BUREAU DES ETUDIANTS

Pourquoi cette année encore, vous allez finir en fac de poterie

« Parcours Sup », c'est bien joli mais le vrai problème, c'est le manque de place dans les universités les plus demandées.
Montage d'après capture de vidéo "Parcours Sup"

Exit « APB », place à « Parcours Sup ». Parce qu’il a laissé 87 000 bacheliers sur le carreau l’année dernière, le système d’attribution des places en formations universitaires a été profondément réformé. Désormais baptisé « Parcours Sup », il se veut plus clair, plus facile d’accès et surtout, plus efficace. Terminés, les algorithmes kafkaïens, les critères sibyllins et les absurdes pastilles de toutes les couleurs… Les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur le promettent : cette fois, les lycéens seront informés en « temps réel » de l’examen de leur candidature et seules trois réponses leur seront apportées – « accepté », « refusé », ou « sur liste d’attente ».

Publicité

Voilà pour la théorie. Mais en pratique, ce système ne résoudra pas d’un coup de baguette magique tous les dysfonctionnements. Car le problème n’est pas APB, ni Parcours Sup mais… le manque de place en fac ! L’année dernière, on comptait 40 000 bacheliers de plus que l’année précédente. Et un bref coup d’œil dans le rétro donne le vertige : leur nombre a doublé en trente ans, passant de 300 000 en 1988 à 641 000 en 2017. Une croissance encouragée par l’ancien ministre de l’Éducation, Jean-Pierre Chevènement, qui rêvait dans les années 1980 d’emmener 80 % d’une classe d’âge au bac. C’est désormais chose faite mais le problème, c’est qu'entre-temps, l’État n’a pas créé autant de places supplémentaires en université. En clair : on a laissé de plus en plus d’élèves obtenir le bac… sans se soucier de ce qu’ils feraient après !

Pire encore, ces dernières années, l’État s’est même illustré par une politique de réduction drastique du budget des universités. En mai dernier, la Cour des Comptes a ainsi tiré la sonnette d’alarme : 15 facs étaient au bord de la faillite, donc parfaitement incapables d’accueillir un nouvel afflux de bacheliers. Et ça n’est pas près de s’arranger puisque Frédérique Vidal, l’actuelle ministre de l’Enseignement Supérieur, a annoncé une coupe de 331 millions d’euros dans le budget des facs.

Moralité : on peut changer chaque année le système d’attribution, cela n’aura aucun impact. Tant que de nouvelles places en fac ne seront pas créées, des bacheliers resteront toujours en rade. Au fond, mieux vaut commencer à pousser les murs des universités, ça sera plus efficace !