’est que pas mal de mecs du Golfe et de Libyens se sont pointés pour se battre, même si leur part est largement exagérée dans la presse occidentale et chez les théoriciens du complot. Les djihadistes – dévots et martyrs en devenir – se sont fait connaître parmi les rebelles pour leur style de combat extrême. Ils font passer les membres de l’ASL (qui pourtant, sont des putains de vrais durs) pour de grosses pipes. Il est aussi indubitable que l’opposition a pris un virage clairement religieux ces derniers mois – ce qui devait arriver, puisque la plupart des membres de la classe moyenne syrienne ont fui les zones de combat. Il ne reste plus dans ces régions que de pauvres paysans qui n’ont plus de raison d’espérer en quoi que ce soit, si ce n’est Allah.
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Les lois syriennes empêchent la presse de publier toute information qui « causerait des troubles de l’ordre public, pourrait endommager les relations internationales, violerait la dignité de l’État et affecterait le moral des forces armées ». Il en va de même pour le Net. La plupart des sociétés de presse en ligne appartiennent au gouvernement, qui ne se gêne pas pour bloquer tout contenu qui lui paraît anti-régime. Les réseaux sociaux et les sites de partage vidéo étaient interdits jusqu’en février 2011. Mais même lorsque Facebook et YouTube ont été débloqués, les observateurs des droits de l’homme ont stipulé que le régime continuait d’y censurer l’information – en particulier les images montrant les autorités en train de péter la gueule à des manifestants ou tuer des innocents. Ceux qui contournent la censure risquent des peines d’emprisonnement et de longues séances de torture.Aussi en Syrie, la télé est encore plus pourrie qu’ailleurs, peu importe la chaîne que vous matez. Tous les programmes sont contrôlés par des commissions dépendant de l’État. La poignée de chaînes privées doivent être loyales envers Assad, alors que les « journalistes » sont tenus de filer doux s’ils veulent sauvegarder leur carrière (et parfois, simplement survivre). Ce qui ne les empêche pas d’être agressifs et d’attaquer le premier venu si celui-ci venait à s’en prendre au régime.
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Aujourd’hui, il est devenu impossible aux habitants du pays d’avoir accès à l’information sans que celle-ci ait été transformée au préalable en chair à saucisse par les partisans du parti Baas. Le monopole du régime sur la totalité des médias a ainsi généré un nombre important de publications underground faites avec des ciseaux et de la colle. Partisans de fait, ces journaux offrent un contrepoint à la désinformation généralisée dans les médias mainstream et donne une voix véritable à l’opposition.Nous avons contacté Karim Lailah, rédacteur en chef du Hurriyat, qui selon ses dires est la première de ces publications à avoir vu le jour ; c’était en août dernier. Karim nous a dit que le Hurriyat était distribué la nuit de la main à la main par les activistes les plus ballzy de la planète, qui frappent aux portes de Damas, Homs et Alep. La procédure standard consiste à glisser une copie sous le paillasson, sonner et se casser de là au plus vite avant que quelqu’un ne vous aperçoive. Bien que le taux de réussite soit impressionnant, Karim nous a confié : « Deux de nos journalistes ont été arrêtés… L’un a été emprisonné un mois, l’autre s’est pris quatre mois. » Bien que l’essentiel de l’édito soit composé de reportages et de billets d’opinion, la plupart de ces journaux publient aussi des séries de cartoons politiques et des sujets sur la culture locale. Zeina Bali, une journaliste syrienne qui a écrit un article sur ces mags dans Syria Today, nous a dit que le fanzine Surytina avait même publié des chroniques de livres où les rédacteurs établissaient des liens entre l’histoire de plusieurs romans et le développement actuel de la guerre civile.
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À la fin du mois de juillet, le gouvernement syrien a annoncé publiquement qu’il possédait des armes chimiques. Juste après, les porte-parole sont revenus sur leurs propos. En réalité, ça fait des décennies que la Turquie et les pays occidentaux connaissent l’existence de stocks d’armes chimiques cachés en Syrie : gaz sarin, VX et même du gaz moutarde de la première guerre mondiale. Les Syriens possèdent une belle collection de munitions abominables, largement décriées dans le reste du monde.Longtemps, la Syrie a importé les agents chimiques nécessaires à l’élaboration de gaz neurotoxiques. Mais à partir des années 1970, ils se sont mis à produire eux-mêmes leurs produits chimiques, jusqu’à les manufacturer aujourd’hui. On ne sait toujours pas précisément si la Syrie possède des armes biologiques – celles-ci officiellement destinées à développer leurs « recherches en système de défense ». Quoi qu’il en soit, ils peuvent les déployer jusqu’à 500 kilomètres grâce aux missiles Scud russes qu’ils ont en stock. Sur Jérusalem, par exemple.
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Le Coran est très précis en ce qui concerne le fait de jouer – il s’agit d’un « terrible péché », aussi grave qu’être bourré. On comprend donc pourquoi on ne croise pas un casino de tout le Proche-Orient. Pour profiter des plaisirs défendus, les Syriens sont obligés de passer la frontière libanaise ou de trouver des spots de jeu illégaux.En 2010, l’interdiction des jeux d’argent a été défiée par l’entrepreneur syrien Khaled Hboubati, qui a sobrement ouvert un casino, l’Ocean Club, à côté de l’aéroport de Damas. Bien que l’Ocean Club n’ait pas reçu d’autorisation légale – ce type d’autorisation n’existant même pas en Syrie – le Guardian a rapporté que le gouvernement lui avait donné « un feu vert à demi-mot ». Cette tolérance inattendue a été perçue comme un signe d’occidentalisation de la part des Syriens.
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Pour la plupart des jeunes femmes syriennes, la vie est plus douce au Liban. Beyrouth est aujourd’hui considérée au Proche-Orient comme un bastion de la libre expression et du droit des femmes. Pour les autres, le Liban sert d’échappatoire à l’horreur des sites de rencontres syriens et est un endroit discret pour faire plein de conneries le week-end.La constitution syrienne garantit la liberté à tous. Les femmes y sont libres de porter ce qu’elles désirent ; se couvrir le visage ou pas est un choix personnel qui dépend généralement des traditions familiales. Chrétiennes comme musulmanes sortent de chez elles habillées de milliers de façons différentes et tracent ensemble dans la rue. Le hijab est requis lors de cérémonies formelles, où il est porté plus par tradition que par conviction religieuse. Partout dans le pays, on peut voir des mères de famille en niqab, marchant à côté de leurs filles sans voile avec un sac à dos Hello Kitty. Ça ne dérange personne, et c’est même plutôt fréquent.
Les chrétiennes syriennes, et c’est tout à leur honneur, ont la réputation de montrer au tout-venant leurs atouts féminins. Pantalons serrés et shorts moulants rendent les mecs fous, toutes religions confondues. En Syrie, chrétiens comme musulmans remercient Jésus pour l’invention du skinny jean, même si plusieurs musulmans grincheux sont contre l’idée que les « filles chrétiennes portent des pantalons serrés » parce que ceux-ci généreraient des pensées impures.

La Syrie est l’un des pays les plus à la pointe en termes de mode de tout le Moyen-Orient. Les hommes aiment les costumes ajustés, les tee-shirts débiles à la Ed Hardy et les baskets Nike en édition limitée. Mais la majorité des accessoires manufacturés sont destinés aux femmes : écharpes de couleur, abayas (tuniques) brillantes et une grande variété de sous-vêtements de pointe. Les Syriennes aiment la lingerie pour la même raison que les femmes aiment la lingerie depuis la nuit des temps – se sentir bien dans leur corps et éviter que leurs mecs aillent voir ailleurs.La plupart des filles occidentales seraient mortifiées à l’idée de recevoir un cadeau ayant la forme d’un string surmonté d’un faisceau LED pouvant miraculeusement s’ouvrir à l’annonce des mots « Sésame, ouvre-toi », mais cet événement est totalement acceptable en Syrie. Parmi les cadeaux récurrents lors des enterrements de vie de jeune fille, on retrouve des culottes à plumes, des soutiens-gorges en python ou l’un de ces téléphones portables vibrants qui permettent aussi de couvrir les attributs féminins – bien entendu, ces accessoires sont à l’usage des maris uniquement.

En 632, la mort du prophète Mahomet a précipité la division entre chiites et sunnites. Les chiites ont défendu l’ordre du cousin de Mahomet, Ali, alors que les sunnites ont suivi les préceptes du plus grand compagnon de Mahomet (ainsi que son beau-père), Abou Bakr. C’est Abou Bakr qui a gagné la dispute et qui est devenu calife – cette scène est à l’origine de 1 500 ans de domination sunnite et de ressentiment chiite. Comme si ça ne suffisait pas, le fils d’Ali, Hussein, a été décapité, alors que l’arrière petite-fille de Mahomet, Sayyidah Ruqayya, a été foutue en taule avant d’être assassinée à l’âge de 4 ans.Aujourd’hui, les chiites viennent du monde entier prier dans l’opulente mosquée de Damas, érigée sur la tombe de feue Sayyidah Ruqayya. Après cet acte de piété, les pèlerins font un tour à la mosquée d’as-Sayyidah Zaynab (c’est le nom de la sœur d’Hussein) avant de prendre le bus pour le long trajet du retour en direction de l’Iran.

C’est le ministère de la Santé qui régule les prix de la chirurgie esthétique en Syrie. Une rhinoplastie coûte seulement 700 euros, soit un tiers de ce que l’on paierait en Europe. En ajoutant un peu plus, vous pouvez vous faire implanter de faux seins géants. Cela étant, vous en aurez exactement pour votre argent ; la chirurgie plastique en Syrie est particulièrement pourrie. À Beyrouth, lorsqu’on aperçoit un nez de femme comme passé dans un mixeur à viande, on dit : « Elle s’est sûrement fait raboter la trompe en Syrie. » Il faut savoir que la plupart des chirurgiens syriens n’ont pas de licence médicale et « exercent » dans des cabinets insalubres.Une autre opération méconnue est chose courante en Syrie : pour l’équivalent de 17 000 euros, il est possible de changer la couleur de vos yeux. De marron, ils peuvent devenir bleus ou verts. Les médecins coupent directement dans l’œil, virent l’iris et le remplacent par une prothèse. Si la séance se passe mal, le patient devient aveugle. Le ministère de la Santé syrien cherche actuellement à étendre son empire de chirurgie plastique pétée, mais depuis que le pays est en état de guerre civile, la demande n’a, sans grande surprise, jamais cessé de diminuer.

Si vous cherchez un moment gay à partager en Syrie, pointez-vous dans l’un des nombreux hammams que propose le pays. Comme dans un spa classique, les hammams comportent des chambres privées, et sont bien plus discrets et bien moins chers qu’un hôtel. Depuis 2010 cependant, les propriétaires des hammams sont plus suspicieux qu’auparavant vis-à-vis des nouveaux clients ; plusieurs raids policiers ont déjà chopé des mecs se livrant à des activités impardonnables. En avril 2010, 25 homosexuels ont été arrêtés, violés et torturés pendant trois mois, selon Mahmoud Hassino, le directeur de publication de Malaweh, un magazine gay local.Cependant, les gays ont toujours pu socialiser librement dans le pays, malgré des lois qui techniquement, rendaient l’homosexualité illégale. Mais depuis que les flics ont pris l’habitude de faire vibrer leurs muscles même dans les hammams, beaucoup d’homosexuels sont revenus cruiser dans les jardins publics de Damas.