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Crime

L'organisation État islamique a produit un guide d'utilisation des esclaves yazidies

D'après ce document, catalogue glaçant de conduites et pratiques, il est par exemple acceptable d'avoir de violer une esclave prépubère si elle n'appartient pas à un autre soldat.
12 décembre 2014, 2:20pm
Photo via AP/Hadi Mizban

Une brochure glaçante, sur le mode d'un formulaire de « questions fréquemment posées », répond à des questions sur le traitement des esclaves femmes yazidies détenues par l'organisation État islamique (EI).

Ce document, qui aurait été produit par le département de recherche et fatwa de l'EI le mois dernier, est intitulé Su'al wa-Jawab fi al-Sabi wa-Riqab, « Questions et réponses à propos des esclaves et autres captifs, » d'après une traduction anglaise du Middle East Media Research Institute, qui surveille les activités terroristes dans la région du Moyen-Orient.

On trouve par exemple la question suivante :« Est-ce qu'il est permis de se marier avec une [esclave] musulmane, ou une esclave kitabiyya [une incroyante, catégorie qui comprend les juives et les chrétiennes] ? » La réponse est non, à moins que le militant estime qu'il ne pourra pas résister au « péché de fornication » avec elle.

Un autre problème soulevé par le guide, c'est la punition appropriée pour les esclaves fugueuses. La réponse n'est pas très claire, parce qu'il n'y a pas de châtiment établi, d'après l'interprétation particulière que les militants font de la Charia, l'ensemble des règles islamiques appliquées par le califat autoproclamé. Elle « doit [être] punie [de manière à] dissuader les autres de s'échapper », est-il écrit dans la brochure.

D'autres règles imposées par le groupe extrémiste établissent que les combattants ne peuvent pas coucher ou embrasser les esclaves des autres, puisque les femmes ont un autre propriétaire. Tous les militants de l'EI doivent purifier l'utérus de leurs esclaves avant d'avoir un rapport avec elles ; et « Il est autorisé d'avoir des rapports sexuels avec une esclave qui n'est pas encore pubère si elle est en état d'avoir un rapport sexuel. »

La brochure aborde également certains comportements interdits, notamment l'interdiction de porter des coups « dans le but d'atteindre une gratification ou dans le but de torturer » et celle de frapper les esclaves au visage. Les militants de l'EI n'ont pas non plus le droit de séparer une mère de son enfant prépubère, mais il est « permis de les séparer si les enfants sont grands. »

Les Yazidis sont un groupe de la minorité kurde irakienne. C'est l'une des communautés les plus persécutées du pays. Des centaines de milliers de Yazidis ont été déplacés par la guerre sanglante que mène l'EI dans la région depuis cet été, et beaucoup d'entre eux ont trouvé refuge dans les montagnes Sinjar et les territoires tenus par les Kurdes au nord de l'Irak, d'après l'ONU.

L'ONU a estimé que près de 2 500 Yazidis, surtout des femmes et des enfants, sont tenus captifs par l'EI. Des chercheurs du Woodrow Wilson Center's Middle East Program avancent le chiffre de 7000.

L'horreur du « jour de marché » des esclaves sexuelles de l'EI. À lire ici.

Letta Tayler, dont les recherches à Human Rights Watch (HRW) portent sur le terrorisme et l'anti-terrorisme a mené des entretiens dans la région avec des douzaines de femmes et de filles Yazidis dont certaines avaient à peine douze ans, et qui ont été « vendues » et mises en esclavage après avoir été capturées.

Beaucoup d'entre elles racontent qu'elles ont été séparées de leurs familles et emmenées dans des camions, exposées à des coups et des viols, forcées d'épouser des combattants et violemment forcées à se convertir à l'Islam après avoir vu leurs amis et leurs familles se faire assassiner. Certains de ces témoignages sont détaillés par un rapport d'HRW paru en octobre.

Au début du mois dernier, une vidéo semblant corroborer ces affirmations a été publié. On y voit des soldats de l'EI tranquillement installés dans un salon et discuter en rigolant de la vente et de l'achat de femmes yazidies.

Letta Tayler a dit à VICE News que si HRW ne pouvait pas seule vérifier l'authenticité de la brochure, elle n'était « pas surprise » d'apprendre qu'elle existait et a ajouté que le document était « une nouvelle preuve que l'EI est une organisation criminelle qui essaie de dissimuler ses atrocités sous le couvert de la religion. »

Les Yazidis qui pratiquent une religion proche du Zoroastrianisme sont vus « comme de complets infidèles, pires encore pour l'EIIS que les chrétiens, » a-t-elle expliqué utilisant l'acronyme du groupe. « Ça rend la communauté d'autant plus vulnérable, ajoute-t-elle, ajoutant que « toutes ethnies confondues, les gens devraient condamner ces actes et appeler à une libération immédiate des otages. »

L'État islamique : le reportage complet. À voir ici.

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