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Music by VICE

Le guide Noisey des albums de moins de 30 minutes

Plus haut. Plus fort. Plus vite.

par Noisey Staff
05 Octobre 2015, 10:45am

Inutile de s'attarder inutilement : voici le guide Noisey des albums de moins de 30 minutes. Cohérence oblige, on en a choisi 30 et ils sont classés du plus court au plus long. Et si vous vous débrouillez bien vous aurez le temps de tous les écouter avant la tombée de la nuit. Allez hop, c'est parti. 



Dwarves - Blood Guts & Pussy (1990, 13 minutes)
Album de transition entre le garage-revival des 80's et le hardcore-déconne des derniers albums, Blood Guts & Pussy nous enseigne surtout deux choses : 1) si vous ne faites que des chansons d'une minute et que vous n'en enregistrez que treize, vous risquez de vous retrouver avec un album de treize minutes ; 2) si votre album ne fait que treize minutes, prévoyez une bonne pochette. (Pierre Jouan)



Circle Jerks - Group Sex (1980, 15 minutes)
« 31 minutes of Group Sex », c'est ce dont se vantait Fat Mike sur un morceau de Nofx

. Ça m'a longtemps chagriné, cette histoire des trente-et-une minutes : j'ai fini par penser qu'il s'agissait d'un truc New Age, un genre de pratique sexuelle hyper-minutée, basée sur le rythme biologique des Incas. En fait non, c'est juste qu'il possédait DEUX exemplaires de l'album des Circle Jerks. (Pierre Jouan)

Agnostic Front - Victim In Pain (1984, 15minutes)
Objectivement, il faut le reconnaître, ce disque est pourri. Aucun des mecs ne sait jouer, un type vomit des trucs inintelligibles au micro, les chansons sont mêmes pas terminées, les paroles ont été écrites au dos d'une boîte de pizza, le son est horrible, le disque sort trop tard, la pochette est hyper malaise... Alors pourquoi Victim In Pain est donc devenu une pierre angulaire du hardcore ? Tout simplement parce qu'Agnostic Front vous aurait démonté la gueule si vous aviez osé dire le contraire à l'époque. Et ça, ça vaut toutes les chroniques de Maximum R'N'R du monde. (Rod Glacial)
Orchid - Dance Tonight, Revolution Tomorrow (2000, 15 minutes)

Qu'attendre d'une bande de coton-tiges du Massachusetts sapés comme Spock à un entretien d'embauche chez Noir Kennedy ? Qu'ils masculinisent enfin le terme « hystérie », et ce avec un tel brio qu'ils propulseront et enterreront à la fois avec ce disque le concept d'emo-violence ou « screamo », si on préfère les insultes. (Iris De Saint Aubin D'Aubigny)

The Spits – The Spits V (2011, 18 minutes)
Le septième jour, Dieu créa les Spits et le bonheur et la mongolerie furent. Riffs stupides, claviers primitifs, voix d'attardé mental : la recette est connue mais reste inoxydable. Avec ce cinquième album (inutile de chercher le titre, il n'y en a pas non plus sur celui-ci), les lazer-punks de Seattle, loin de se contenter de garder leur forteresse volante à flot, passent ainsi à la vitesse supérieure, direction l'hyper-monde dégénéré, entassés à 5 dans un van en flammes lancé à contre-sens sur l'autoroute. Finies les digressions, caprices et morceaux complètement autres qui venaient parfois ralentir la course sur les disques précédents, le groupe joue ici comme on braque une boulangerie : avec fracas et sans une once d'amour-propre. Entre saccage intégral (« All I Want », « Fed Up », « I'm Scum ») et foutage de gueule total (a-t-on jamais entendu les mots « My Life Sucks » prononcés avec autant de flegme et de mépris ?), les Spits pulvérisent en un peu moins de 20 minutes toutes les scories et les miasmes de l'univers connu, collent un cancer du cul à Bon Iver et livrent Pitchfork aux hackers serbes avant de disparaître dans la nuit, direction constellation golmon, avec la satisfaction d'avoir vengé le coeur de tous ceux qui ont, un jour, risqué leur vie en gravissant une falaise escarpée juste pour le plaisir de pisser depuis le sommet. (Lelo Jimmy Batista)

Ceremony - Violence Violence (2006, 21 minutes)

Pas « violence », non. C'est jamais suffisant. Deux fois la violence, c'est mieux. Tout est deux fois trop sur ce truc qui fait s'accoupler Infest, Negative Approach et n'importe quel objet qui fait des éclats quand on le frappe avec un skate. C'est fou, malgré sa durée effective de coït-éclair pubescent, on a l'impression que ce disque fait traîner le temps comme une vieille redescente d'Eau Ecarlate une heure avant un rendez-vous chez le dentiste. (Iris De Saint-Aubin D'Aubigny)

Pitboss 2000 - Everyone's a Winner (1999, 23 minutes)
Vous cherchiez un mode d'emploi pour faire chier la scène hardcore ? N'allez pas plus loin, vous avez le modèle le plus efficace en la matière, en provenance de la maudite ville de Cleveland. Ici, tout le monde prend, et cher : les emokids, les handicapés, les drogués, Dwid d'Integrity, Mumia-Abu Jamal, Tim Duncan, les hippies, les wiggers (« wiggarios »), les nerds (« nerdarios »), les beaufs (« jockarios »), le Tibet, Christopher Reeve... Il y a obligatoirement une chanson contre vous parmi les 20 titres qui composent ce condensé de haine de 23 minutes. Oui, exactement la durée d'un épisode de South Park. Un album qui invente tout un nouveau lexique (les terminaisons en -ario), révolutionne l'usage du terme « motherfuckers » et le hardcore par la même occasion (qui sombre à l'époque dans le metal diabolique) entre la lourdeur du crossover (la batterie est incroyable, les mosh parts imparables) et la vélocité du hardcore 80's (voix non hurlée, parties ultra rapides). Si on ajoute à ça tous ces interludes hilarants, on obtient tout simplement le summum du disque que vous détesterez adorer, et inversement. (Rod Glacial)
Gorilla Biscuits - Start Today (1989, 24 minutes)

En général, les trompettes font quoi ? Elles annoncent l'Apocalypse, bien sûr. Sauf qu'ici, les habituelles boules de feu et les myriades de scorpions sont remplacées par un déluge de pizzas, de sachets de quaaludes remplacés par des boules puantes, d'Ovomaltine et de prescriptions de Ritaline préalablement dunkées à la poubelle par une armée de sales gosses en Champion USA dans le dos de leurs parents dépassés. (Iris De Saint-Aubin D'Aubigny)

Iceage - New Brigade (2011, 24 minutes)
L'effervescence autour de New Brigade

, le premier album d'Iceage sorti en 2011, tenait autant à la qualité de ce dernier qu'à l'aura de mystère qui entourait le groupe. Qui sont ces jeunes Danois à la mine désabusée mais à l'allure si élégante? Peut-on porter un tatouage de Death in June sans être un dangereux néo-nazi? Quel est leur message vu que 90 % des paroles sont inaudibles ? Si aujourd'hui il y a une relative unanimité à s'extasier sur tout ce qui vient de Copenhague, c'est notamment parce que cet album peut légitimement prétendre au titre de classique du post-punk. (Diane Lebel)

Whitehouse - Erector (1981, 26 minutes)
Pédophiles ! Racistes ! Sexistes ! Peu de groupes se sont attirés les foudres du peuple comme Whitehouse en son temps. Gagnant d'ailleurs Rough Trade parmi ses détracteurs de prestige. Faut dire qu'en sortant des compilations intelligemment intitulées White Power, des artworks limite-limite et des paroles traitant de l'amour père-fille (ou frère-soeur selon l'humeur), William Bennett cherchait (un peu) la merde. Eh bah quoi ? On peut plus provoquer tranquille au nom de l'Art ? Apparemment non. Comparé à l'ensemble de l'œuvre de Whitehouse, Erector fait figure de grand moment de sobriété et de bon goût, n'exhibant sur sa pochette qu'un gros chibre tout dur. On mettra 10 pour la cohérence fond / forme. Sinon quoi d'autre à signaler ? Ah oui, que cet album qui ne fait que 26 minutes (et qui invente au passage le Power Electronics) donne en réalité l'impression de voir défiler toute sa vie, couché sur une table d'opération et cisaillé par les hautes fréquences et les éructations de Bennett. Si vous passez cette épreuve, je vous garantis que pourrez tout - oui TOUT - écouter sans sourciller. Il faudra juste vous démerder pour expliquer à vos proches pourquoi vous arborez le regard vide de ceux qui ont vu de trop près les horreurs de la guerre. (François Vesin)
DRI - Dirty Rotten Imbeciles (1983, 26 minutes)

« Je n'ai pas besoin de la société », « L'argent pue », « Les capitalistes craignent » ; et non, vous n'êtes pas sur un disque des Sales Majestés, vous êtes dans le garage de Kurt Brech, le chanteur de D.R.I. qui se faisait traiter de « sale imbécile pourri » par son propre père dès qu'il ramenait des potes à la maison pour répéter. Résultat, il s'est tiré de Houston pour San Francisco avec Spike Cassidy en 83, a écrit le meilleur morceau de 84 (« Violent Pacification ») et a créé le concept de skate-thrash : du metal pour les mecs fun. (Rod Glacial)


Bad Religion – Suffer (1988, 26 minutes)

Prenez une base punk-hardcore, brodez des mélodies bien sucrées à 180 mots/minute, et tartinez trois couches de chœurs aux harmonies déchirantes : vous venez de donner naissance à un genre, le hardcore mélodique. « L'album qui a tout changé », d'après Fat Mike. (Pierre Jouan)

Discharge - Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing (1982, 27 minutes)
Pourquoi ? C'est la question que posait le premier album du groupe originaire de Stoke-on-Trent en 81. Pendant que les Français jouaient à touche-pipi au Palace ou que les Américains se pignolaient encore sur le premier album des Ramones (qui dure un peu plus de 29 minutes, ouais, et alors ?), les Anglais déclaraient la guerre à la légèreté et à la joie de vivre. C'était la merde partout et Kelvin Morris braillait « Protest & Survive » sans savoir que ce titre deviendrait un hymne, que des hordes de crusties, des USA au Japon, se revendiqueraient plus tard du groupe en popularisant le genre D-Beat (mélange de punk, de hardcore, de metal et de conscience du chaos) et que les plus nerds d'entre-eux revendiqueraient même l'appellation « UK82 » englobant The Exploited, GBH et eux-mêmes. 30 ans après, « The Nightmare Continues ». (Rod Glacial)
Death In June - The Guilty Have No Pride (1983, 27 minutes)
Cryptonazis ! Fascistes ! Racistes ! Peu de groupes se sont attirés les foudres du peuple comme Death In June au long de ses trente années d'existence. Faut dire qu'en réutilisant des symboles - au mieux - ambigus, des artworks limite-limite et des paroles ayant majoritairement trait aux heures sombres de l'histoire, Douglas Pearce cherchait aussi un peu la merde. Côté Rough Trade, R.A.S cette fois, à en croire William Bennett. Mais on en est pas encore là. En 1983, Death In June passe sous les radars et bénéficie encore de l'aura très à gauche de Crisis, la première version du groupe… La Totenkopf fait déjà partie du vocabulaire esthétique de DIJ mais comme il y a une photo de deux resistants qui s'embrassent dans les rues d'un Paris fraichement libéré

au dos de la pochette, ça va, ça passe. Relégué à tort au rang de sous-Joy Division, le premier LP des anglais pose pourtant les bases de la culture post-industrielle des vingt prochaines années : des rythmes martiaux, une obsession pour les systèmes de contrôle, l'atmosphère oppressante et surtout ce putain de carillon qu'on retrouvera dans toutes les productions neofolk qui se respectent. Derrière les horreurs narrées dans des titres comme « Heaven Street » (je vous laisse googler), on trouve même un peu de place pour un message de paix arc-en-ciel et universel : « When We Have Each Other, We Have Everything ». Histoire de rappeler que derrière l'uniforme, il y a aussi un coeur qui bat. Et que non, Ian « Ouin Ouin » Curtis, l'amour ne nous déchirera pas (encore). (François Vesin)

Kid Dynamite - Kid Dynamite (1998, 27 minutes)
Dire que Dan Yemin est une sorte de sauveur du hardcore à chaque fois que celui-ci va mal (avec Lifetime, Paint It Black, Armalite et donc Kid Dynamite), ce n'est peut-être pas trop minimiser son importance. Le type a une idée bien précise du punk : court, percutant, le sourire jusqu'aux oreilles, la positive attitude jusque dans le moindre riff. L'« album rouge » de Kid Dynamite – pas une chanson au-delà de 2 min 20 – est le meilleur hommage réalisé à Minor Threat et Gorilla Biscuits. Le disque d'après s'appelle Shorter, Faster, Louder, dure 23 minutes et comporte un titre de 12 secondes avec couplet, refrain et pont. CQFD. (Braddy)
The Hives - Veni Vidi Vicious (2000, 27 minutes)

Vous en connaissez beaucoup des albums capables d'enchaîner autant de tubes que « Die, All Right ! », « A Get Together To Tear It Appart », « Main Offender », « Outsmarted », « Hate to Say I Told You So », « The Hives Introduce the Metric System in Time » et « Supply and Demand » ? Depuis, les Suédois en costard n'ont jamais dévié de cette lancée, même après 15 ans passés à écrire la même chanson – et à ne jamais réussir à la jouer correctement sur scène, accessoirement. (Braddy)

MC5 – Back In The USA (1970, 28 minutes)
En 1988, ils se seraient appelés Les Musclés - ça fout un peu les boules de se dire ça aujourd'hui, mais ce serait difficile de soutenir le contraire en entendant la reprise de « Tutti Frutti » qui ouvre Back In The USA. Riffs savamment plaqués, jouissance adolescente de mener un morceau à bien sans faire de fausse note, production limpide. Mais Back In The USA ressemble résolument au parcours scolaire d'un gamin de 11 ans qui a passé son CM2 à matter des séries AB. En 6ème, encouragements au premier trimestre, puis ensuite, dégringolade fatale. Dès « Tonight », les profs commencent à lui dire qu'il est en deçà de ses capacités. « Teenage Lust » c'est son premier 2 en maths. A 26 minutes, quand arrive « Back In The USA » après être passé par le « Highschool » pneumatique qui entame la deuxième face, le gamin fait des manifs sans motivation, pine sans capote, fume des joints, n'en a plus rien à foutre du système qui l'a forcé à mettre 6 cordes à sa gratte. C'est un con ? Non, c'est un mec qui n'aura pas de prix Nobel, plafonnera à un salaire de 1134,03 euros HT par mois, mais n'aura besoin de rien d'autre qu'un walkman, un matelas et deux hamburgers par jour. (Virgile Iscan)

X – Los Angeles (1980, 28 minutes)
J'aime pas les beatniks. J'aime pas les goths. J'aime pas le rockab. Putain, je peux pas saquer les harmonies vocales. Mais qu'est-ce qui peut bien faire que le premier album de X se soit directement inscrit directement dans mon top 5 des meilleurs albums de tous les temps ? Son incandescence noire et blanche ? La beauté d'Exene Cervenka ? Celle de John Doe ? Le fait que je dois être le seul mec au monde à défendre qu'A Bout de Souffle Made in USA est un chef d'œuvre ? Je me serais bien contenté du morceau qui donne son titre à l'album avec ses riffs arthritiques et le désert de Mojave qui s'ouvre devant lui, mais non, l'intégralité de ces 28 minutes possède une magie impénétrable qui plane à 10 000 kilomètres de toute forme de vie. Et je pense que sur mon lit de mort, quand j'entendrai résonner le refrain de « Sex and Dying in High Society » au loin, je continuerai de me poser la question. X but Y ? (Virgile Iscan)

Suicidal Tendencies - Suicidal Tendencies (1983, 28 minutes)
Jeune, j'essayais de faire du playback sur « Possessed » (2'07), « Fascist Pig » (1'18), ou « Two-Sided Politics » (1'04). Même avec les paroles sous les yeux, c'était injouable. En même temps on n'y voyait pas grand chose, avec ce putain de bandana. (Pierre Jouan)

Omar Rodriguez-Lopez & John Frusciante - Omar Rodriguez-Lopez & John Frusciante (2010, 28 minutes)
John Frusciante reste une des personnalités les plus cryptiques du music game ricain. Capable de se trémousser en pantalon de yoga avec les Red Hot Chili Peppers comme de composer la BO d'un des plus beaux films du monde (The Brown Bunny), de produire un groupe de rap (Black Kights) et se lancer dans l'acid house (sous le pseudo Trickfinger) tout en sortant ce qui restera comme un des meilleurs albums des années 2000 (To Record Only Water For 10 Days), Johnny a aussi des potes sympas comme Omar Rodriguez-Lopez. Si l'association fait un peu peur sur le papier, ce disque folk bancal qui sent le patchouli est complètement transcendé par le jeu de Frusciante qui donne simplement envie de monter sur un bison et partir à l'aventure. Que demander de plus ? (Adrien Durand)
John Coltrane - Om (1965, 29 minutes)
Bruits de chèvre, chabada diabolique, rites tribaux flippants : Coltrane au sommet de sa forme. Tout est réuni ici pour réaliser le parfait album de stone-jazz le plus maudit de tous les temps. Mais en fait pas du tout : après la rabla (et après Kind of Blue

), Coltrane est devenu un impossible mange-solfège prétentieux capable de tout saboter sur son passage – y compris quand son pote Cannonball l'invitait à jammer sur des turnarounds funky ultra basiques. Om/10 (Loïg Hascoat)

Creedence Clearwater Revival – Green River (1969, 29 minutes)
A l'époque où j'ai découvert Creedence Clearwater Revival, j'étais un jeune cinéphile avide de découvertes. J'adorais Sean Penn, et son premier film, Indian Runner, était projeté au Forum des Images – qui s'appelait encore la Vidéothèque de Paris – à l'occasion de la rediffusion de la Quinzaine des Réalisateurs cannoise. Autant dire que j'étais dans l'épicentre du cool, d'autant que je venais de voir un film dans lequel Dennis Hopper violait Barbara Hershey avec une bouteille de coca. J'étais super chaud. Le film s'ouvrait sur le titre éponyme de l'album des frères Fogerty. Je ne m'en suis jamais remis. J'ai écouté la BO du film en boucle jusqu'à ce que la bande de la cassette me lâche. Puis j'ai écouté Green River encore et encore. J'ai depuis abandonné tout espoir que Sean Penn refasse un bon film. Mais Green River, lui, tourne encore sur ma platine. (Virgile Iscan)

Nico - Desertshore (1970, 29 minutes)
Cet album respire la mort à plein nez. D'abord d'un point de vue totalement personnel parce qu'il tournait dans mon walkman K7 quand je suis tombé une nuit de vélo complètement ivre et que je me suis relevé la tête en sang (une chance que n'a pas eu Nico - mais avouez que la coïncidence est troublante). Ensuite parce qu'il comporte le titre « Je suis le petit chevalier » chanté par le fils de la chanteuse et Philippe Garrel et que c'est certainement le genre de morceau qui passe sur les navires Costa Croisière qui traversent le Styx. (Adrien Durand)

S.O.D. – Speak English Or Die (1985, 29 minutes)
Ça commence par un des deux ou trois meilleurs riffs jamais enregistrés par un être humain (« March Of The S.O.D. »), ça se termine par une Extended Version du titre « Diamonds & Rust » (2 secondes), et entre les deux il y a, dans le désordre, des morceaux où on se fout de la gueule des étrangers, des morceaux où on se fout de la gueule des gens qui se suicident, des morceaux où on se fout de la gueule des étudiants, des morceaux où on se fout de la gueule des filles qui ont leurs règles, des morceaux où on se fout de la gueule de Jimi Hendrix et des morceaux où on se fout de la gueule des gens qui ne font rien de spécial. Mais rassurez-vous, tout n'est pas négatif, il y aussi des morceaux pro-armée, des morceaux pro-baston, des morceaux pro-lait et des morceaux pro-Freddy Krueger. Ainsi que la meilleure mosh-part de tous les temps (« Douche Crew ») et 57 secondes de bruit aussi gratuites qu'insupportables. Dans Repo Man d'Alex Cox, il y a une scène qui a été coupée au montage (mais qu'on peut voir en bonus sur certaines éditions DVD) où Harry Dean Stanton essaie de téléphoner d'une cabine qui ne marche pas, abandonne, retourne à sa voiture, revient avec une batte de base-ball et la réduit en miettes. C'est le truc le plus proche que je connaisse de ce disque. (Lelo Jimmy Batista)


Slayer – Reign In Blood (1986, 29 minutes)
Plus qu'un classique : le b.a.-ba de l'agression pure, le grand traité de la férocité outrancière, le Que Sais-Je du démembrement à mains nues, la Bible du compactage de cadavres destinés à la construction de murailles sanguinolentes gardant l'entrée des enfers. Un disque bilieux, pervers, malfaisant, qui ouvrira la voie à bien d'autres disques bilieux, pervers et malfaisants (South Of Heaven, Seasons In The Abyss, God Hates Us All) et transformera Slayer en gros frelon métallique pistant ses proies avec une exubérance d'holocauste, semant mort, désolation et cataclysmes chromatiques sur son passage (le drive reptilien de « Postmortem », le MUR de riffs de « Jesus Saves ») et survivant aux controverses les plus sordides (« Angel Of Death », inspiré par les funestes exploits de Josef Mengele). (Lelo Jimmy Batista)
Lemonheads - It's A Shame About Ray (1992, 29 minutes)
Pendant toutes mes années lycées, aimer et défendre Evan Dando, considéré comme l'imposteur du grunge, était très compliqué. Un peu comme soutenir l'album de Miley Cyrus et des Flaming Lips en 2015, si vous voulez (ça, je vous laisse vous en occuper, hein). Pourtant tous les albums du mec qui est passé entre Kurt Cobain et Billy Corgan dans le lit de Courtney Love sont des manifestes assez parfaits de pop à pédale de disto Cash Converters chanté par un cerveau cramé à l'héro. It's A Shame About Ray reste une instantané parfait de la première génération chômage-sida-on-vit-aux-crochets-de-nos-parents (d'où sans doute cette reprise du « Mrs. Robinson » Simon & Garfunkel en bonus sur le repressage CD, pour faire plaisir à maman). D'autant plus qu'il inclut le génial « My Drug Buddy », tube à l'épreuve des balles du temps qui rappelle qu'il est toujours plus chouette de se droguer en bonne compagnie. (Adrien Durand)

Jay Reatard - Blood Visions (2006, 29 minutes)
De son propre aveu, Jay Reatard aurait enregistré son premier album solo juste pour emmerder ses petits camarades des Lost Sounds qui lui reprochaient de trop s'éparpiller et de ne pas assez s'investir dans le groupe. Et Blood Visions est effectivement un superbe majeur en l'air, parfait d'un bout à l'autre. Enregistré tout seul dans sa piaule de Memphis en quelques mois, il y est question de tuer des gens, de vivre dans des poubelles en buvant de la pisse et surtout, surtout d'être hyper nombreux dans sa tête. Et dire qu'il y a encore des gens aujourd'hui pour expliquer que les Reatards, c'était mieux et « plus punk ». Tas de merdes. (Diane Lebel)

Prince - Dirty Mind (1980, 30 minutes)
Comment peut-on en vouloir à Prince de faire l'apologie du sexe oral, de l'hédonisme à tout prix et de l'amour éternel dans un même album (tout en posant en slip sur la pochette) ? Impossible : en 30 minutes, le nain lubrique de Minneapolis trouve le temps de faire la fête toute la nuit, faire rougir toutes les meufs de la planète, taper des solos jamais chiants, faire râler les ménagères de l'époque et tout ça sans jamais avoir l'air essoufflé. Ok, il a oublié de trouver une fin à « Uptown » et « Head » (les deux plus gros tubes de l'album), mais c'est pas grave. (Loïg Hascoat)


Descendents - Everything Sucks (1996, 30 minutes)

Aucun groupe de punk ne devrait avoir le droit de se reformer et de sortir un album vingt ans après leur premier, jamais, sous aucun prétexte. Sauf si la troisème chanson de leur album est un hymne à la caféine de 35 secondes. (Diane Lebel)


Hightower – Sure. Fine. Whatever (2014, 30 minutes)

Combien de disques sortis après 1993 dans cette sélection ? Onze. Combien de disques sortis depuis 2010 dans cette sélection ? Quatre. Combien de disques français dans cette sélection ? Un seul. Pendant que vous courez comme des désespérés après les petits biscuits du bon Dieu, les parisiens de Hightower font tout ce qu'il faut faire : ils enregistrent un disque vital, nerveux, euphorique, tournent comme des porcs aux quatre coins de l'Univers-Monde et se font haïr par tout un tas de pignoles. Et offrent la seule réponse valable à l'hystérie qui gronde, là, dehors : Ouais. Super. On s'en cague. (Lelo Jimmy Batista)


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