Culture

Sophie est de retour pour mieux réinventer la pop

Avec « Oil of Every Pearl’s Un-Insides », la chanteuse et productrice britannique présente une musique synthétique plus vraie que nature.
15.6.18
Image via Transgressive Records

Sophie Xeon a toujours été une énigme, autant pour ses fans que pour la presse. Pour la sortie de son premier album, Product, elle a mis en vente une ligne de chaussures à plateforme, de lunettes et de « produits » en silicone qui ressemblaient étrangement à des jouets sexuels. D’abord connue pour ses sorties sur le label londonien PC Music, il a fallu longtemps avant que l’on apprenne qui elle était vraiment, et, jusqu’à très récemment, les seules photos d’elle étaient de mauvaise qualité et avaient été prises par des fans avec leur téléphone.

Tout cela a changé avec la sortie de It’s Okay to Cry, le premier single de son nouvel album, Oil of Every Pearl’s Un-Insides. Dans le clip, on y retrouvait la productrice à demi nu, visage découvert, chantant une ballade sur une mélodie dénudée et presque dépourvue des textures percussives qui était sa marque de fabrique. Avec le prochain single, Ponyboy, elle effectue un retour à son style habituel, avec des accords simples mais accrocheurs, très pop tout en étant percutants. Pour les chansons où Sophie ne chante pas elle-même, elle a recruté son amie Cécile Believe, la chanteuse montréalaise autrefois connue sous le nom de Mozart’s Sister.

Sur Oil of Every Pearl’s Un-Insides (une hallucination auditive de « I love every person’s insides »), on entend Sophie explorer un côté plus atmosphérique, tout en y ajoutant les bruits synthétiques s’apparentant à des lasers qui caractérisent si bien ses chansons. C’est d’ailleurs la productrice elle-même qui crée ces sons, à partir de fréquences qu’elle manipule à l’aide de différents instruments. « Je veux créer des espaces qui permettront à n’importe quelle expression de prendre place; des espaces libres, musicaux, décadents. Pas décadents d’un point de vue matériel, mais décadents en matière de liberté d’expression totale », racontait-elle récemment à i-D, à propos de sa nouvelle direction musicale.

Pour plus d'articles comme celui-ci, inscrivez-vous à notre infolettre.

Avec cette nouvelle création, Sophie prouve non seulement qu’elle a survécu à la mode qu’a été la néo-pop de PC Music, mais qu’elle peut aussi la dépasser. En multipliant les collaborations avec de « vraies » stars du pop — Madonna, Charli XCX et Nicki Minaj —, la productrice écossaise parvient à faire ce que beaucoup ont tenté de faire auparavant : redonner un vernis expérimental à la pop grand public. La pop est un genre qui est dans les dernières années devenu sûr et aseptisé, et qui mérite de revenir à sa force première : l’émotion brute. Comme le dit si bien Sophie, « faire de la musique devrait toujours provoquer quelque chose ».

Sophie sera de passage à Montréal à l'automne, dans le cadre du festival POP Montréal.

Billy Eff est sur internet ici et .