Valentine Jamis pilule contraception
Toutes les photos sont de Valentine Jamis.
Société

Cette photographe bruxelloise brise le tabou de la pilule contraceptive

« Une potion magique d’hormones compressées, dont on ne se méfie pas. Un poison bien vendu, déguisé en miracle. »
11 mars 2020, 12:51pm

La pilule, prescrite par les gynécologues est, pour beaucoup, le moyen de contraception numéro un. En prenant la pilule, la photographe Valentine Jamis a dû faire face à de nombreux effets secondaires tels que des crises de panique ou de l'anxiété : « On oublie que beaucoup de gens se sentent mal à cause de cette pilule. Beaucoup ne se sentent pas prises au sérieux par leurs médecins ou leurs parents et ne se sentent pas légitimes pour en parler. »

Valentine a rencontré des personnes qui prennent ou ont pris la pilule et qui ont vécu le même genre d'expériences qu'elle. Elle a retranscrit leurs récits et les a prises en photo : « J'ai remarqué un énorme soulagement chez les personnes qui ont témoigné et on réalise maintenant que ce n'est pas si rare, que c'est un vrai problème et qu'on doit en parler. »

Alexane (23 ans)

Portrait girl Alexane

« J’ai dix ans lorsque je rencontre mes premiers saignements. Pas d’chance, il est peut-être un peu trop tôt, mes règles sont si longues qu’elles m’affaiblissent, je manque de fer, je manque l’école. Un mois à la maison, je reste allongée tout le temps.

Un soir, mes parents me retrouvent recroquevillée par terre dans le couloir, je n’en peux plus, je perds du sang, je me vide à chaque mouvement. Mon médecin traitant me prescrit la pilule non pas comme méthode contraceptive juge t-il, mais pour mettre fin à ce dérèglement en éduquant mon corps à saigner seulement une fois par mois, sept jours exactement.

« Ce médecin n’a pas jugé nécessaire que je passe par l’étape d’une prise de sang pour choisir à la suite de ces analyses une pilule qui me "conviendrait". »

Faute professionnelle me semble t-il, ce médecin n’a pas jugé nécessaire que je passe par l’étape d’une prise de sang pour choisir à la suite de ces analyses une pilule qui me "conviendrait". J’ai alors souffert chaque matin de nausées si critiques que je ne me nourrissais pas et que je finissais par vomir de la bile. J’ai attendu, pensant que mon corps avait son droit d’attente, le temps qu’il s’habitue à cette pilule. Mais cette harmonie entre mon corps et la pilule ne s’est jamais installée. Cette rencontre ne fut pas efficace, au contraire. Je l’ai détesté, je l’ai regretté. Alors j’ai arrêté ce traitement et j’ai préféré laisser mon corps se stabiliser tout seul. Il a réussi, j’ai beau eu avoir des règles très abondantes, elles n’étaient au moins pas douloureuses. C’était déjà ça.

Mais je suis tombée enceinte. J’ai avorté. J’ai accepté de reprendre la pilule avec beaucoup d’appréhension mais suite à des analyses, cette fois, on m’a prescrit une pilule que mon corps supporte plutôt bien, enfin je crois. C’est une pilule en continue ce qui veut dire qu’elle peut arrêter, chez certaines, la venue des règles. Bingo, je fais partie d’une d’entre elles, je n’ai désormais plus mes règles depuis cinq ans maintenant. À vrai dire j’étais plutôt soulagée, aujourd’hui, je me pose des questions. Je suis affectée par l’idée que j’impose à mon corps un refus de son cycle naturel et en même temps je suis rassurée de ne plus voir ce sang couler. Je pense l’assimiler à mon avortement. »

Lara (23 ans)

Portrait girl Lara

« J’ai commencé à prendre la pilule contraceptive pour la première fois quand j’avais 17 ans, pour réguler mon cycle menstruel et une deuxième fois à 19 ans. On m’a d’abord prescrit Minesse, une pilule dite “légère”. En deux, trois jours des effets secondaires ont commencé (plaques de boutons douloureux sur la peau, sensations de ballonnements, etc.). J’ai pensé que mon corps s’adapterait aux hormones mais ces effets ont continué, ainsi que d’autres comme une prise de poids non-négligeable, des douleurs aux seins (qui ont pris trois tailles) et surtout, un état dépressif et des sautes d’humeur vraiment intenses. Mon corps entier était gonflé et désagréablement sensible et je ne le reconnaissais pas (au niveau des sensations que ça provoquait, autant que visuellement). J’étais déprimée et irritable “sans raison” pendant des mois. Après assez de temps pour me rendre compte que cette pilule ne me convenait pas, j’ai arrêté.

« La pilule est trop facilement recommandée et ses effets secondaires ne sont pas toujours pris au sérieux. »

Deux ans plus tard, faute d’alternative et malgré avoir dit à mon gynécologue que je ne voulais pas de pilule hormonale, j’ai commencé à prendre "Deso 20" et presque immédiatement, des effets secondaires semblables se sont pointés.

Après quelques semaines (même s’il faut souvent plus de temps d’adaptation) j’ai cessé la prise, parce que l’impact sur mon mental et mon corps entier était juste terrible. Aujourd’hui, je ne prends pas d’hormones du tout. C’est clairement pas une option pour moi, mon corps me le fait bien ressentir. La pilule est trop facilement recommandée et ses effets secondaires ne sont pas toujours pris au sérieux. »

Apolline (33 ans)

Portrait girl Apolline

« C’est mon compagnon du moment qui a pensé au fait que mes variations d’humeurs pourraient être dues à la pilule. Il trouvait que mes variations n'étaient pas assez suscitées par des fait concrets et que le mystère a ses limites, il a fait des recherches de son côté. Au début, j’étais dubitative mais ses réflexions m’ont alertée. Je prenais la pilule depuis mes 15 ans et j’avais déjà envie depuis un moment de voir comment mon corps évoluerait sans.

« Je prenais la pilule depuis mes 15 ans et j’avais déjà envie depuis un moment de voir comment mon corps évoluerait sans. »

J’ai arrêté et, effectivement, mes sautes d’humeur venant de n’importe où, des sauts de mélancolie irritable, se sont atténués voir arrêtés. Je me suis vite habituée au changement et finalement mon souvenir est flou. Ce que je sais, c’est que depuis l’arrêt de la pilule, c’est plus simple de ressentir d’où viennent mes mouvements d’humeur. Avant, j’avais l’impression d’être soumise à une météo interne capricieuse, qui m’effrayait sur ma capacité à apprivoiser mes émotions et mes peurs. Aujourd’hui, mes ciels nuageux sont les miens, j’en comprends d’avantage les provenances en apprécie même les lumières et leurs mystères. »

Pauline (23 ans)

Portrait girl Pauline

« Elle était là, cachée dans l’ombre. Une potion magique d’hormones compressées, dont on ne se méfie pas. Un poison bien vendu, déguisé en miracle. Distribué gratuitement. Je l’ai prise pendant 8 ans. Ce petit médicament. Quotidiennement. Il a créé chez moi bien des maux. Je ne me reconnaissais plus. L’impression d’être plongée dans un monde où je fonctionnais mais ne vivais pas. Elle a eu le temps de bousiller l’horloge de mon corps et une partie de mon esprit. Du gaz dans la tête. Heureusement, je m’en suis rendu compte ! Il fallait que cela cesse. Je l’ai arrêtée il y a un an maintenant. Les effets post-pilule se traduisent surtout chez moi, par une grande instabilité émotionnelle. Les hormones cherchent encore à retrouver leur équilibre, c’est un vrai choc mental.

« Si je pouvais revenir en arrière, je ne l’aurais jamais prise, cette fameuse pilule. »

Mon cycle n’est pas du tout régulier (à l’heure où j’écris, cela fait plus de deux mois que je n’ai plus eu mes règles… Bonjour les tests de grossesse, les tensions physiques et psychiques). L’acné est la partie la plus visible de l’instabilité hormonale que ce médicament a créé, avec la prise de poids.

Tout le reste se passe à l’intérieur, avec parfois l’envie d’exploser. Depuis un an, je me reconstruis. Avec des hauts, des bas, des pics. Et surtout avec une certaine rage dans le ventre. Si je pouvais revenir en arrière je ne l’aurais jamais prise, cette fameuse pilule. »

Amandine (23 ans)

Portrait girl Amandine

« J’ai pris la pilule de mes 13 à mes 21 ans. On me l’a conseillée si jeune, et sexuellement non active, pour traiter une légère acné, et réguler mon cycle hormonal et menstruel. Vers 19 ans, je commence à m’informer plus profondément, je réalise que cela à potentiellement une influence sur mes états d’âmes, ainsi que l’inconfort ressenti dans mon corps. J’ai 21 ans, après quelques mois d’arrêt, je suis déréglée ; perte de poids soudaine, production élevée de testostérones et trop faible d’oestrogènes, kystes bénins aux ovaires.

« Je suis révoltée que la pilule soit prescrite de manière anodine à des jeunes filles, mal informées, qui n’ont pas d’activité sexuelle ; que cela soit autant banalisé. »

Petit à petit, de l’acné kystique de type moyenne s’installe sur mon visage, mon dos, mes cuisses. Souffrance physique et mentale, crises d’angoisses, je me renferme sur moi même. J’ai l’impression de ne pas avoir laissé à mon corps l’opportunité de se développer à son rythme, et je subis les conséquences de ce que je considère un empoisonnement. Je suis révoltée que la pilule soit prescrite de manière anodine à des jeunes filles, mal informées, qui n’ont pas d’activité sexuelle ; que cela soit autant banalisé. J’ai bientôt 24 ans, mon corps se stabilise, je découvre son fonctionnement au naturel, je me sens beaucoup mieux dans ma peau, je suis fière de ma décision et d’avoir traversé cette tempête hormonale. »

Loula (23 ans)

Portrait Loula

« J’ai commencé à prendre la pilule vers mes 16 ans, en 2013 pour des questions de règles assez abondantes. Ce qui me posait, déjà, problème était le fait que la contraception de mon couple reposait uniquement sur ma prise assidue du dit comprimé. Si j’avais le malheur d’oublier, c’était ma faute et uniquement la mienne. La contraception, c’était MA responsabilité. Un oubli ? Un partenaire qui râle. Ton utérus ? Ton problème ! La pilule c’était cool parce que ça a aussi éliminé une partie de mon acné.

« J’arrête donc la pilule, je veux laisser à mon corps le temps de retrouver sa place. Oh, joie. Je découvre que j’ai une libido. Surprise. Je sens que le système bosse et se remet en route. »

La pilule, c’était aussi peu de libido. J’ai arrêté de la prendre en juin 2017. J’ai donc pris ce comprimé rosé pendant quasiment 4 ans, pendant lesquels des hormones passaient à travers tout mon corps et ce, tous les jours, trois semaines par mois. Ça n’a rien d’anodin et c’est carrément anti-physiologique. Cette décision d’arrêt, je l’ai prise après avoir lu de nombreux témoignages sur les effets secondaires de la pilule, témoignages dans lesquels je me reconnaissais. Humeur très variable et ultra susceptibilité. En y réfléchissant, il me semble que je n’étais pas comme ça avant. Je n’avais plus l’impression d’être moi-même. Disons que là, les points négatifs commencent carrément à s’accumuler.

La pilule, c’était oublier mon système biologique. En décembre 2014, on me détecte un kyste ovarien de 1,3L, soit presque deux ans après le début du périple pilulaire. Ce qui, à priori, laisse bien le temps à cet ovni de s’installer et de grandir petit à petit. Je n’ai pas fait le lien kyste ovarien - pilule mais plus j’en parle plus cela semble lié. Je prenais une pilule faiblement dosée. Décidément, c’était une vraie casserole. En juin 2017, j’arrête donc la pilule, c’est tout. Je veux laisser à mon corps le temps de retrouver sa place. Je retrouve la joie de l’acné avec inflammation sur la figure et sur le dos. Oh, joie. Je découvre que j’ai une libido. Surprise. Je sens que le système bosse et se remet en route. Je découvre des sensations oubliées. Pilule, game over. »


Regardez aussi notre nouvel épisode de DIVERSIDEAS sur le harcèlement sexuel dans le monde de la nuit.


Lise (21 ans)

Portrait girl Lise

« Il y a deux ans, j’ai voulu commencer à prendre la pilule. J’ai donc pris rendez-vous avec une gynécologue. Elle m’a fait un examen et m’a juste posé quelques questions sur ma santé. Au moment de me prescrire une pilule, le gynécologue se retrouve devant une liste d’une trentaine de noms. Elle a cherché la pilule qui me reviendrait le moins cher. Sur le coup, j’ai pas réfléchi et pensais que toutes les pilules étaient pareilles sauf le prix qui changeait donc je me suis pas inquiétée.

« Je me rends compte seulement maintenant, après deux ans, que tout ça ne doit pas être "normal". »

Mais en y repensant, ça ressemblait plus à du hasard ! J’ai eu pleins d’effets secondaires avec cette pilule, sauf qu’au départ on vous dit que « c’est normal, le corps s’adapte » et vous passez au dessus de tout ça. J’ai pris dix kilos en plus, j’ai attrapé des vergetures, j’ai toujours envie de grignoter quelque chose, mon humeur peut passer de « heureuse » à « triste » en quelques minutes. Je me rends compte seulement maintenant, après deux ans, que tout ça ne doit pas être "normal". J’ai comme projet d’arrêter complètement la pilule. »

Anna (22 ans)

Portrait girl Anna

« J’ai commencé la pilule à 15 ans,
J’avais mes règles deux fois par mois,
Je m’évanouissais de douleur.
Mais la douleur c’est normal,
On a toutes nos règles,
On a toutes mal.
"Tu as un faible seuil de douleur.
Tu joues un peu avec ça,
Ça dépend des caractères"
Les règles ne sont pas invalidantes,
Et pleins de conditions médicales qui,
Sont communes à "beaucoup de femmes de votre âge",
Les deux premiers mois,
Mon corps n’a rien compris.
Puis l’acceptation que les troubles hormonaux,
Géraient une grosse partie de ma vie.
Le contrôle des hormones par la pilule,
M’ont permis d’oublier la douleur,
D’avoir des règles normales,
Le prix à payer depuis sept ans est une lente,
Et inexorable perte de toutes envies sexuelles.
Mon corps s’endort. Il est stable,
Mais il est éteint. »

Elise (27 ans)

Portrait girl Elise

« Quand j'étais toute jeune, j’ai pris la pilule. J’avais un copain, pour moi c’était la marche à suivre. Résultat : une baisse de libido tellement forte que l’intimité avec mon petit ami était devenu un véritable enfer. J’en garde un terrible souvenir ainsi que des traumatismes. Crises d’angoisse, état dépressif, ont fait partie du lot.

« J'ai une endométriose, maladie qui n’a pas de traitement à part la pilule. Je refuse de la prendre. Je préfère souffrir. »

Plus tard, j'ai été diagnostiquée d'une endométriose, maladie à laquelle on ne propose que des traitements "pansement" à base d'hormones, notamment la pilule. Je refuse de la prendre. Je préfère souffrir que de recommencer à m’infliger ce cauchemar. Aujourd'hui, je souhaite me faire opérer. »

Louka (20 ans)

Portrait Louka

« Octobre 2017, j’ai rendez vous chez ma gynécologue, car un homme qui a ses règles c’est pas vraiment facile à vivre. Elle me prescrit une pilule appelée Colprone qui arrête les règles. Je dois prendre deux comprimés par jour. Pendant les deux premiers mois, je n’ai pas eu mes règles, j’étais content puis ensuite il m’est arrivé d’avoir quelque petits saignements, elle m’a dit que ça pouvait arriver, même si c’était rare, mais que c’était sûrement le temps que ça se mette en place. Un mois après, j’avais toujours quelques saignements lors de ma 'période de règles'. J’ai laissé le temps agir, pensant que ça allait se mettre en place.

« Il m’était par la suite impossible d’éternuer ou de tousser, de rigoler trop fort car les douleurs devenaient trop fortes. »

Puis j’ai commencé à avoir de forte douleur au niveau des ovaires, puis il m’était par la suite impossible d’éternuer ou de tousser, de rigoler trop fort car les douleurs devenaient trop fortes. Je suis allé chez le médecin après deux/trois jours où j’avais vraiment mal, j’ai fait une échographie et il a été révélé que j’avais un kyste ovarien, j’ai pris des médicaments et c’est parti.

Ensuite, j’ai eu un autre problème dû à cette pilule du mois de novembre 2017 à début janvier 2018, j’ai eu des saignements tous les jours, ça ne s’arrêtait jamais. Trois mois de règles permanentes... puis j’ai décidé d’arrêter la pilule et la gynécologue n’a pas su m’expliquer pourquoi ça ne fonctionnait pas sur moi. Début février, j’ai commencé mon traitement hormonal qui a lui même arrêté mes règles. »

Marie (25 ans)

Portrait girl Marie

« L’année dernière, j’ai décidé d’arrêter la pilule juste par curiosité. J’avais entendu parler de changements radicaux au niveau du corps et de l’humeur, puis à ce moment-là, je n’avais pas de partenaire régulier, et l’idée aussi de les « tester » pour voir s’ils amenaient d’eux-mêmes un préservatif ne me déplaisait pas. Quasi immédiatement et d’une manière que j’ai du mal à expliquer, je me suis sentie plus légère, surtout mentalement. Mon corps aussi s’est modifié, moins gonflé, et surtout j’ai senti que j’avais moins d’épisodes de mélancolie et de déprime. Sexuellement, aussi j’ai redécouvert le plaisir : c’est comme si mes orgasmes avaient été enfermés six ans dans un placard au fond de l’appartement. J’ai eu l’impression de reprendre possession de mon corps, vraiment.

« Sexuellement, c’est comme si mes orgasmes avaient été enfermés six ans dans un placard. J’ai eu l’impression de reprendre possession de mon corps, vraiment. »

J’ai aussi découvert plus tard que la pilule m’aurait causée deux nodules – pour l’instant bénins - sur le foie (que je devrais faire observer régulièrement), et aussi qu’elle avait fait exploser mon taux de cholestérol et de triglycérides, si bien que mon médecin m’a mise en garde contre un éventuel arrêt cardiaque. J’ai dû suivre un régime drastique après ces examens sanguins inquiétants : supprimer alcool, tabac, gras, sucre. Ça a été très dur, je l’ai vraiment vécu comme une punition, j’ai tenu deux mois puis j’ai juste repris un mode de vie normal, comme avant, sans excès mais sans vivre comme une nonne non plus. À l’arrêt de la pilule plusieurs mois après, tout était revenu à la normale.

Il n’y a pas longtemps j’ai rencontré quelqu’un et la question de la contraception s’est de nouveau posée. Je me suis rendue dans un centre spécialisé en contraception pour parler de mon expérience et avoir leur avis, ils m’ont juste dit de reprendre la pilule ou bien de mettre un stérilet mais que "ça allait me faire super mal à la pose". Pour ne pas laisser traîner les choses, j’ai donc repris la pilule. Je regrette déjà et je compte passer au stérilet sans hormones au plus vite, même si j’ai toujours l’impression de devoir choisir entre la peste et le choléra. »

Laura (22 ans)

Portrait girl Laura

« Début 2016, à l’âge de 17 ans, j’ai décidé, sous les conseils de ma gynécologue, de commencer à prendre la pilule Deso 20. J’avais, auparavant, déjà testé le patch contraceptif. Celui-ci me convenait assez bien mais je rencontrais divers inconvénients au niveau pratique et esthétique qui m’ont convaincue de changer. J’ai donc commencé Deso 20 à la fin du mois de janvier 2016, et curieusement cette année fût surement une des plus difficiles pour moi autant sur le plan mental que physique.

« J’espère qu’un jour la science pourra enfin étudier de plus près ce sujet afin de proposer des solutions moins contraignantes et moins dangereuses pour la santé. »

En effet, j’ai toujours été de nature plutôt anxieuse mais cette année-là, tout s’est décuplé. Mes petits tracas se sont transformés en crises d’angoisses et mes petites peurs en réelles phobies. De plus, aux environs du mois d’avril, après trois mois sous pilule, j’avais déjà perdu 6kg, je pesais donc seulement 46 kg pour presque 1m70. J’ai également commencé des phobies alimentaires, j’étais donc souvent fatiguée et je n’avais plus assez de force pour suivre le rythme durant mes cours de danse. Ce cercle vicieux a duré presqu’un an. Début 2017, j’ai décidé de ne plus me laisser aller et j’ai tout doucement repris du poids pour retrouver une vie et une corpulence plus saine.

Aujourd’hui, je suis toujours sous Deso 20 mais je vais mieux, je fais maintenant 55 kg et je me sens bien dans mon corps. Mes angoisses sont toujours bien présentes mais je ne les laisse plus prendre le dessus. À l’inverse, ma libido, elle, est toujours inexistante bien évidemment… J’ai beaucoup hésité à arrêter la pilule mais ma gynécologue n’a malheureusement pas été très réceptive à ce sujet et m’a plutôt encouragée à continuer un moyen de contraception hormonale. À l’heure actuelle, je continue de m’informer sur les effets secondaires des hormones ainsi que sur les avancées scientifiques concernant la pilule pour hommes. J’espère qu’un jour la science pourra enfin étudier de plus près ce sujet afin de proposer aux femmes et aux hommes des solutions moins contraignantes et moins dangereuses pour leur santé. »

Marie (20 ans)

Portrait girl Marie

« J’ai commencé à prendre la pilule quand j’avais environ 15 ans pour réguler mes règles et aussi pour soulager mes douleurs. Vers mes 16 ans, j’ai commencé à avoir une vie sexuelle régulière. Cependant, ma première pilule me donnait des douleurs atroces au moment des règles et m’avait fait prendre presque cinq kilos. J’ai donc au bout d’un an et demi, décidé de changer de pilule. J’ai reperdu presque tout de suite mes cinq kilos, et les douleurs lors des règles se sont apaisées. J’ai dû encore changer de pilule parce que l’autre n’était plus commercialisée.

« Ma première pilule me donnait des douleurs atroces au moment des règles et m’avait fait prendre presque cinq kilos. »

Au niveau des règles, ça allait, je n’en avais pas beaucoup et je n’avais pas extrêmement mal. Cependant j’avais très souvent des douleurs lors des rapports, et j’avais beaucoup de problèmes de sécheresses et d’irritations, cela presque quotidiennement. J’ai donc décidé d’arrêter la prise de pilule, pour ces raisons, et aussi parce que je n’avais plus de relations sexuelles régulières.

Aujourd’hui, j’ai un poids stable, plus aucune sécheresse ni irritation, ni de douleur lors des rapports. Par contre j’ai un peu d’acné, des règles pas très régulières, douloureuses et assez abondantes, ainsi qu’une pilosité plus conséquente. Je pense que ces petits soucis vont se régler d’ici quelque mois. »

Découvrez d'autres photographes belges mis à l'honneur sur VICE en cliquant ici__. Vous êtes vous-même un·e photographe de talent avec une série percutante ? Envoyez-nous un mail à beinfo@vice.com.

Retrouvez Valentine et VICE Belgique sur Instagram.