Confidence pour confidence avec Mark Hoppus de Blink-182

Sa période rave, ses souvenirs de lycée, son livre de chevet, son dernier repas, ses doutes, ses regrets, vous saurez tout sur le leader du groupe préféré de vos 15 ans.
Hannah Ewens
London, GB
8.4.17

Tout au long des années 90, le pop-punk a été timidement représenté par Green Day et The Offspring, avant que la vague Blink-182 ne déferle sur le marché, le majeur levé et le cul à l'air. Le trio de San Diego était plus cru et catchy que tous les autres ; à l'époque de la sortie de Enema Of The State, en 1999, une grosse partie de la jeunese, de chaque côté de l'Atlantique, ne jurait que par Dickies, MTV, Tony Hawk's Pro Skater et Jackass. Pendant ce temps-là, Blink-182 semblait résonner dans tous les walkmans, toutes les chambres d'ados et tous les skateparks.

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Parti des blagues de cul sur les chiens et des clips à poil pour en arriver au mariage, aux enfants et au départ de Tom DeLonge, le groupe est malgré ça toujours en vie, 20 ans après ses débuts. Privés de leur frontman, ils ont été rejoint par Matt Skiba, d'Alkaline Trio, et viennent de sortir leur nouvel album, California. On a discuté avec Mark Hopus, bassiste et chanteur de longue date, dans le bar à eaux le plus cossu qu'on n'ait jamais visité – une salle de réception privée de ce putain de Savoy Hotel.

Noisey : Ça a été quoi, ta pire phase ?
Mark Hoppus : J'allais en rave pendant des années, au tout début des années 90. Il y a des photos de moi avec des futes gigantesques et des T-shirts à rayures. Je n'écoutais pas cette musique, juste du punk-rock, mais j'aimais l'idée de ces gens qui s'approprient un espace pour y organiser une grosse teuf. J'habitais dans une ville déserte, mais on allait à L.A et San Diego, ça commençait à peine à apparaître là-bas. J'aimais cette sorte de chasse, quand tu devais aller dans un magasin de disques pour trouver le mec avec un chapeau violet et lui dire que tu voulais venir à la fête – et qu'il t'envoyait ensuite voir un autre type, à un autre endroit. Tout ce jeu de piste était marrant, mais ça reste quand même la pire phase de mon existence. En quelle théorie du complot tu crois ?
Aucune. Je sais qu'on me ment sur certains trucs, mais je m'en fous un peu. Quand je suis confronté à des choses que les gens présentent comme une conspiration, je ne le prends pas pour argent comptant. J'ai besoin de plus de preuves significatives. Je crois que l'homme a bel et bien marché sur la Lune, je ne crois pas à l'existence de Big Foot ou du monstre du Loch Ness. Je ne pense pas que les aliens nous aient rendu visite – je crois à l'existence d'une vie extraterrestre sous une certaine forme, mais je ne pense pas qu'ils soient venus pour zoner ici.

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Mark Hoppus, Matt Skiba et Travis Barker. (Photo - Willie Toledo)

Combien de livres as-tu vraiment lu jusqu'au bout en 2015 ? Dis la vérité.
L'année dernière, peut-être une douzaine. Il y a eu des périodes où je ne lisais pas pendant longtemps, mais maintenant j'essaie de lire au moins un livre par mois. Peu de romans, ces derniers temps. En ce moment, je lis un livre sur le rôle de Benedict Arnold dans la révolution américaine. Il est considéré comme un immense traître dans l'Histoire américaine – si tu traites quelqu'un de « Benedict Arnold », ça équivaut à « grosse balance ». Ce livre explore vraiment les motivations de ses actes, et là je n'en suis qu'à la moitié. Ça va sonner hyper geek, mais en fait j'écoute le livre en audio quand je conduis, et j'y retourne ensuite et je le relis en vrai pour prendre des notes. Il y a tellement d'infos à traiter, et je ne veux rien oublier, donc en gros, je lis le livre deux fois, et je prends des notes une fois. À quel moment de ta vie as-tu réellement été submergé par la peur ?
Toujours. Je suis toujours dans le doute – je doute de moi, au mieux. À chaque fois que je me pose pour écrire une chanson, je suis convaincu que je ne vais pas réussir à faire mieux que la chanson précédente. C'est toujours génial de finir une chanson, tout le monde y ajoute sa touche ; je rentre du studio en l'écoutant dans la voiture, je suis super excité, fier, habité, et investi. Et puis je me réveille le lendemain genre « et merde, je n'écrirai plus jamais une bonne chanson de ma vie. » Quel est le meilleur truc que tu possèdes ?
On a pu s'acheter des œuvres d'art super cools avec le groupe, des trucs que j'adore. On a un Banksy et un Warhol. Ça serait quoi, ton dernier repas ?
Un burrito haricots/fromage, dans un resto en Californie. Je laisserais le riz de côté. C'est mon plat préféré. Si tu étais catcheur, tu choisirais quelle chanson pour ton entrée sur le ring ?
« It's Raining Men ». Je pense que ça pourrait déstabiliser complètement mon adversaire. Et s'il fallait une chanson qui me définisse, je dirais « Dammit » de Blink-182. Sur quelle photo de toi, prise cette année, penses-tu être le plus à ton avantage ?
Il y a un mec qui s'appelle Willie qui a pris beaucoup de photos de Blink ces derniers temps. C'est des photos de presse, pas des photos de scène, et il réussit toujours à nous rendre beaux. Ça ne me dérange pas qu'on prenne des photos. Parfois, j'ai l'impression d'avoir l'air cool, d'autres fois je me dis « putain que j'ai l'air con » – surtout sur les photos de live ces derniers temps. Tu te donnes à fond, et puis tu regardes les photos et tu fais juste des têtes de rockeur débile, et t'as l'air con.

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Une pose rock (Photo - Willie Toledo)

Quel est ton souvenir de lycée le plus marquant ?
En première, j'avais choisi un cours sur Shakespeare. C'était un peu un cours obligatoire – et il y avait un prof qui faisait vraiment vivre Shakespeare, d'une manière vraiment cool. J'avais essayé de lire ses œuvres avant ça, et je n'avais jamais réussi. Ça ne voulait juste rien dire pour moi. Et ce prof a tout éclairci. En fait, j'étais parti à la fac pour devenir prof d'anglais avant qu'on commence à tourner à plein temps. Tes parents auraient préféré que tu choisisses quelle carrière ?
Il y a eu un moment, quand j'étais à la fac, où le groupe a commencé à faire des concerts en dehors de San Diego : Los Angeles, Santa Barbara. On avait cette opportunité, et j'ai dû choisir une voie, parce que j'allais soit échouer à la fac, soit devoir quitter le groupe pour continuer les études à fond. Je suis allé voir ma mère et je lui ai demandé son avis, et elle m'a dit : « tu pourras retourner à la fac n'importe quand, mais tu n'auras qu'une seule chance de jouer dans un groupe. » Je pense que j'avais seulement besoin que quelqu'un me donne le feu vert. Donc j'ai laissé tomber la fac, et je suis resté chez elle pendant des années, pendant que le groupe tournait, et grossissait. Je n'aurais jamais pu arriver là où l'on est aujourd'hui sans sa bénédiction. Quelle a été ta première destination de vacances avec tes potes, et qu'est-ce que vous y avez fait ?
Ca devait être notre première tournée. Je me souviens que tout nous paraissait étranger, on galérait pour réunir assez de ronds pour faire le plein et arriver à la ville suivante, on dormait par terre chez des gens, sur le bas-côté de la route, et on se disait : « Bon, si on mange juste un buritto chacun au Taco Bell, on devrait avoir assez pour rouler jusqu'à la prochaine ville. » C'étaitent les meilleurs moments de ma vie. Jusqu'à quelle heure es-tu déjà resté éveillé le plus tard ?
J'ai fait une nuit blanche et une journée entière après ça. Je le fais souvent en fait, même si c'est pas très raisonnable, je crois. J'ai tendance à ne pas dormir beaucoup. Je trouve ça plus chiant qu'autre chose. Je préfère largement faire quelque chose d'autre, lire un livre, regarder un film ou un truc à la télé. Le sommeil est plutôt un temps de repos forcé. Quelle est ton plus grand regret dans la vie ?
On fait tous des choses qu'on regrette. Là où l'humain intervient, c'est dans sa façon de gérer ces situations. Globalement, j'essaie de reconnaître mes erreurs, d'en tirer une leçon, et d'en apprendre quelque chose plutôt que de les regretter. Quand il arrive que je fasse des erreurs, j'essaie de les rétablir du mieux possible, je m'excuse si je dois m'excuser, je répare si je dois réparer, et je passe à autre chose.

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