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Utiliser le son comme une arme : les années noise de Dwid Hellion dans Psywarfare

On a discuté presses à vinyles et vêtements 100 % laine avec le leader d'Integrity.
02 juillet 2015, 2:45pm

Passés du straight edge hard line à la glorification de Satan et à la fascination pour Charles Manson via une consommation outrancière de psychotropes, le groupe hardcore-metal Integrity et son frontman Dwid Hellion ont toujours été dans les extrêmes.

Un parcours dont un des épisodes reste assez trouble et peu documenté : celui de son side-project powerelectronics Psywarfare, créé au milieu des années 90. Des morceaux inédits du groupe sont sur le point de sortir en vinyle, ce qui m'a donné une bonne excuse pour passer un coup de fil à cette vieille connaissance et savoir où il en était aujourd'hui.

Noisey : D'où vient Psywarfare?
Dwid Hellion : C'est une continuation directe d'Integrity, à l'époque où j'expérimentais avec les sons. Comme sur l'intro de « Those Who Fear Tomorrow », qui commence dans un gros chaos sonore surplombé de samples de Henry Lee Lucas. Ça ressemblait à un Whitehouse du pauvre, si tu veux. Ensuite, en 1993, j'ai vu [" target="_blank" >en direct sur CNN](http://<iframe width=) l'assaut de l'ATF durant le siège de Waco au Texas. Avant de lancer l'assaut, ils ont balancé un son strident pour inciter David Koresh à se rendre. Et ce truc a vraiment retenu mon attention. L'idée que ce son pouvait être utilisé comme une arme. C'est à ce moment-là que j'ai décidé de transformer Psywarfare en un vrai projet.

T'avais quoi comme matériel ? Le synthé WASP ?
Non. Rien de bien. Je produisais tous les effets moi-même. La compagnie de pédales d'effet Boss avait conçu des mini-racks faciles à manipuler qui me permettaient de produire des vagues de sons cauchemardesques. J'avais aussi un générateur de sons qui produisait d'incroyables tonalités subsoniques. J'ai modifié des jouets, fait des boucles à partir de cassettes, je mettais de la colle sur des vinyles, ensuite une fois qu'elle était dure, j'effritais la colle et j'obtenais une copie inversée du disque et je la jouais sur une platine en mettant des effets par-dessus. Mon matos ne coûtait rien et était généralement bricolé ou modifié.

Tu as déjà joué en live avec cet équipement ?
Oui, j'ai donné quelques concerts. Le premier c'était avec Merzbow et Masonna en 1996. Ils faisaient leur première tournée américaine et jouaient dans quelques villes seulement. Je les avais booké à Cleveland et Psywarfare avait ouvert pour eux.

Comment la scène hardcore de Cleveland, réputée pour son ouverture d'esprit, avait réagi ?
Eh bien, si l'on prend en compte le fait que Integrity étaient perçus comme des parias du mouvement hardcore, je ne crois pas que les gens envisageaient ce type de son comme un grand écart pour moi. Bien sûr, j'ai reçu pleins de critiques. « C'est pas de la musique ! Eteins-moi ça ! » J'avais entendu les mêmes remarques de la bouche de mes grands-parents à propos du punk et du metal, donc je me disais que je faisais bonne route.

C'est très marrant quand un type qui s'auto-proclame punk trouve qu'un style de musique est trop extrême pour lui, mais aussi surprenant que ça puisse paraître, il y avait aussi beaucoup de gens qui étaient réceptifs à la musique noise dans les années 90. Et c'est entièrement dû à des gens comme Throbbing Gristle, Monte Cazzazza, Whitehouse ou Boyd Rice, qui ont montré la voie à suivre.

Tu m'as raconté une histoire une fois à propos d'un « festival d'arts obscurs » à Chicago où la police était intervenue. Il s'était passé quoi au juste ?

Psywarfare avait joué pour « l'expo de l'extrême » à Chicago au milieu des années 90. Et la police n'a pas aimé ma performance. Ils avaient tenté de m'arrêter et se sont servis de ma tête comme d'un bélier pour ouvrir la porte de la salle. Dans un de ses rares gestes de générosité, Tony Brummel (le boss de Victory Records) avait alors mis la main au porte-monnaie pour que les flics me relâchent.

Qu'est ce qui les avait énervé ? Que tu n'utilises pas un WASP ?!
Sûrement, mon équipement n'était pas à la hauteur de leurs attentes.

Pourquoi ressortir ce live aujourd'hui ?
J'ai sorti plusieurs disques de Psywarfare récemment. Magic Bullet Records a sorti un split avec Rot In Hell et A389 a également fait un disque spécial pour le Record Store Day avec Full Of Hell. Laurence Taylor du label COF m'a également contacté l'année dernière pour savoir si j'étais intéressé pour sortir un 45 tours avec des morceaux inédits de Psywarfare. Au même moment, Bill « Snakedick » Covelli (légende de la scène de Cleveland et pote de Dwid) venait de mourir. Bill avait participé à plusieurs morceaux de Psywarfare alors je me suis dit que c'était une belle manière de lui rendre hommage.

Est-ce que tu veux parler de l'actualité d'Integrity ?
On va donner un concert pour le festival A389 cet automne à Baltimore. Le line-up sera constitué des frères Jochum et d'un mec qui s'appelle Shifty Steve.

Vous allez sortir de nouvelles chansons ?
On a un split 45 tours en prévision avec Krieg sur le label Holy Terror cet automne, et Billy Bayou de Glorior Belli fait quelques featurings dessus. Le problème c'est que les pressages sont super lents et que c'est très difficile de prévoir une date de sortie actuellement. C'est pénible, toutes les usines sont monopolisées par le repressage en vinyle 180 grammes des albums de Jim Croce et de la bande-originale de Ghostbusters que tu peux trouver dans n'importe quel gourbi pour 10 centimes. Le vinyle est toujours notre support de prédilection, même si les majors ont abandonné le format, les petits labels y sont toujours restés fidèles. Il y a encore plein d'usines qui tournent.

Où est-ce que tu passes tes commandes ?
Désolé, je ne peux pas le dire. Je ne veux pas que mon usine se retrouve surchargée et doive repousser mes disques pour faire passer des repress de la B.O. des Goonies et des box-sets des Eagles.

Pour finir, j'aimerais qu'on parle de ta récente passion pour les vêtements en laine.
Mon ami James Brandon, qui a fondé Shredders Apparel, a eu cette idée tarée de concevoir des vêtements Holy Terror. Et il choisit en plus de les sortir en plein été. Il faut également savoir que James est basé au Texas, et qu'il sait très bien les effets produits par la météo estivale sur un individu portant un bonnet tête de mort Integrity en laine !

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