FRANCE

Les vieilles voitures interdites de rouler à Paris en journée

Ce vendredi, une nouvelle restriction de circulation à Paris s’applique aux véhicules immatriculés avant 1997 et aux deux-roues antérieurs à 1999. Cette mesure entend diminuer la pollution de l’air, qui est la troisième cause de mortalité en France.
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Image via Spielvogel / Wikimedia commons

À partir de ce vendredi, les vieilles voitures sont interdites de circulation dans la journée dans Paris. La capitale française devient ainsi la première ville de France à mettre en place une « zone de circulation restreinte », au sein de laquelle les véhicules les plus polluants sont bannis.

La restriction concerne les véhicules particuliers mis en circulation avant le 1er janvier 1997, les véhicules utilitaires datant d'avant le 1er octobre 1997, ainsi que les deux roues motorisés antérieurs au 1er juin 1999, qu'ils roulent à l'essence ou au diesel. Ces différents véhicules ne peuvent plus se déplacer dans Paris en semaine, de 8 heures à 20 heures.

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Certaines catégories de véhicules font cependant l'objet de dérogations. Les véhicules d'intérêt général prioritaire (voitures des services de police, des douanes, de lutte contre l'incendie etc.) ou d'intérêt général bénéficiant de facilités de passage (ambulances, transports de fonds de la Banque de France, etc.) pourront par exemple circuler librement. Idem notamment pour les véhicules d'approvisionnement des marchés parisiens, ou certains véhicules de collection.

Un plan antipollution

Cette mesure de la mairie de Paris s'inscrit dans un plan antipollution, lancé le 1er juillet 2015 avec l'interdiction des bus, cars et poids lourds datant d'avant le 1er octobre 2001 dans la capitale. Elle est rendue possible par la loi de transition énergétique du 17 août 2015, qui permet aux communes de restreindre la circulation de certains véhicules, dans le but d'améliorer la qualité de l'air.

Le plan antipollution se fera en plusieurs étapes. Comme l'indique Le Monde, cette première interdiction s'étendra dès le 1er juillet 2017 aux poids lourds immatriculés avant octobre 2006 et aux véhicules particuliers et utilitaires diesel d'avant janvier 2001. D'autres étapes seront franchies de 2018 à 2020. La maire de Paris, Anne Hidalgo, espère ainsi « éradiquer » d'ici à 2020 les diesels et les véhicules essence polluants.

L'interdiction mise en place ce vendredi est pour l'instant dans une phase de « sensibilisation », comme le précise Le Parisien. Durant trois mois, aucun automobiliste ne sera verbalisé. À partir du mois d'octobre cependant, une infraction sera punie d'une amende de 35 euros.

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Pour le moment, les contrôles se feront sur la base de la carte grise du véhicule. Mais à partir du 1er juillet 2017, des vignettes à coller sur le véhicule et indiquant son niveau de pollution seront obligatoires. Appelées vignettes « crit'air », elles se décomposent en six couleurs (vert, violet, jaune, orange, bordeaux et gris), du véhicule le plus propre au plus polluant. Coûtant 4,5 euros, elles sont disponibles dès ce vendredi sur le site dédié certificat-air.gouv.fr.

Colère d'automobilistes

La nouvelle restriction à la circulation a déjà suscité la colère de certains automobilistes. En mai, l'association 40 millions d'automobilistes a lancé une action en justice collective contre la mairie de Paris pour réclamer des indemnisations.

Pour limiter les mécontentements, la mairie de Paris a mis en place des aides destinées aux habitants de la capitale. Plafonnées à 400 euros, elles peuvent correspondre à une aide pour l'achat d'un vélo (électrique ou non) ou à un an d'abonnement aux transports en commun (Pass Navigo). En contrepartie, les Parisiens doivent renoncer à leur voiture individuelle.

L'objectif de ces initiatives est d'améliorer la qualité de l'air dans la capitale, et il y a urgence. Selon une étude menée par l'agence Santé publique France et publiée le 21 juin, la pollution de l'air aux particules fines est à l'origine de 48 000 décès par an en France, ce qui est en fait la troisième cause de mortalité dans le pays. Les chercheurs ont établi que l'espérance de vie d'une personne âgée de 30 ans vivant dans une zone urbaine de plus de 100 000 habitants chute en moyenne de 15 mois.

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Le Monde dévoile ce vendredi les premiers résultats d'une étude d'impact du plan antipollution confiée par la mairie de Paris à Airparif, l'observatoire de la qualité de l'air en Ile-de-France. Selon eux, les restrictions actives à partir de ce vendredi entraîneraient une baisse de 5 pour cent des émissions d'oxydes d'azote (NOx), de 3 pour cent des émissions de particules fines PM10 (diamètre inférieur à 10 micromètres) et de 4 pour cent des particules PM2,5 (diamètre inférieur à 2,5 micromètres).

Mais, dans une interview accordée au Parisien, le Dr Charles Brahmy met en garde contre l'efficacité d'une telle initiative. Le pneumologue, spécialiste des maladies allergiques et tabacologue à l'hôpital de Hôtel-Dieu et à l'hôpital de Nanterre, assure qu'il faudrait que la mesure soit plus étendue et appliquée partout pour avoir un réel impact. « Instaurer ce type de mesures locales, uniquement dans les grandes villes, cela ne suffira pas : la pollution ne s'arrête pas à la sortie des grandes villes ! », lance-t-il.

Une autre mesure phare de la loi sur la transition énergétique entre en vigueur ce 1er juillet en France : l'interdiction des sacs plastique à usage unique délivrés en caisse. En janvier 2017, les sacs et emballages en plastique mis à disposition pour emballer les denrées alimentaires seront aussi supprimés.


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