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Travis Barker nous a raconté l'histoire de ses tatouages

De sa famille à son accident d'avion en passant par son restaurant vegan, le batteur de Blink-182 a toute sa vie gravée sur la peau.
23.11.15

Travis Barker et son père.

Principalement connu pour avoir été le batteur de Blink-182, Travis Barker a pourtant un CV aussi long qu'excessif : acteur de télé-réalité, batteur du super-groupe punk-rap Transplants, junkie, survivant d’un crash aérien, proprio d’un restaurant vegan, DJ sous le nom de TRV$DJAM, auteur et bien sûr icône du tatouage.

La plupart des gens savent que Travis est tatoué des pieds à la tête, des dessins allant de portraits de sa famille à diverses références religieuses. Comme tout tatoué, il est d’autant plus fier de toutes ces traces qu’elles symbolisent les hauts et les bas de son existence, des marques sur lesquelles il est toujours heureux de revenir, ce qu’il fait d’ailleurs dans son autobiographie intitulée Can I Say : Living Large, Cheating Death and Drums, Drums, Drums, dont on vous laissera traduire le titre vous-même. On s’est posés avec lui afin qu’il nous raconte l’histoire de ses tatouages les plus importants.

Noisey : Commençons par le commencement, avant ton tout premier tatouage, tu t’es gravé le nom de ta copine sur la cuisse, c’est ça ?
Travis Barker : Ouais, j’avais 10 ou 11 ans, elle s’appelait Toni, je l’avais fait avec un rasoir. Je crois que ça a été recouvert par mes tatouages depuis. C’est un truc que tu as dû faire aussi, non ?

Non. J’écrivais juste leurs noms dans de mauvais poèmes et sur des tables en classe.
Ouais, c’est sûrement la meilleure option. Finalement, je ne me suis fait tatouer que deux prénoms féminins – ceux des deux femmes avec lesquelles je me suis marié [Melissa Kennedy et Shanna Moakler]. Le « Shanna » est toujours là, je ne sais pas encore si je vais le recouvrir, j’y ai déjà pensé.

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Tu as joué dans une télé-réalité en 16 épisodes avec ton ex-femme, Meet The Barkers, ça a dû avoir un impact de taille sur ta vie privée.
Ça ne m’a jamais vraiment tracassé en fait. Je ne faisais rien de plus que ce que je faisais dans ma vie normale, j’avais peur d’être trop exposé. C’était vraiment la vérité que les gens voyaient – personne n’a jamais écrit de script ni rien. Donc ça ne posait aucun problème avant que je me rende compte que moi et Shanna étions en bout de course. Je ne sais pas si c’est dû à l’émission ou à la pression de notre relation – elle venait d’accoucher de notre fils Landon – mais je savais où moi j’en étais, c’est à dire qu’il fallait que je parte. Le problème, c'est qu'avant que je puisse le faire, il fallait finir l'émission. Je n’ai aucun regret, on doit apprendre de toutes ces leçons. Je crois honnêtement, du fond de mon cœur, que nous n’aurions pas pu continuer, avec ou sans l’émission. On est juste deux personnes trop différentes.

Une des meilleures parties du livre est le passage où tu racontes la fois où toi et ton père êtes allés vous faire tatouer le mot « pal » [c'est comme ça qu'ils s'appellent tous les deux depuis que Travis est gamin]
C’était marrant, parce qu’en grandissant, il disait toujours « si jamais tu te fais tatouer, je te mettrai mon pied au cul et te foutrai dehors. » Mais des années plus tard – 20 ans exactement – Papa s’est fait tatouer quelques trucs. C’est super. Ma mère est morte quand j’avais 12 ans, donc ma relation avec lui est très importante. Je lui parle tous les matins, c’est un réflexe. C’est toujours bon d’avoir ton père à tes côtés, ça te force à rester humble, à garder les pieds sur terre.

Dans ce passage, ton père lance au tatoueur : « Ce sont les derniers tattoos que tu ne feras jamais. Je m’en tape de ce que racontent les autres, ça fait trop mal. » Tu souffres toujours quand tu te fais tatouer ?
La douleur ne me dérange plus trop en fait. J’y suis habitué. Mais attention, quand les gens disent « ça ne fait pas si mal », c’est faux, évidemment que ça fait mal. J’ai passé ma vie dans les salons de tatouage, alors quand j’ai eu l’occase de faire mon premier tattoo j’ai foncé. Après être passé sur la table, tu as souvent tendance à la ramener, genre « ouais, je suis un dur ». Moi, m’a toujours appris à être dur : si t’as mal, ferme-la, ça va passer.

T’es resté combien de temps maximum sur la table ?
12 heures je pense. C’était pour la typo Cadillac que j’ai sur la cage thoracique. C’était une journée où j’étais vénère. Donc c’était voulu. Le gars a demandé si j’étais sûr de moi – c’était beaucoup de boulot, de grosses lettres en gras avec beaucoup d’ombres. Tout mon thorax saignait. Mais c’était marrant.

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Tu as un tatouage Blink-182 ?
Non, c'est plutôt étrange d’ailleurs.

La plupart des gens te connaissent grâce à Blink-182 , mais dans ton livre, on dirait que ça a été une des périodes les plus insignifiantes de ta vie.
J’aurais pu écrire un livre entier sur Blink. Quand j’ai commencé à écrire, Mark [Hoppus, de Blink-182], Tom [DeLonge] et moi parlions de bosser sur une bio de Blink-182, ce qui aurait été cool. Je crois que ça aurait été chiant pour moi d’écrire un livre entier sur eux, alors qu’il n’y avait qu’un point de vue. Donc je suis resté neutre. Je n’ai dit du mal de personne. J’ai juste mis ça de côté. Dossier classé. Blink a été une part importante de ma vie, mais je m’étais déjà fait tatouer « self made » sur les phalanges à 18 ans. Transplants a représenté une partie aussi importante de ma vie. C’est le cas pour chacun de mes projets. Adam Goldstein alias DJAM et moi, nos années ensemble [sous le nom de TRV$DJAM] étaient également importantes. On faisait ce que personne n’avait encore fait, et ça marchait. C’était unique. On cassait les barrières et on repoussait des limites qui n’avaient jamais été atteintes avant. Donc tout ça a le même niveau d’importance pour moi.

Tu ne cites pas Tom dans les dédicaces à la fin du livre, mais Mark, si.
Ouais, j’ai déconné. J’ai oublié, mon éditeur aussi, donc je vais devoir faire gaffe sur le deuxième tirage !

Le livre revient en détails sur le crash aérien dont tu as été victime en 2008. [Travis est resté hospitalisé 4 mois et a subi 27 opérations] Tu as perdu beaucoup de tattoos avec cette histoire.
Tous mes tatouages sur les jambes ont été brûlés, et on a dû prendre de la peau de mon dos pour la dispatcher sur d’autres endroits de mon corps. Mes premiers tattoos ont donc disparus, notamment le « Bones » qui était mon pseudo quand j’avais 16 ans, tellement j’étais maigre. Le deuxième était le logo avec la flamme de Dag Nasty –un groupe hardcore que j’adorais quand j’étais ado, et que j’aime toujours d’ailleurs. Le « Can I Say » que j’ai sur la poitrine est d’ailleurs le nom de leur album le plus emblématique.

Photo - Clemente Ruiz

Maintenant, tu as toute ta famille tatouée dans le dos.
Ouais, j’ai voulu rendre hommage à ma famille avec des portraits de mon père, de ma mère et de mes deux enfants -Landon et Alabama. J’ai été tatoué par Franco Vescovi et Chuey Quintanar en même temps durant des sessions de 10 heures. Il a fallu 4 ou 5 séances.

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Après le crash, on a fait un concert avec TRV$DJAM. J’ai enlevé mon T-shirt et un débile a pris une photo de mon dos en disant « regardez toutes les marques qu’il a ! », ça m’a gêné. Je me suis dit, « allez je vais recouvrir tout ça par des tatouages, c’est reparti ». Ce n’est pas que j’ai honte de ces cicatrices hein, c’est comme une sorte de tatouage pour moi. Elles font partie de mon histoire, mais un gros dorsal, ça tue quand même. Je trouve ça bizarre quand des gens ont la tête et le visage tatoués mais rien sur le dos.

Photo - Willie Toledo

Ceux que tu as sur la tête sont assez spéciaux.
J’ai le masque à gaz des Transplants à l’arrière. Un message qui dit « one life, one chance ». Il y a des mains qui prient dessinées par l’artiste Mr Cartoon que je me suis fait à 19 ans. Il y a une rose de Chouey. Sur le dessus, il y a aussi la Vierge Marie.

Tu es croyant ?
Je me suis fait tatouer la Vierge quand j’avais 18/19 ans, j’ai été élevé dans la religion catholique. Je prie, je crois en Dieu. Je crois dur comme fer que j’ai été béni et que je suis ici pour une raison précise - je veux dire, je suis le seul survivant de ce crash aérien… Je ne vais pas à l’église tous les dimanches et je ne fais pas de prosélytisme non plus, mais je crois en Dieu, et mes enfants prient aussi.

Tu y crois beaucoup plus depuis le crash ?
Oh oui, certainement. Aucun doute là-dessus. J’avais la culpabilité du survivant au début. J’ai dû enterrer deux de mes meilleurs amis [Lil Chris et Che], les deux pilotes y sont passés aussi. Je ne les connaissais à peine, mais ça m’a affecté quand même. Et puis quand mon pote Adam est décédé, un an après l’accident, j’ai dû m’y faire. Plein de gens me disaient « sois heureux, tu as la chance d’être toujours là », j’ai lutté. J’étais en pleine crise existentielle : « suis-je supposé être ici ? Aurais-je dû mourir ? Etait-ce une erreur ? » Je ne prends rien pour acquis depuis, ça c’est sûr, mais je ne reste pas non plus assis toute la journée en me demandant si j’aurais dû mourir dans ce crash. Il y a des jours où ça ne me traverse pas du tout l’esprit. Et il y a des jours où je me sens vraiment mal.

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Il y a un passage incroyable du livre où tu parles de l’anesthésie qui n’a pas marché pendant 12 de tes opérations, à quel point tu ressentais la douleur et comment tu as ensuite développé une addiction aux pilules.
Ouais. C'est un vrai problème, plus répandu qu'on ne le croit. C’est une drogue très propre que personne ne peut déceler sur toi. Tu peux la cacher aux yeux de tous. C’est ce qui en fait une drogue parfaite. Je n’ai jamais déconné avec des drogues comme l’héroïne avant ça ; ma personnalité était déjà trop dépendante à un tas de choses. J’aurais été mort en moins d’un an si j’avais fait ça. Les pilules ont été mon plus gros démon.

Tu fumais beaucoup de weed aussi.
Ouais, j’abusais vraiment trop, genre 20 ou 30 blunts par jour. Je pensais honnêtement que j’aurais fumé de la weed jusqu’à mes 90 ans si on n’avait pas découvert des cellules cancérigènes dans mon œsophage. Mais les autres produits auxquels j’ai touché – les pilules, l’oxycontin, le PCP – toutes ces merdes ne sont bonnes pour personne.

Arrêter la weed a dû te filer des cauchemars horribles après 20 ans de consommation journalière.
Oh mec, ça a été terrible. Arrêter de fumer et me sevrer avec du sirop de prométhazine a été vraiment, vraiment dur.

Le logo de son restaurant.

En plus d’avoir arrêter les drogues, tu es désormais vegan. Tu as même investi dans un restaurant vegan qui s’appelle Crossroads, nom que tu t’es également fait tatouer, évidemment.
Ouais, deux couteaux de cuisine croisés. Je l’ai fait l’année où on a ouvert. Je ne suis pas un vegan psychopathe, qui va à Sea World et qui en fait des tonnes, mais je n’ai jamais été d’accord à l’idée de bouffer un animal. J’ai réalisé vers 10/11 ans d’où venaient le jambon, et la viande des burgers. Je n’ai jamais aimé la texture de toute façon, donc ça ne me dérange pas de ne plus en manger. J’étais végétarien depuis des années, et l’évolution qui me semblait normale était de devenir vegan. Après avoir dû manger de la viande durant mon hospitalisation, une fois sorti, je me suis juré ne plus manger quoique ce soit qui provienne d’un animal.

Ça se passe comment avec tes enfants ?
Mes gosses sont vegan la moitié du temps. Landon mange parfois de la viande quand il est chez sa mère. Peu importe. Être exposé à ce mode d’alimentation est une chose positive. S’ils veulent garder ces habitudes alimentaires plus tard, ça les regarde.

En parlant de tes enfants, est-ce qu’ils t’ont eux-mêmes tatoué ?
Ouais, ils ont un peu d’espace sur ma cuisse où ils peuvent inscrire ce qu’ils veulent. Landon a mis une croix avec son nom, un L et un A, et Alabama a mis un cœur. Mais il reste très peu d’espace vierge, ça va bientôt poser problème.

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