Des robots tentent d'exciter des humains sur fond de musique douce

Le contact robotique peut-il être aussi érotique que le contact humain ? Des chercheurs de l'Institut Max Planck ont mené l'enquête.
11 septembre 2017, 7:25am
Image : Flickr/xmeeksx

Si vous écoutez une musique suffisamment suggestive, peu importe que vous soyez caressé par un humain ou un robot : vous joues rosiront comme celles d'une jouvencelle.

Pour mieux comprendre la façon dont nous réagissons à la musique et au toucher, des chercheurs de l'Institut de sciences cognitives et de sciences du cerveau Max Planck ont mis en place une série d'expériences au cours desquelles des sujet ont écouté des mélodies suggestives, avant d'être manipulés délicatement par un robot muni d'un petit pinceau.

Les participants ont ainsi écouté 40 extraits de morceaux : parmi eux, 20 étaient "particulièrement affriolants", tandis que les 20 autres étaient "très peu affriolants". Les chercheurs leur ont demandé de s'assoir confortablement, un casque audio sur les oreilles, et de passer leur bras droit au travers d'un rideau de façon à ce qu'il leur soit impossible d'identifier le "caresseur".

De l'autre côté du rideau, une petite machine tournait un pinceau soyeux selon des mouvements circulaires, au contact d'une partie du corps particulièrement sensible - l'intérieur de l'avant-bras.

Lors des deux premières expériences, les chercheurs n'ont pas signalé aux participants qui, de l'humain ou du robot, était en train de les caresser avec une étonnante sensualité. Cependant, un assistant humain était présent dans la pièce tout au long des opérations et faisait des allers/retours réguliers derrière le rideau, de telle manière à ce que les sujets se persuadent qu'ils étaient caressés par un humain.

En réalité, l'assistant avait passé le relai à un robot muni d'un pinceau, qu'il faisait tourner en gardant un contact permanent avec l'avant-bras des participants. Ainsi, même si le "caresseur" n'était qu'un tas de métal fait de circuits et d'engrenages, plus la musique diffusée dans le casque des sujets était sexy, plus la caresse perçue était sensuelle, selon les participants.

Lors d'une troisième expérience, les chercheurs ont étudié un nouveau groupe de personnes qui n'avait pas participé aux deux premiers tests. Cette fois-ci, ils ont prévenu les sujets qu'ils s'apprêtaient à être caressés par un robot. Étonnamment, la réaction des humains a été aussi spectaculaire que lors des deux premières expériences: dès que la musique était suffisamment évocatrice, ils devenaient tout chose.

Le chercheur principale de l'étude, Tom Fritz, m'a expliqué par email qu'il avait fait une observation très intéressante à cette occasion. L'échantillon de personnes étudiées étant très varié, il a observé qu'en moyenne, les participants ne s'accordaient pas du tout sur le potentiel affriolant d'un morceau. En revanche, les personnes possédant le même arrière-plan socioculturel et des personnalités similaires étaient excitées par les mêmes mélodies.

"La musique semble modifier la perception du toucher. Certaines de ses caractéristiques semblent pouvoir être converties directement en sensations tactiles", explique Fritz dans un communiqué de presse. "Ces résultats illustrent également la pertinence de l'hypothèse de la fonction sociale de la musique, qui permet de régler les conduites et les rapports entre êtres humains."

Ainsi, cette étude remet en question l'idée selon laquelle la capacité à ressentir du plaisir musical serait "un trait superficiel" de l'humain, une caractéristique amusante et agréable sans rôle évolutif. Pourtant, si la musique crée des réactions physiologiques qui peuvent motiver des rapports sexuels, il est possible qu'elle ait tenu un rôle dans notre histoire évolutive.

Laissez votre aspirateur souffler à votre oreille sur fond de Barry White, ça vous fera peut-être quelque chose.