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Music by VICE

Frustration contre Godzilla

Les aventures du meilleur groupe post-punk français au pays du Soleil Levant.

26 Mai 2016, 11:25am



Du 13 au 19 avril dernier, Frustration, meilleur groupe post-punk en activité sur le sol français et fer de lance du label Born Bad a embarqué pour sa première tournée au Japon. Quelques jours avant la remise en jeu de leur titre face à leurs frères ennemis de Sleaford Mods à Villette Sonique, ils nous ont raconté comment ils ont mis une pile définitive à Godzilla, entre décalages horaires, armes à feu, concerts hystériques et séances de Karaoké.




Première étape avant de commencer la tournée : la visite de Kyoto, ancienne capitale impériale. La ville est magnifique, on découvre le japon traditionnel et ses temples comme de gros touristes et on profite de nos dernières heures de calme avant la tempête.

Premier concert à Kobé au Helluwa Lounge avec 2 groupes japonais totalement inconnus de nos services. La salle est bien remplie et on a même quelques amis français en vacances dans le coin passés nous soutenir. Une très bonne surprise : la qualité du matériel sur place. Rarement vu ça en Europe. On joue à bloc et le public se montre plutôt réceptif ! Kobé est connue pour son bœuf ultra-haute qualité. On n'a malheureusement pas eu le temps d’y goûter, mais de toute façon c’est très très (très) cher.



Osaka. La fatigue et le décalage commencent déjà à se faire ressentir. Tout comme le salaryman japonais, le rockeur en transit roupille dans les transports en commun. On voyage dans un très joli train à l’ancienne, très bien entretenu et super clean, comme à peu près tout ici. Ça nous ferait presque oublier notre mission : coller une méchante mandale à Godzilla. Le second show se déroule au Namba Mele. On est accueillis par un type au look « Orange Mécanique ». Ce soir, on joue avec 4 autres groupes nippons : Compact Club, Syas, Blondnewhalf & Headrose.

Ici, la plupart des groupes « underground » sont payés aux entrées. On l’apprendra par la suite mais le public choisit à l'entrée à quel groupe ira sa contribution ! On est repartis ce soir là avec l'équivalent de 70 euros en poche. Rien de choquant ni d'étonnant cela dit, nous n'étions évidemment pas les plus connus. Et puis on n’est pas venu pour ça. Le mot d'ordre c'est « fun ». Et « mandales ». Et « Godzilla ».



Le bassiste de Compact Club. Il nous suivra sur tous les concerts suivants. Un constat : le public japonais est vraiment toujours très fun et extrêmement amical. Il est aussi super looké. Ici, rien n’est fait à moitié. Pas de clones H&Misés ou Uniqlo-isés. Les gens font de leur mieux pour vivre la culture underground à fond, en marge des courants dominants.



Nagoya. On prend un Shinkansen, le train le plus rapide du monde (+ 600 Kmh) . On joue au Daytrive club, avec 2 groupes japonais dont on a jamais entendu parler : WBSBFK et les Skateborad Kids. Pour la peine, ils nous exploseront les tympans : ici, aucun club n’a de limiteur, tout est à burnes, +150 db !! Un truc à souligner : les groupes japonais qu'on a côtoyé étaient tous de très bons musiciens, de toute évidence, ici, personne ne prend la musique à la légère. A coté, on passe pour de sacré branleurs. D'ailleurs, à ce sujet : c'est la seule date où on n'a pas eu à payer nos bières.




Tokyo. On retrouve Daddy-O, l’homme derrière la tournée, celui sans qui rien n’aurait été possible. Un personnage haut en couleur de la scène garage-punk locale, depuis la fin des années 70. C’est un peu le parain du milieu, ici. C’est aussi un grand fan de cyclisme, il porte d'ailleurs le maillot jaune du tour de France pour nous faire honneur. Ah, et il a une troisième passion : les armes à feu. Nous jouons au Club Heavy Sick, dans le cadre du festival « Back from the grave », sorte de marathon du garage avec 11 groupes, parmi lesquels les australiens de Catzilla, Minesotta Voodoomen, Stompin’ Riff Raffs et Mellvins (ces 2 derniers, on les a rencontrés il y’a quelques mois au shop Born Bad et on est très contents de les revoir).

La salle est très petite, genre Mécanique Ondulatoire, mais ça n'a l'air de choquer personne. Du grand n’importe quoi à la japonaise ! Mais tout se passe à la perfection, chacun vient soutenir ses potes avant de s'éclipser pour laisser la place aux autres ! La soirée se prolonge dans un resto traditionnel avec l’impression, au fur et à mesure que les heures passent, que tout le monde se connaît depuis des années. Dernière tournée de Hot Saké et retour à Koenji, le quartier où nous avons posés nos valises. Un des quartiers les plus cool de Tokyo - pas mal de disquaires et de fringues vintage dans une ambiance early Brooklyn.

Aprés avoir goûté à la folie du quartier de Shibuya, on glisse vers le quartier coréen de Tokyo, direction le Earthdom, où nous partageons l’affiche avec les 5,6,7,8’s (le fameux groupe de filles que vous avez forcément vu et entendu dans Kill Bill) , 13Th Moon (un groupe Goth avec qui on a déjà joué dans un festival au Portugal) et 2 autres groupes locaux. La salle est bondée, les gens sont chauds. Il y’a un espace club ou les DJs Mr Death, Dadddy O et notre pote Cyril (un français expatrié) mettent une ambiance plutôt étonnante pour dimanche soir ! Très bonne soirée qui se poursuivra encore dans un resto jusque tard dans la nuit ! Le rhythme est soutenu, faut tenir la cadence. Ok, encore un saké mais juste un, d'accord ?



Jour off à Tokyo. On se donne rendez-vous pour dîner dans un barbecue coréen, avant d'enchaîner sur ce qui sera une grande première pour la plupart d'entre nous : le Karaoke. Un peu réticents au départ, on se laisse prendre au truc après s'être vus proposer une sélection de déguisements à l'entrée, qui vont nous mettre dans le mood pour deux heures de franche rigolade. Même les plus timorés finissent par se lâcher et gueuler à tue-tête sur « Blitzkrieg Bop » , « Love will tear us appart » ou « Like a virgin ».



Deuxième jour off à Tokyo. Shopping dans le quartier de Shimokitazawa, où on va mettre une sérieuse pile à notre budget. Fred notre clavier, fidèle a lui même, en profitera pour tester les meilleurs bonbons japonais !



Dernier show à Tokyo au Shelter, un club mytique où tout le gratin de la scène underground est venu jouer. On partage l’affiche avec un des groupes japonais les plus connu outre-atlantique et pas des moindres : Guitar Wolf. On joue en tete d’affiche après eux, grosse pression. Le club est plein à craquer, l’ambiance est survoltée.

La photo finale, qui sera suivie d'un petit after donné en notre honneur, pourclôturer la tournée. L'occasion de retrouver pas mal de monde comme certains membres de Teengenerate. ARIGATO !!!!


Frustration seront en concert demain 27 mai avec leurs alter ego anglais de Sleaford Mods à la Grande Halle de la Vilette dans le cadre de Vilette Sonique. White Fence et Sauna Youth seront également à l'affiche.