Démerdez-vous avec ça : Hucci Luv a officiellement ouvert les portes de l'Enfer

Elle vient de Nouvelle Zélande et, dans le futur, on se souviendra de son clip « Snatch » comme du point de départ précis de la fin de la civilisation occidentale.
19.1.16

« Weave Snatch » est une vidéo extraordinaire, mais pas parce que Hucci Luv, la MC qui en est à l'origine, est originaire de Nouvelle Zélande. Non. « Snatch » est une vidéo extraordinaire parce qu'elle a été balancée à une époque où Internet n'a jamais été si intransigeant envers ce genre de daubes. Elle est extraordinaire parce que le web entier criait « NON ! » mais qu'Hucci Luv n'a strictement rien entendu.

On dirait une version de 4 minutes de ce Vine d'Iggy Azeala où on ne comprend pas un traitre mot de ce que la rappeuse baragouine. Ici, à part les mots « snatch », « weave » et « bitch », il n'y a strictement rien d'identifiable.

On pourrait la comparer à Kreayshawn, mais je pense que Natassia Gail Zolot ne mérite pas d'être associée à ça. Elle, au moins, chante avec sa propre voix. Ici, on est dans une autre galaxie, « Snatch » est comme un témoignage direct de la chute d'une civilisation.

Le clip brandit à bout de bras tous les éléments relatifs à la culture lowrider ––le muscle car, les talons de strip-teaseuse, le mastard en chopper –– dans l'espoir qu'ils apportent une once d'authenticité à un morceau qui est une photo faite au Nokia 7650 d'une photocopie de la page wikipedia gangsta-rap. Tout sonne irrémédiablement et évidemment faux. Et c'est très étrange que toutes les personnes impliquées dans ce projet ne s'en soient pas aperçus avant de le jeter à la face du monde.

Le gosse qui a produit le titre, Trap Son, aurait pu se rendre compte que le patois de Hucci allait à l'encontre de l'idée-même de rap. La vidéaste, Chloe Hastings, aurait pu deviner que c'était quand même un peu bizarre de filmer ce muscle car garé à Collingwood, surplombée d'une femme blanche lancée dans un twerk très compliqué sur le capot. Sérieusement, essayez d'imaginer les figurantes devant cette station-service Shell, entre les prises, se disant « putain, ça tue, méga contente de faire partie du projet ».

Même en bout de chaîne, l'éditeur, Bit Jax, en visionnant tous ces cuts fessiers d'Hucci avait encore l'opportunité de presser le bouton STOP. Mais personne ne l'a fait. Alors maintenant, vous allez devoir vous démerder avec ça :