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L'entretien sobre : Club Cheval

« La sobriété vient de rejoindre les nouvelles formes de quête de sens pour les gens qui se sentent vidés et qui finissent par devenir vegan ou par tout plaquer pour l'agriculture biologique. »

Il y a un bientôt un an, nous allions voir le film We Are Your Friends en compagnie de Panteros (un des quatre membres du groupe Club Cheval) afin de savoir si Zac Efron tenait la route dans son rôle de DJ EDM et chauffeur de piscines. Il y a quatre mois sortait le clip « Young, Rich and Radical » de Club Cheval, ingénieuse et surprenante vidéo disant NON aux drogues réalisée par Laura Weaver, et titre phare de leur premier album, portant lui-même le titre Discipline. Il y a deux mois, Zac Efron ripostait en donnant une « sober interview » exclusive au magazine ELLE. La boucle est bouclée, et la sobermania s'étend chaque jour un peu plus, des clubbers à Blink-182. L'arrivée d'une première vague straight edge 100 % électronique n'est plus qu'une affaire de semaines.

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Aujourd'hui, nous avons profité d'un trou de 4 minutes dans l'emploi du temps de Club Cheval pour poser exactement les mêmes questions à Canblaster, Panteros666, Sam Tiba et Myd (que vous avez récemment vu aux côtés de Jean-Michel Jarre dans un live qui a tenu toutes ses promesses). Club Cheval joueront ce week-end au Dour festival en Belgique (royaume de débauche s'il en est) et ils ont réalisé il y a quelques jours une mixtape ex-plo-sive pour l'occasion, qui contient, accrochez-vous bien : Kraftwerk, Dagoba, Prodigy, Boys Noize, Madball, Stormzy et Les Tambours du Bronx… et vous pouvez l'écouter un peu plus bas. Oui, la sobriété a ses limites.

Noisey : Est-ce que la première fois que vous vous êtes rencontrés, vous vous êtes foutus respectivement de vos gueules ?
Club Cheval : Pas immédiatement, mais on a la culture de l'insulte ingénieuse et bien ciblée entre meilleurs potos. C'est important, sinon trop de gens se persuadent d'être des boss, alors que bon, on reste des êtres humains apprenant à vivre et à se déplacer en meute, un peu comme les relations qu'entretiennent les protagonistes dans les épopées Pixar. Vous avez déjà pitché des idées au groupe que tout le monde a détesté ?
Pas vraiment. Détester est un mot beaucoup trop fort. Une fois, on avait répété une choré dans une chambre d'hôtel avant un festival au Japon. On a dû passer 35 minutes à bosser les moves tous les quatre devant un mirroir de chambre twin, pour finalement se dire 15 minutes avant le show que c'était pas possible de faire ça. À l'heure actuelle, on ne sait toujours pas ce qui nous est passé par la tête ce jour-là. De là à parler de détestation, non. On préfère dire « c'est la roualle », une expression du Nord qui se disait dans les années 2000 et qui renvoie à une forme affective de teu-hon. Vous êtes toujours vachement sapés. Est-ce qu’il y a un truc qui stipule dans votre contrat ou vos gigs que vous ne devez jamais sortir en jean brut et en T-shirt blanc ? Ca vous arrive de vous mettre torse nu sur scène ?
Si seulement il pouvait y avoir des contrats cools comme ça. Hélas, les contrats sont avant tout destinés à un public juridique qui ne prévoit pas de clause « style vestimentaire ». C'est plus un contrat à l'amiable que tu fais avec la société, genre « je m'engage à être stylé ou à apporter une certaine définition d'un style personnel ». On a signé ce genre de contrat dans nos têtes, ouais. Pas mal de gens ont laissé ce chapitre de côté en tous cas. Mais on juge pas, tout le monde a le droit de profiter de sa liberté de style, même si les gens donnent souvent l'impression de ne pas être vraiment au courant qu'elle existe. Est-ce que quand vous vous posez, entre vos concerts, vous vous interrogez sur le chemin que va prendre votre carrière ?
Toujours. Mais c'est comme la vie ou une relation amoureuse, tu fais au mieux tout le temps. Sans avoir un contrôle absolu sur tout. À quel moment de votre vie avez-vous réalisé que vos parents étaient humains ?
Quand ils te disent que tu donnes pas assez de nouvelles et te demandent de les appeler plus souvent. À quel point être sobre a changé votre vie ? « Is sober the new black ? »
On n'a jamais poussé le bouchon trop loin, donc la sobrieté nous concerne peu finalement. Mais on a voulu l'aborder car la sobriété vient de rejoindre les nouvelles formes de quête de sens pour les gens qui se sentent vidés - ou qui ne supportent plus l'absurdité de l'existence humaine - et qui finissent par devenir vegan ou tout plaquer pour le tattoo ou l'agriculture biologique. Est-ce que la peur qu’on vous reconnaisse vous empêche de faire certains trucs ?
Non. Quand on te reconnaît, tu prends un selfie et ciao. C'est comme quand tu vois un cygne ou un paon, tu dis « ho un paon ! » à chaque fois, t'es content 3 secondes et next. Bonus : Comment est-on « jeune, riche et radical » en 2016 ?
Il faut avoir moins de 40 ans, un compte Snapchat et savoir apporter calmement sa définition d'un style vestimentaire.

Rod Glacial n'est ni sur Snapchat, ni sur Pokemon Go. Juste sur Twitter.