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Allez donc vous faire FOUDRE!

Mondkopf, Saåad et une partie d’Oiseaux-Tempête se sont réunis pour vous offrir 41 minutes de décharge live en plein cœur d’une église parisienne. Interview et écoute intégrale.

par Romain Gonzalez
17 Février 2017, 2:55pm

Photos - Grégoire Orio

Ça fait maintenant près de deux ans que je connais Frédéric D. Oberland, un type qui slalome de projet en projet avec autant de facilité et d'élégance qu'Adrien Rabiot face aux milieux de terrain cinq étoiles du Barcelone de Luis Enrique. Frédéric, c'est le type qui prend part à Oiseaux-Tempête et au Réveil Des Tropiques avec toujours la même réussite face aux cages. Depuis quelque temps, il actionne ses instruments les plus singuliers – vielle à roue, bouzouki, mellotron – dans le cadre de son dernier projet, FOUDRE!, qui rassemble Grégory Buffier et Romain Barbot – les gars de Saåad – Paul Régimbeau – plus connu sous son nom de scène, Mondkopf – Christine Ott et lui-même.

En juin 2015, ces cinq-là se réunissaient au cœur de l'un des symboles du gothique flamboyant parisien, l'église Saint-Merry, pour délivrer à leurs ouailles ébahies un concert live accompagnant la diffusion d'EARTH – film expérimental réalisé par le Singapourien Ho Tzu Nyen. Aujourd'hui, c'est à l'ensemble de leurs fidèles qu'ils s'adressent en sortant ce live chez Gizeh Records, en vinyle et en édition limitée. Troisième album d'un groupe qui oscille entre drone, ambient et post-rock, EARTH accompagne le film du même nom et rappelle qu'Oberland, Buffier, Barbot, Régimbeau et Ott n'ont que peu d'égaux au sein de notre Hexagone chéri.

Deux ans après ma première interview d'Oiseaux-Tempête pour Noisey, j'ai chopé mon enregistreur, mon bloc-notes et mon sac fétiche pour rejoindre Pigalle et la tanière de Frédéric. Celui-ci m'a accueilli en compagnie de Paul pendant un long moment, avant de m'emmener déguster un délicieux magret au miel puis de m'offrir un verre de whisky japonais avec Brian Eno en accompagnement. J'ai également discuté avec Grégory et Romain par mail, et tous ces joyeux échanges vous permettront d'en savoir plus sur ces stakhanovistes du drone français – après avoir évidemment écouté avec recueillement leur nouvel album.

Noisey : Vous vous connaissez d'où, en fait ?
Paul Régimbeau : Notre rencontre a eu lieu en deux temps. J'ai d'abord rencontré Romain et Greg, de Saåad, puis Fred.

Frédéric D. Oberland : De mon côté, j'ai tout d'abord rencontré Romain, qui était graphiste. C'est lui qui a bossé sur la pochette du disque de remix d'Oiseaux-Tempête, Re-Works. Il y a quelques années, je me rendais souvent à Toulouse et je me suis dit que ça serait génial de faire un truc avec Romain et Greg. J'ai ramené mes synthés et je me suis retrouvé à enregistrer avec eux. En quelques sessions, on a abouti à la création de Magnum Chaos, notre première cassette. Via les Saåad, j'ai fini par rencontrer Paul, dont je connaissais la musique.

Paul Régimbeau : C'est ça. J'ai rencontré Fred via Saåad, groupe que je connais depuis quelques années vu que je joue avec Greg dans Autrenoir. La proposition de live dans l'église Saint-Merry est tombée à cette époque-là, et on s'est rapidement mis d'accord pour le faire ensemble.

Romain Barbot : Quand Fred m'a proposé de jouer à Saint-Merry, j'ai été de suite enthousiaste. Jouer dans une église est toujours quelque chose de fort, à la fois en termes d'acoustique qu'en termes d'énergie. À l'époque, avec Saåad, on était en plein mix de Verdaillon, donc on peut dire qu'on était en plein dans notre phase « église » !

Frédéric D. Oberland : Dès que j'ai reçu la proposition de jouer à Saint-Merry pendant la diffusion du film EARTH, je me suis dit que ça serait génial d'avoir Paul à mes côtés, ainsi que Christine Ott aux ondes Martenot. Le film se prêtait bien aux structures électroniques de Paul et à la dimension un peu orchestrale de Christine.

Le truc, c'est que Christine habite à Strasbourg. Au début, on répétait donc à quatre avec Paul sur Paris – sans Christine. On testait des textures, on enregistrait tout, un peu à l'arrache. Ça a permis de faire émerger certains thèmes. EARTH n'est pas qu'une longue improvisation, comme pouvait l'être Amor Mundi.

Comment en êtes-vous venus à bosser sur ce film expérimental ? Frédéric D. Oberland : Silke Schmickl – en charge du festival « Singapour mon amour » – est une amie depuis un bail. Depuis l'époque où je faisais du film expérimental, en fait. Un jour, elle m'a dit qu'elle aimerait bien que je me produise avec l'un de mes projets dans l'église Saint-Merry, dans le cadre de son festival. J'ai immédiatement pensé à FOUDRE! J'ai envoyé le film aux gars, on en a discuté, et voilà.

Et comment avez-vous bossé par rapport à ce film ?
Frédéric D. Oberland : Au début, on regardait le film sans le son. EARTH a été projeté à de nombreuses reprises par le passé. Très souvent, des bandes-son ont été réalisées par-dessus, en direct. Black To Comm s'y est collé, tout comme Oren Ambarchi. On a vraiment voulu travailler sans avoir écouté ces propositions.

Paul Régimbeau : En regardant les images, on a très vite compris quel rôle on allait jouer. Bien que le film soit une sorte de plan-séquence, il reste très expressif, très cinématographique. C'était très facile de travailler sur une œuvre comme celle-là. Il fallait simplement ne pas tomber dans le cliché, le pathos, la simple illustration. On se devait d'être inspirés, inventifs.

Romain Barbot : Selon moi, ce film fonctionne un peu comme notre musique. Même s'il y a des repères, c'est au spectateur/auditeur de trouver son chemin à l'intérieur. Le film fonctionne en tableaux et je me rappelle que l'on a essayé de respecter cette logique dans la construction de notre bande-son.

Le film a vraiment servi de trame, et je pense qu'on peut plus parler d'inspiration que d'influence dans ce cas-là. Sans le film, la structure de notre pièce aurait sans doute été complètement différente.

En tant que musiciens, comment faites-vous pour ne pas uniquement « coller » à un film ? Ça a beau être du cinéma expérimental, c'est très référencé. Ça peut être difficile de s'éloigner de tout ça.
Frédéric D. Oberland : Je pense que chaque film, quand tu fais une BO, a des contraintes différentes. Pour celui-ci, ce qui tombait bien et était cohérent avec notre travail, c'est qu'il y avait un souffle régulier du début à la fin. On n'avait donc pas pour ambition de créer une simple musique collant au film mais bien de proposer quelque chose qui dépassait le cadre de ce qui s'affichait sur l'écran. Quand tu as en face de toi une séquence de 40 minutes à illustrer, tu peux te permettre de créer quelque chose de très différent d'une simple BO de film. Au fond, on n'avait qu'à choisir l'air et les premiers éléments de base, et c'était parti.

Paul Régimbeau : C'est à partir de cette base que l'on a travaillé les détails, en s'accordant des moments d'improvisation – ce qui nous permettait de nous éloigner du film, de le dépasser.

Grégory Buffier : J'adore vraiment cet exercice d'improvisation. Ça demande une attention particulière. Il faut être à l'écoute de ses partenaires, savoir s'effacer pour mieux revenir. J'aime le côté spontané de la chose.

EARTH a un côté hyper baroque, de par son utilisation du plan-séquence et sa juxtaposition de tableaux « classiques ». En tant que musiciens, j'imagine que c'est un plaisir de bosser sur une œuvre visuelle qui a un côté un peu épique.

Paul Régimbeau : Oui, on peut parler de côté épique, clairement. Ça nous a donné énormément de plaisir, et en plus on a joué dans une église – ce qui permet de jouer fort, de se laisser prendre par le souffle du projet.

Frédéric D. Oberland : C'est vrai que l'atmosphère était unique. L'écran était très grand et recouvrait presque entièrement le Christ. En plus, on avait fait brûler de l'encens au début. Nous, on jouait en rond face au film, dos au public.

L'important était d'équilibrer le côté épique – lié au cadre et au film, qui utilise des notions grandiloquentes comme la résurrection, la mort – et le côté intime, équilibré.

Paul Régimbeau : C'est là tout le paradoxe du film. Tu as une œuvre qui, par certains aspects, est ouvertement épique, mais qui en même temps met en scène des personnages fixes – et qui ne contient aucune ligne de dialogue. C'est le tour de force d' EARTH, qu'on a tenté de dupliquer en musique. Il ne fallait pas non plus trop en faire et se mettre à utiliser des timbales, par exemple.

Dans EARTH, j'ai cru déceler quelques sonorités très inspirées de Vangelis et de sa B.O. de Blade Runner.
Paul Régimbeau : Ça, c'est à cause de moi je pense !

Frédéric D. Oberland : Honnêtement, ça fait partie des B.O. qui m'ont marqué.

Paul Régimbeau : Vangelis, Tangerine Dream – ces B.O. étaient incroyablement futuristes pour leur époque. Aujourd'hui, je ne réaliserais pas ces B.O.-là pour accompagner des films « grand public ». Pour un film de science-fiction, je trouverais ça un peu trop attendu.

Toujours est-il que les B.O. des années 1970-1980 ressortent instinctivement quand je joue – d'autant plus que EARTH baigne dans une atmosphère rétrofuturiste un peu étrange, avec des néons.

Frédéric D. Oberland : Moi, j'ai l'impression que le film, dans son hommage au Caravage ou à De la Tour, aurait pu appeler de la musique classique – c'était d'ailleurs le choix de Black To Comm, avec une utilisation de la harpe, par exemple. Je trouvais ça plus intéressant pour nous d'aller dans une direction différente – pas réellement futuriste, mais qui appartient à notre imaginaire collectif.

Après, je rejoins Paul quand il dit que dans le cadre d'une B.O. d'un film plus traditionnel, on aurait bossé différemment, en s'adaptant sans doute plus au film.

Grégory Buffier : De mon côté, je pense que j'aurais utilisé le même matériel mais qu'en fonction de la dynamique et du ton du film, l'intention aurait été sûrement différente.

Paul Régimbeau : Personnellement, j'aurais tout fait pour créer une œuvre indépendante !

C'est à mon sens le cas de la B.O. de Blade Runner, qui s'écoute encore aujourd'hui sans qu'on ait besoin de regarder le film.
Paul Régimbeau : Clairement. Ça change des B.O. de films de science-fiction contemporains, qui ne peuvent pas s'écouter en dehors du film.

C'est un peu la jurisprudence Hans Zimmer…
Frédéric D. Oberland : C'est une horreur Hans Zimmer.

Paul Régimbeau : C'est là où l'on ne se rejoint pas avec Fred ! Personnellement, j'aime son travail. Pour moi, la B.O. d'Interstellar est magnifique. Il y a une vraie réflexion sur l'enregistrement de la musique, par exemple. Le gros problème, c'est que tout le monde tente de copier Hans Zimmer. Résultat : on a de la musique au kilomètre, sans saveur. Quand il y a des passages épiques, les gars vont faire de la musique épique, etc. Il n'y a aucun contraste. C'est plus du fond sonore que de la musique.

Frédéric D. Oberland : Sur ça, je suis d'accord avec toi ! Il y a quelques contre-exemples, quand même. Je peux te citer la B.O. d'Under the Skin, qui est incroyable et amène un souffle au film.

Paul Régimbeau : On pourrait aussi parler de la B.O. d'It Follows, une sorte de dépassement et de destruction de John Carpenter.

Question purement factuelle, maintenant. Pourquoi avoir attendu un an et demi avant de sortir ce disque ? 
Paul Régimbeau : Disons qu'on était très occupés. En plus, le temps de trouver un label, de créer l'artwork, de presser le vinyle…

Frédéric D. Oberland : De mixer aussi !

Paul Régimbeau : Oui, clairement. En mixant, on a réalisé des partis pris. On avait plusieurs choix qui se présentaient à nous. Est-ce qu'on voulait « rester » dans l'église en respectant l'ambiance générale ou au contraire rentrer plus dans le son – ce genre de choses. Samuel Navel, responsable du mixage, a fait un travail remarquable, en étant capable d'enlever l'ambiance de l'église et de la remettre dès qu'on le souhaitait. Ça a permis de réaliser un va-et-vient entre le live et un son plus « pur ».

Frédéric D. Oberland : Dès qu'on a pensé à la performance, on en a parlé à Samuel. Christine avait déjà bossé avec lui, et moi aussi avec Oiseaux-Tempête. Lors de l'enregistrement, il a pris soin de placer les micros aux endroits stratégiques de l'église, autour de nos instruments, etc. Derrière, ça nous a permis de mixer l'ensemble avec beaucoup de finesse. Tout ça a pris du temps.

En plus, on a tous pas mal de projets à côté, et il fallait trouver des créneaux en commun.

Comment arrivez-vous à jongler entre vos différents projets sans vous « perdre » musicalement ?
Paul Régimbeau : Honnêtement, on ne change pas vraiment de « costume » quand on passe d'un projet à un autre. Greg va faire ce qui lui plaît le plus, qu'il travaille sur Saåad, Autrenoir ou FOUDRE! Pareil pour Fred, pour Romain ou pour moi. Qu'il s'agisse de Mondkopf, d'Autrenoir ou de FOUDRE!, je suis toujours attiré par les sonorités basses, puissantes.

Grégory Buffier : Je suis d'accord avec ça. Je bosse de la même manière avec Saåad et FOUDRE!

Frédéric D. Oberland : De mon côté, j'utilise les mêmes instruments : des synthés, une vielle à roue, une boîte à bourdons, le mellotron quand c'est possible.

EARTH paraît plus « construit » musicalement que ne l'était Amor Mundi – qui était un album beaucoup plus proche de ce qu'on peut attendre d'une formation drone. Comment l'expliquez-vous ?
Frédéric D. Oberland : Pour Amor Mundi, on a dû s'adapter à notre environnement. L'album a été enregistré en live dans une galerie, et il n'y avait pas forcément beaucoup de place. Romain n'avait amené que son modulaire, par exemple – il avait laissé de côté son ordinateur.

Paul Régimbeau : De mon côté, dans cette galerie, je n'avais amené qu'un seul synthé – et pas deux comme pour EARTH. Forcément, le son était plus épuré, plus monolithique.

Après, il y a tout de même une constante : quand je joue avec Autrenoir ou en tant que Mondkopf, j'ai envie qu'il y ait un sound system très précis. Je suis hyper perfectionniste. Dans FOUDRE!, c'est différent. Je m'adapte aux conditions, aux gens qui m'entourent. C'est assez libérateur, dans un sens.

FOUDRE! semble s'éloigner énormément de ce que tu produis habituellement, non ? Même si, depuis ton album Hadès, tu as déjà beaucoup modifié ton approche de la musique électronique, la différence est notable.
Paul Régimbeau : C'est vrai, et cette évolution continue. D'ailleurs, ma participation à FOUDRE! a considérablement influencé mon prochain disque – notamment au niveau de l'improvisation.

Et toi Fred, comment juges-tu la différence entre ton travail avec Oiseaux-Tempête et celui réalisé dans le cadre de FOUDRE! ?
Frédéric D. Oberland : C'est complètement différent. Avec Oiseaux-Tempête, l'approche est plus « globale » – on voyage, on fait des recherches, on réalise des projets vidéo avec As Human Pattern, on invite des musiciens comme G. W. Sok, etc. On a mis un an à construire le nouvel album d'Oiseaux-Tempête, ce qui diffère d'un enregistrement live. C'est une manière tout à fait différente d'envisager la création, même si l'intensité que je peux mettre dans FOUDRE! et dans Oiseaux-Tempête est la même.

Personnellement, je ressens constamment ce besoin de bosser sur plusieurs projets à la fois, pour ne pas me sentir « prisonnier ». Tous mes projets se nourrissent et me permettent de trouver des solutions plus rapidement quand je bute sur des difficultés.

Paul Régimbeau : FOUDRE! nous permet d'apprendre les uns des autres. Si tu tends l'oreille, tu remarques que sur EARTH, à de nombreuses reprises, l'un de nous arrête de jouer et se contente d'écouter les autres. Quand tu fais ça, tu regardes tes camarades créer en direct – ce qui est jouissif.

Frédéric D. Oberland : On peut dire qu' EARTH a une dimension un peu « confuse » et que c'est ce qui nous plaît là-dedans. Lors la première écoute du live, on était incapables de dire qui jouait quoi.

Et quel regard portez-vous sur l'importance du live ?
Paul Régimbeau : Avec Mondkopf, je n'ai jamais joué en live les titres que j'avais sur mes disques. J'ai toujours tenu à les réarranger, à les modifier. Au final, j'en venais à jouer les mêmes lives, avec plus ou moins de variations. Aujourd'hui, je me demande s'il ne vaudrait mieux pas aller encore plus loin et repartir presque de zéro.

Avec FOUDRE!, j'ai enregistré des morceaux improvisés que je serais incapable de rejouer en live. Dans cette optique-là, je devrais peut-être faire la même chose avec Mondkopf.

Frédéric D. Oberland : À titre personnel, je ne participe plus à aucun groupe qui « joue » les morceaux de ses albums en live. Ça m'a gavé très rapidement quand j'étais plus jeune – notamment quand tu vois les gens taper dans leurs mains pendant un concert parce qu'ils savent ce qui va se passer dans les secondes qui viennent. C'est épouvantable, et c'est techniquement hyper perturbant. Personne ne tape correctement dans ses mains, malheureusement.

Après, il ne faut pas oublier qu'un certain cadre permet de toujours retomber sur ses pieds, notamment en tournée, quand tu es incapable de produire un nouveau live chaque soir. La création ex nihilo en quantité industrielle, c'est impossible.

Justement, vous allez tourner avec FOUDRE! ?
Grégory Buffier : Je n'attends que ça de mon côté ! Ça me rappellera les longues balades en camion que j'ai pu faire avec Selenites, mon groupe de post-hardcore.

Frédéric D. Oberland : Disons que ce n'est pas vraiment prévu pour le moment. Tu sais, les institutions culturelles sont assez frileuses quand il s'agit de programmer des formations comme FOUDRE!, qui misent sur l'improvisation.

Paul Régimbeau : Nous, on aimerait bien jouer ailleurs que dans des églises ou des galeries d'art, même si c'est un plaisir. On peut jouer partout, dans des salles de concert, voire chez ta mère !

Eh bien, c'est entendu Paul. Je lui proposerai. Merci Messieurs.

On vous fait gagner des places pour leur concert au Petit Bain le 5 avril, à Paris.


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