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Je suis allé à un « séminaire » pour apprendre à me battre dans les bars

Avec quelques notions de Krav Maga et deux-trois tessons de bouteilles, vous pourrez gagner n’importe quelle baston.

par Antonis Konstantaras; photos Panos Kefalos; traduit par Sandra Proutry-Skrzypek
13 Avril 2018, 1:54pm

Cet article a été initialement publié sur VICE Grèce.

Il y a quelques années, j'étais avec trois amis dans un club d'Athènes et j'ai commencé à discuter avec des filles qui étaient assises à côté de nous. Un type sorti de nulle part a commencé à s’énerver – un de mes potes avait parlé à son ex-petite amie et ça ne lui plaisait pas. Les choses se sont gâtées rapidement et, très vite, mon pote a poussé le mec qui est tombé sur une table pleine de bouteilles en verre. Il s’est relevé en une fraction de seconde et a coupé le visage de mon pote avec tesson de bouteille. Au final, mon pote a dû subir une opération de chirurgie plastique pour réparer ses blessures au visage, et l'autre mec a été accusé de tentative de meurtre et de préjudices corporels graves.

Quand j'ai raconté cette histoire dans les jours qui ont suivi la bagarre, je me suis rendu compte que beaucoup de mes amis avaient vécu quelque chose de similaire en soirée, mais avec des conséquences moins dramatiques. Il semble qu’un certain degré d'alcool mélangé à un bar bondé et surmonté d'un caractère bien trempé est la recette parfaite pour une bagarre tous azimuts.

C'est ce à quoi je pensais quand je suis entré, un soir, dans la boîte de nuit Boiler Room pour participer, aux côtés de 40 autres personnes, à un soi-disant séminaire sur la bagarre dans les bars. Le but n’était pas de nous entraîner à créer des ennuis, mais de nous apprendre des notions d’autodéfense.

Notre instructeur était Panos Zacharias, un vétéran des arts martiaux qui a travaillé comme videur dans plusieurs clubs et bars à Athènes et qui a fondé Guerrilla Tactical Strength, une société qui propose toute une gamme de programmes d'entraînement physique.

En guise d’introduction, Panos a expliqué qu’il allait nous apprendre les principes de base du Krav Maga. « Vous allez apprendre des techniques visant à vous protéger, des techniques qui impliquent le moins de violence physique possible », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Dans un bar, vous pourrez appliquer ces techniques aussi bien sur des ivrognes les plus ordinaires qui soient que sur des combattants professionnels. »

Panos Zacharias en pleine démonstration.

Au cours des cinq années qu'il a passées à faire la sécurité dans les bars et les clubs, Panos dit avoir vu une vingtaine de bagarres lors desquelles quelqu'un a utilisé une arme. Il a lui-même été menacé – une fille bourrée lui a éclaté une bouteille sur la tête après qu’il lui a demandé d’arrêter de renverser de l’eau sur les gens. Un autre mec, tout aussi bourré, lui a enfoncé un tesson de bouteille dans les côtes.

Selon lui, si vous vous faites attaquer dans un bar, mieux vaut ne pas compter sur la sécurité pour prendre votre parti. « Le videur va se contenter de vous virer tous les deux, ce qui signifie que la bagarre pourrait continuer dans la rue », déclare-t-il, « il est donc important que vous sachiez comment vous protéger. »

Après que nous ayons fini de pratiquer nos mouvements et d'utiliser tout ce qu’il est possible de trouver dans un club pour vaincre l'ennemi – de nos mains nues aux bouteilles en passant par des tasses – nous avons eu l'occasion de mettre nos nouvelles compétences en pratique, et ce, dans des conditions de clubbing. Les boules disco ont été allumées, une musique bruyante a commencé à retentir et nous avons été obligés d’enfiler une tenue de soirée. « Quand vous serez de sortie, vous ne porterez pas un short qui vous permettra de bouger facilement, il est donc important de recréer le bon environnement », nous a rappelé Panos.

Le photographe Panos Kefalos m’a accompagné au séminaire. Il n'a pas appris à se battre mais a photographié l’événement.

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