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Des artistes ont réalisé une carte sonore du métro de Londres

Mind the gap between the train and the platform.
25.8.16

Il existe déjà de nombreuses cartes du métro de Londres, des plus pratiques aux plus artistiques. Mais, de fait, ces cartes font appel à un seul de nos sens : la vue. Le projet Cities and Memory, quant à lui, vous demande d'ouvrir grand vos oreilles afin de parcourir « la première carte sonore » du métropolitain.

« La carte de métro est en symbole en soi, » auquel les Londoniens se sont attachés. Pourtant, les bruits de la ville et de ses souterrains ne sont pas moins iconiques. Ils participent tout autant à l'identité de Londres, » nous explique Stuart Fowkes, à l'origine du projet, dans un entretien téléphonique. De la fermeture des portes à l'annonce « Attention à la marche en descendant du train » (Mind the gap between the train and the platform), ces sons rythment le quotidien des locaux tout autant que celui des touristes.

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La carte est présentée comme une carte de métro traditionnelle, dont les 55 stations seraient associées à des sons. Chacune propose deux types d'enregistrement : un enregistrement documentaire (city) et des variations des sons documentaire (memory) qui fonctionnent comme des souvenirs d'une atmosphère donnée. En voici une playlist :

Les sons ont été enregistrés grâce au London Sound Survey, qui collecte divers bruits de la vie courante dans la vie et met en évidence leurs changements au cours de la journée. Les bénévoles n'avaient qu'à se rendre dans une station de métro, utiliser un enregistreur audio portable, puis éditer la bande sonore afin d'en améliorer la qualité.

« Impossible de tricher. Il faut être physiquement au bon endroit au bon moment pour enregistrer un son intéressant, » ajoute Fowkes.

« Les gens ne réalisent pas qu'ils perdent la mémoire des sons passés. »

Les fichiers audio ont ensuite été uploadés sur une base de données, et des artistes se sont employés à créer des mix sonores afin de recréer l'atmosphère des lieux de la manière la plus touchante possible. Il est sorti de tout cela une large gamme de bruits, musique drone, ambient, techno, rumeurs de conversations et annonces de voix désincarnées. La plupart des artistes sont londoniens mais quelques autres, en provenance de l'étranger, ont apporté un peu de diversité à l'ensemble.

Pour Fowkes, il s'agissait de créer une sorte d'archive du paysage sonore de Londres. « Les sons changent vite, très vite, dans notre environnement. Puis ils sont perdus à jamais, sans que nous ne nous en rendions compte, » explique-t-il. Certains sont restés cultes, comme les bruits de vieux modem ou les sonneries Nokia. Pourtant, la plupart des sons disparaissent lentement de notre mémoire.

Fowkes espère que les remix, quant à eux, encourageront les voyageurs à mieux apprécier les ambiances sonores qui se dessinent autour d'eux en permanence. Le projet Cities and Memory est ouvert à toutes les participations : vous pouvez donc y contribuer afin d'enrichir l'atlas global des sons urbains, en Europe et ailleurs.