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Jugés « trop gays » dans les années 70, Smokey sont juste à point pour 2015

Ils ont enregistré des morceaux sur les bars SM et les urophiles, joué avec Randy Rhoads, tourné avec Van Halen, vomi sur David Geffen et avaient, en gros, 35 ans d'avance sur leur époque.
06 juillet 2015, 2:15pm

John « Smokey » Condon, marginal de Baltimore, avait des rêves plein la tête et un goût prononcé pour les hommes. D’ailleurs, il ne s’en est jamais caché. Contrairement à de nombreuses stars des années 70 et 80 restées dans le placard, Condon était fier de ce qu’il était et il se foutait pas mal de ce que l’on pouvait penser de lui. A tel point que lorsqu’il a déménagé à New York et fréquenté le producteur EJ Emmons, le premier single qu’ils ont enregistré était dédié aux bars SM de New York (« Leather ») et à une drag queen de plus de 150 kilos (« Miss Ray »). Pour rappel, on était en 1974. En couple à la ville comme sur disque, ils baptisent leur duo Smokey, s’inspirant du vieux surnom donné à Condon par sa famille. Peu de temps après, ils sont embauchés comme groupe résident du légendaire club English Disco, tenu par Rodney Bingenheimer, en plein Sunset Strip. Parmi les habitués, on comptait James Williamson, alors guitariste des Stooges et le futur guitariste de Quiet Riot et Ozzy Osbourne, Randy Rhoads. Elton John était réputé être un gros fan du groupe et Joan Jett s'en est de toute évidence pas mal inspirée avant de fonder les Runaways.

Jamais signé parce que jugé « trop gay », Smokey a sorti ses disques via son propre label, le bien nommé S&M, et tourné aux côtés des Motels, des Berlin Brats de de Van Halen, à l'époque où eux non plus n'étaient pas encore signés. Le groupe a donné son dernier concert en 1977 mais s’est échiné à sortir des morceaux toujours hors limites, comme le funk pour gigolos « Million Dollar Babies » ou les 9 minutes de disco sauvage de « Piss Slave » au début des années 80. On a appelé Condon et Emmons, qui nous ont répondu en direct de Palm Springs.

Noisey : John, adolescent, tu vivais seul à l’étage d’un club de Baltimore, vers la fin des années 60. C’était comment ?
John « Smokey » Condon : Je vivais au troisième étage. Le club s’appelait The Bluesette. Ma chambre me coûtait 40 dollars par mois, et on partageait les toilettes avec les autres locataires. Il n’y avait que des musiciens. J’étais encore au lycée à l’époque, et je faisais la plonge pour gagner ma vie. J’allais en cours de 13h45 à 14h30, puis je revenais jammer et matter les groupes. J’aimais beaucoup Grin, ils étaient forts. Nils Lofgren était dans ce groupe avant qu’il ne rejoigne Bruce Springsteen.

T’étais seul ? Tu t’étais enfui de chez toi ?
Disons qu'on m’a demandé de partir.

A cause de ton orientation sexuelle ?
J’étais un enfant difficile, pour eux c’était préférable que je sois pénible, mais ailleurs [_Rires_]. Mais je suis très fier de la vie que j’ai menée. En y repensant aujourd’hui, je me suis bien battu. J’allais au lycée 45 minutes par jour. Plusieurs fois, je me suis fait exclure parce que j’étais gay. J’étais inscrit dans un lycée bourgeois et je me ramenais en marcel rose. Je me faisais tabasser pour ça, mais je travaillais et je payais mon loyer.

Tu as donc assumé ta sexualité très tôt.
Ouais, mais au début des années 60, ça ne faisait pas chier les personnes avec lesquelles je trainais. Il a fallu attendre les années 70 et 80 pour que ça devienne gênant pour certaines personnes. Surtout à Baltimore, les gens s’en foutaient. Je traînais avec la clique de John Waters, et ça ne faisait chier personne.

Sauf les gens de ton lycée.
Ouais [_Rires_]. Mais ils habitaient chez leurs parents, c’était des gosses. Moi, j’ai dû grandir plus vite et me comporter comme un adulte. Tu sais, j’ai marché avec Cesar Chavez et les cueilleurs de raisin, de Baltimore jusque Washington. C’était au moment des manifestations contre la guerre du Vietnam. On s’en foutait que tu sois gay ou hétéro. Les gens s’en foutaient, c’était des hippies.

Tu as parlé de la clique de John Waters. Tu as aussi traîné avec John Waters lui-même ?
Très rarement. J’ai fait des fêtes chez lui, pour l’anniversaire de Divine. J’ai traîné avec Edith Massey. La plupart d’entre eux allaient au Leadbetter’s, un bar en plein centre de Baltimore. Je n’ai pas revu John depuis les années 70. Dimanche dernier, à Palm Springs, j’étais à une fête au bord d’une piscine avec le photographe qui a fait la couverture du livre de John. On a discuté, je lui ai dit que, finalement, John n’avait pas pris les gens les plus barrés de Baltimore pour traîner avec lui. Il y avait des gens vraiment plus dingues dans le coin.

Tu as rencontré le manager des tournées des Doors, Vince Trainor, et tu es parti en Angleterre avec le groupe. Ça a dû être une sacrée expérience.
Ouais. Ils jouaient sur l’Ile de Wight. J’étais juste à côté de Jimi Hendrix. J’ai rencontré les types de Ten Years After, ainsi que Tiny Tim et Terry Reid. J’ai assisté au tout premier concert d’Emerson, Lake and Palmer. Je traînais avec les Doors. Aujourd’hui, tout le monde voit Jim Morrisson comme un sex symbol, mais à l’époque, il avait une grosse barbe et une bedaine à bière. Le public lui balançait de la merde sur scène parce qu’il refusait de parler entre les morceaux. Ça aurait dû être une tournée mondiale, mais les autres concerts ont été annulés car il devait comparaître au tribunal pour obscénité, en Floride.

Ensuite, tu as emménagé avec Vince à Los Angeles, où tu as rencontré EJ.
EJ Emmons : Smokey partageait mon lit. C’est comme ça que je l’ai rencontré. [_Rires_] Avant ça, il dormait à même le sol du studio dans lequel je travaillais. Un jour, Vince m’a appelé : « J’ai un gars qui vient de la côte est, il est mignon et il a une putain de voix. Tu pourrais peut-être en faire quelque chose. » Je l’ai rencontré et il était exactement comme Vince me l’avait décrit. Et puis on a enregistré « Leather ». De mémoire, peu de temps s’est écoulé entre notre rencontre et l’enregistrement, puisque à ce moment là je travaillais déjà avec Gordon Alexander [_chanteur/compositeur_]. On avait un groupe et un studio à disposition, on a foncé.

Smokey : EJ travaillait avec les Doors. C’est comme ça qu’il a rencontré Vince.

Emmons : Ouais. J’ai été roadie pour leur dernière tournée, qui s’est faite sans Jim.

« Leather » est un morceau inspiré par vos virées dans les bars SM de New York ?
Smokey : Ouais. On a enregistré ce morceau sans une thune. Vraiment, sans une thune. On n’a reçu aucune aide. C’est fou d’y être tout de même arrivé, en y repensant.

Emmons : Attends une seconde — je t’ai quand même payé une paire de verres à Boardner avant qu’on enregistre. J’en ai bien eu pour 5 balles.

Vous étiez déjà en couple à l’époque ?
Emmons : On s’est mis ensemble à ce moment là. Ça s'est fait comme ça.

Smokey : On est restés ensemble pendant 8 ans. C’est un record pour l’époque ! [_Rires_]

La face B du single « Leather », « Miss Ray » a été inspirée par une drag queen avec laquelle John avait vécu à Baltimore. Vous pouvez nous en parler ?
Smokey : Elle s’appelait Christine. J’avais besoin d’un endroit où habiter parce que j’avais lâché ma chambre au dessus du Bluesette, après m’être brièvement installé à New York. Donc je me suis installé chez mon pote Larry, qui vivait avec cette femme, qui devait peser environ 150 kilos. La nuit, elle se prostituait, nous on restait à l’appartement et on faisait la fête. Le matin, elle nous filait de l’argent pour qu’on sorte lui acheter des fringues. Je pensais vraiment que c’était une femme. [_Rires_] J’en savais rien moi !

Une fois le single enregistré, EJ a fait le tour des majors. Mais aucune n'a accepté de le distribuer.
Emmons : On était gays, et à ce moment là, ça n’avait rien de cool d’être gay à Hollywood. Ben Edmonds de Capitol nous a suivis pendant des années. Il aimait ce qu’on faisait mais il trouvait ça trop gay. Et c’était à peu près la même chose partout.

Vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte sur le moment, mais vous avez vraiment repoussé les limites des thèmatiques gay dans la pop.
Smokey : Si, on en avait conscience, mais bon, il fallait bien que quelqu’un s’y colle en premier ! L’un d’entre nous devait rentrer dans le tas, clamer haut et fort « on est aussi bon que le reste de ces fils de pute ». C’est ce qui fait évoluer la musique. Si tu ne franchis pas les limites, tu stagnes. On était coincés entre le rock californien tout mou des Eagles et le hard rock anglais, à côté de ça on était des excentriques. On ne voulait pas appartenir à tel ou tel genre, ou se conformer. Le mieux était donc de produire une musique inclassable, qui ne cherchait à entrer dans aucune catégorie. Et les gens ont aimé.

Smokey

Vous avez finalement distribué les singles de Smokey sur votre propre label, S&M Records. C’était un clin d’oeil salace à A&M Records ?
Emmons : Pas du tout. J’ai aimé certains trucs sortis par A&M Records. On a choisi ce nom juste pour attirer l’attention. Les morceaux « Leather » et « Miss Ray » étaient tous les deux plus ou moins en rapport avec le SM, ça semblait donc naturel de prendre ce nom. Smokey est un bon dessinateur, il nous a fait le logo. Avec un logo comme ça, les gens achètent, ils se disent que ça doit être un truc bizarre. Même si nos singles coûtaient 69 ou 99 centimes chez le disquaire à l’époque, les gens l’achetaient et en parlaient.

Smokey : On a vendu plusieurs milliers d’exemplaires à Tower Records, un disquaire situé sur Sunset Strip. C'est lui qui nous a fait connaître à travers le monde.

Vous avez ensuite enregistré un morceau avec James Williamson des Stooges. Comment l’avez-vous rencontré ?
Emmons : Bon, je ne sais pas s'il a joué sur quoi que ce soit au final, mais c’était un pote à moi. Je l’avais fait rentrer chez Paramount, là où je bossais à l’époque. Iggy et lui ne pouvaient pas se permettre de se faire arrêter, du coup je l’ai embauché pour qu’il m’aide au studio. On traînait ensemble, on jammait. On a enregistré pas mal de sessions ensemble mais on ne peut pas vraiment savoir qui fait quoi sur ces bandes. Mais oui, on a joué ensemble.

Et pour Randy Rhoads et Kelli Garner ?
Smokey : Ils étaient dans le groupe mais ils n’ont participé à aucun de nos disques, vu que les masters des enregistrements qu'on avait fait ensemble ont brûlé dans un incendie il y a 25 ou 30 ans de ça.

Ils jouaient avec vous avant même de faire partie de Quiet Riot. Ils devaient être sacrément jeunes.
Smokey : Ouais, ils étaient mineurs. On a dû faire 8 ou 9 concerts ensemble. Ils n’étaient pas assez matures pour faire partie du groupe, on a dû les virer. On a bossé avec eux en studio, mais je déteste le morceau écrit par Randy qu’on a enregistré ensemble, « Look Thru Any Window ». Je me souviens avoir dû le chanter des centaines de fois.

Emmons : Heureusement, il n’en reste plus rien aujourd’hui.

Ça me fait mal au coeur ce que vous dites, je suis un énorme fan de Randy Rhoads.
Emmons : On n'aimait pas le morceau, mais c’était un kid vraiment très cool.

Smokey : Randy était un gamin super et un musicien de talent. Récemment, j’ai posté des photos de lui sur mon site, à l’époque où je lui coupais moi-même les cheveux. Je l’ai recroisé plus tard, il jouait avec Ozzy, on s’est très bien entendus. Et j’ai parlé à Kelli vendredi dernier. On est toujours amis. Mais comme EJ l’a dit, ils étaient trop jeunes pour ce qu’on faisait à l’époque.

Smokey

Puisqu’on parle d’enfants, j’ai cru comprendre que Joan Jett était très fan de Smokey, avant même qu’elle ne forme les Runaways.
Smokey : Elle était venue nous voir chez nous à Hollywood, elle nous avait supplié de jouer avec elle. Elle avait 14 ans à l’époque, je lui ai répondu « Joanie, je t’adore, mais tu es juste trop jeune ». C’était une fille très gentille aussi.

Vous avez écrit « Million Dollar Babies », un morceau qui fait référence aux hommes qui se prostituent. C’était pour se moquer de « Billion Dollar Babies » de Alice Cooper ?
Emmons : Ah tiens, je n’y avais jamais pensé ! J’aime bien cet album d’Alice Cooper. Non, on avait dû se dire que ça passait, qu’un million n’avait rien à voir avec un milliard et que c’était cool [_Rires_].

Smokey : J’ai assisté à la première tournée d’Alice, le Pretties For You Tour, en 1969 si je me souviens bien. C’était assez dingue. Après je les ai vu en première partie de Black Sabbath à Philadelphie.

Arrêtez, je suis jaloux. Mais ce morceau ne parlait pas de tous les prostitués, juste d’une catégorie bien précise d’entre eux.
Smokey : Oui. Ils étaient dans des camions, ils venaient se garer de nuit à Greenwich Village. Ils ouvraient l’arrière du camion, les gens montaient et ils faisaient leur passe.

Plus tard, vous avez enregistré « Piss Slave » un morceau disco de 9 minutes qui a vidé le dancefloor de l’Odyssey, le club de Los Angeles, en 1979.
Emmons : C’est marrant. Chuck E. Starr, le DJ de l’Odyssey était un bon copain. Je suis arrivé au club un samedi soir avec un acetate de « Piss Slave ». Je l’ai filé à Chuck pour qu’il le passe. Il s’en foutait — il jouait tout ce qui lui tombait sous la main. Il l’a lancé et pendant les deux premières minutes tout le dancefloor s’agitait, tout le monde souriait. Et puis est arrivé le moment où on entend « I wanna drink yo’ piss ! » et tout le monde s’est arrêté. [_Rires_] Chuck l’a laissé encore un moment et il a mis autre chose pour que les gens continuent de danser. C’était quand même un début de succès, ça a vraiment arrêté tous les danseurs.

Smokey : On a écrit ce morceau en cinq minutes. La voix a été enregistrée d’une traite. Cette chanson parle du type avec lequel je vivais à l’époque. [_Rires_]

Emmons : Au moment où on enregistrait avec le groupe, on ne leur a pas donné le titre du morceau. On avait vraiment un groupe génial, mais certains des membres étaient témoins de Jéhovah, je pouvais pas leur dire qu’on avait appelé la chanson « Piss Slave ». A la place, je leur ai dit qu’elle s’intitulait « Fascinated Funque. »

Parlez-moi du jour où vous avez fait la première partie de Van Halen.
Smokey : En 1976, on nous a proposé de jouer sur un circuit de rollerblade à Norwalk. C’était la première fois qu’on jouait en dehors de L.A. Van Halen devaient faire notre première partie, mais ces types étaient de vrais connards. Ils ont insisté pour qu’on ouvre pour eux parce que des types de Warner Bros allaient se pointer pour les voir. De toute façon, les gens étaient surtout venus pour eux, ils ne savaient même pas qui on était. En face de moi, il y avait un mec bourré qui essayait de s’électrocuter. C’était vraiment bizarre, j’ai passé un sale moment. Mais on a fait notre truc. Hester, la fille qui chante sur « Dance The Night Away » portait un parachute violet transparent avec rien en dessous. Elle s’accroupissait et elle montrait sa chatte.

Emmons : [_Rires_] Une fille au top.

Smokey : A l’époque, Van Halen n’avait pas sorti son morceau « Dance The Night Away ». Ça m’a fait péter un câble quand ils l’ont sorti, quelques années plus tard.

Emmons : Ça a crisé à la maison.

John, c’est vrai que tu as vomi sur David Geffen ?
Smokey : Ouais, ça me gêne à chaque fois qu’on remet ça sur le tapis.

Emmons : On te laisse imaginer la scène [_Rires_]. J’étais pas là, heureusement.

Vous avez donné votre dernier concert au Cabaret Club en 1977, mais vous avez continué à sortir des morceaux les années suivantes. Pourquoi avoir arrêté les concerts ?
Smokey : On sentait que le moment était venu. C’était l’époque de la new wave et des groupes à cheveux longs. Pendant des années, on a joué presque tous les jours. J’avais la vie qui allait avec, je vivais dans le garage d'EJ à côté de ma moto, sans salle de bain. J’étais une putain de loque. Pour notre dernier concert, je portais un t-shirt et un jean, j’étais grunge des années avant que ça existe. Les gens sont devenus fous, ils hurlaient, perchés sur les tables. La salle était comble et il pleuvait des cordes dehors. Ils se ruaient vers moi, c’était hyper bizarre. Malgré toute cette hype autour de nous, on n'a jamais signé sur aucun label.

Emmons : Mais on a continué à enregistrer des disques. On a sorti « Piss Slave »; « I’ll Always Love You », « Hot, Hard & Ready » et quelques autres. Si on avait continué, on aurait sûrement fait des trucs dans la veine de « Hot, Hard & Ready ». Qui sait ce qu’on aurait pu faire ou ce qu’on pourrait encore bien faire.

Vous pensez ressortir des morceaux avec Smokey ?
Emmons : On y pense, mais tout dépendra de Smokey. J’ai un studio, donc ce n’est pas un problème. On a toujours des musiciens autour de nous. Donc, oui, on pourrait. Je crois que « Piss Slave » a été remixé par plusieurs DJs, dont moi. Mais je préfèrerais que l’on recommence là où on s’en était arrêté.

Smokey : On jouait toujours un peu de blues pendant nos sets, sans jamais en avoir enregistré. C’est triste, ça m’aurait plu. En plus, on était plutôt bons.

Quand on réécoute Smokey en 2015, on se rend bien compte que vous étiez totalement en avance sur votre temps. Vous en aviez conscience quand vous avez enregistré dans les années 70 ?
Smokey : Oh, oui. On s’est juste gourré dans les durées, on pensait n’avoir que 5 ans d’avance. En fait, on en avait 35 ans. [Rires] Mais Hitler avait tort, tu sais. Alors j'imagine que je peux avoir tort aussi.

J. Bennett est le guitariste de Ides Of Gemini. Ça fait maintenant 48 heures qu’il écoute « Piss Slave » en boucle.

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