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À 16 ans, Dotorado Pro est la vitrine de la nouvelle scène Afro-House de Lisbonne

Kalaf de Buraka Som Sistema est allé à la recontre du prodige de la nouvelle scène électronique portugaise.
28 avril 2015, 10:59amUpdated on 24 janvier 2017, 3:56pm

Il y a un an quasiment jour pour jour, Dotorado Pro s'est imposé sur la scène Afro-House de Lisbonne avec le morceau « African Scream ». Tube absolu sur internet au niveau local,

« African Scream » a poursuivi son chemin jusque dans les clubs, aux quatre coins du monde. Ici, à Lisbonne, c'est désormais un morceau qu'on entend partout. Il a été définitivement approuvé par les jeunes de la capitale et semble désormais résonner sans fin dans les rues, les gamins préférant l'écouter sur les enceintes de leur portable plutôt qu'à travers des écouteurs. « African Scream » fait aujourd'hui partie des morceaux qui définissent le son de Lisbonne et qui servent de moteur aux battles de danse improvisées des quartiers.

J'ai très vite cherché à en savoir plus sur Dotorado Pro, et j'ai finalement découvert qu'il s'agissait d'un gamin noir de 16 ans, originaire de Setùbal, ce qui n'est pas aussi surprenant que ça en a l'air. Setùbal est une ville industrielle côtière de 130 000 habitants située à 40km au sud de Lisbonne où les activités sont assez réduites pour les adolescents. Dotorado Pro (de son vrai nom

Valdano António Mateus da Silva

) admet d'ailleurs que l'ennui est ce qui l'a poussé à faire de la musique.

« Qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ? Contrairement à tous les gamins cools du quartier, je ne m'intéressais pas particulièrement au sport ni à la danse », nous raconte-t-il alors qu'il branche son laptop sur un téléviseur dans le salon de ses parents pour nous faire écouter ses dernières prods. Certaines sont encore à l'état de brouillon—il les compose seul ou avec son crew, Mambos da Casa Produções. Les six membres du crew communiquent via Internet, ils vivent tous dans différentes villes de la banlieue de Lisbonne.

Dotorado Pro est né en Angola mais il n'en a quasiment rien vu. Il n'avait que deux ans quand sa famille a quitté Luanda pour Setúbal afin de fuir la guerre. Dotorado Pro est très vite tombé amoureux du kuduro, et a commencé à composer des beats sur Fruity Loops à l'âge de 11 ans, déterminé à suivre la voie tracée par son idole, Gaia Beat. Dotorado Pro reconnaît d'ailleurs que les boucles de marimbas qu'on entend sur « African Scream » lui ont directement été inspirées par le producteur angolais.



Il y a un an quasiment jour pour jour, Dotorado Pro s'est imposé sur la scène Afro-House de Lisbonne avec le morceau « African Scream ». Tube absolu sur internet au niveau local,

« African Scream » a poursuivi son chemin jusque dans les clubs, aux quatre coins du monde. Ici, à Lisbonne, c'est désormais un morceau qu'on entend partout. Il a été définitivement approuvé par les jeunes de la capitale et semble désormais résonner sans fin dans les rues, les gamins préférant l'écouter sur les enceintes de leur portable plutôt qu'à travers des écouteurs. « African Scream » fait aujourd'hui partie des morceaux qui définissent le son de Lisbonne et qui servent de moteur aux battles de danse improvisées des quartiers.



J'ai très vite cherché à en savoir plus sur Dotorado Pro, et j'ai finalement découvert qu'il s'agissait d'un gamin noir de 16 ans, originaire de Setùbal, ce qui n'est pas aussi surprenant que ça en a l'air. Setùbal est une ville industrielle côtière de 130 000 habitants située à 40km au sud de Lisbonne où les activités sont assez réduites pour les adolescents. Dotorado Pro (de son vrai nom

Valdano António Mateus da Silva

) admet d'ailleurs que l'ennui est ce qui l'a poussé à faire de la musique.

« Qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ? Contrairement à tous les gamins cools du quartier, je ne m'intéressais pas particulièrement au sport ni à la danse », nous raconte-t-il alors qu'il branche son laptop sur un téléviseur dans le salon de ses parents pour nous faire écouter ses dernières prods. Certaines sont encore à l'état de brouillon—il les compose seul ou avec son crew, Mambos da Casa Produções. Les six membres du crew communiquent via Internet, ils vivent tous dans différentes villes de la banlieue de Lisbonne.





Dotorado Pro est né en Angola mais il n'en a quasiment rien vu. Il n'avait que deux ans quand sa famille a quitté Luanda pour Setúbal afin de fuir la guerre. Dotorado Pro est très vite tombé amoureux du kuduro, et a commencé à composer des beats sur Fruity Loops à l'âge de 11 ans, déterminé à suivre la voie tracée par son idole, Gaia Beat. Dotorado Pro reconnaît d'ailleurs que les boucles de marimbas qu'on entend sur « African Scream » lui ont directement été inspirées par le producteur angolais.





Dotorado Pro sait à quel point la musique angolaise a changé la scène portugaise. Il n'y a plus rien d'étonnant aujourd'hui à voir ici de la musique africaine au sommet des charts ou remplir les plus grandes salles du pays. Durant notre visite chez lui, nous avons même assisté à une dispute entre lui et sa mère, où il insistait sur le fait qu'il était important pour lui de faire de la musique à ce moment très précis car, selon lui, quelque chose d'énorme était sur le point d'exploser. Sceptique, la mère de Dotorado Pro finira par lui donner sa bénédiction en lui rappelant juste : « Souviens-toi que l'école passe en priorité ! »

Dotorado Pro n'a peut-être pas l'âge pour entrer dans les clubs où on passe sa musique, mais il a déjà les épaules pour se faire une place de choix sur la scène européenne. « African Scream » comptabilise déjà plus de 350 000 écoutes sur SoundCloud, de quoi faire sérieusement pâlir la concurrence. Surtout, Dotorado est issu d'une génération qui cherche à imposer une nouvelle donne musicale : un son local, capable de s'exporter partout dans le monde et de rivaliser avec la dance music mainstream. Un parti que peut remporter l'Afro-House de Lisbonne, qui peut sans problèmes voyager du Ghana à l'Afrique du Sud. Quand on lui demande ce que ça lui fait d'être aujourd'hui la partie la plus visible de ce mouvement, il répond : « Si j'avais su que ce morceau me ferait connaître, je l'aurais gardé dans mes tiroirs un peu plus longtemps. » Pas de doute, le type sait ce qu'il fait.


« African Scream » sort cette semaine sur Enchufada

Dotorado Pro est sur SoundCloud et Facebook

Kalaf Epalanga est plus connu sous le nom de Kalaf Angelo, en tant que partie la plus visible de Buraka Som Sistema. Il est sur Twitter

Dotorado Pro sait à quel point la musique angolaise a changé la scène portugaise. Il n'y a plus rien d'étonnant aujourd'hui à voir ici de la musique africaine au sommet des charts ou remplir les plus grandes salles du pays. Durant notre visite chez lui, nous avons même assisté à une dispute entre lui et sa mère, où il insistait sur le fait qu'il était important pour lui de faire de la musique à ce moment très précis car, selon lui, quelque chose d'énorme était sur le point d'exploser. Sceptique, la mère de Dotorado Pro finira par lui donner sa bénédiction en lui rappelant juste : « Souviens-toi que l'école passe en priorité ! »

Dotorado Pro n'a peut-être pas l'âge pour entrer dans les clubs où on passe sa musique, mais il a déjà les épaules pour se faire une place de choix sur la scène européenne. « African Scream » comptabilise déjà plus de 350 000 écoutes sur SoundCloud, de quoi faire sérieusement pâlir la concurrence. Surtout, Dotorado est issu d'une génération qui cherche à imposer une nouvelle donne musicale : un son local, capable de s'exporter partout dans le monde et de rivaliser avec la dance music mainstream. Un parti que peut remporter l'Afro-House de Lisbonne, qui peut sans problèmes voyager du Ghana à l'Afrique du Sud. Quand on lui demande ce que ça lui fait d'être aujourd'hui la partie la plus visible de ce mouvement, il répond : « Si j'avais su que ce morceau me ferait connaître, je l'aurais gardé dans mes tiroirs un peu plus longtemps. » Pas de doute, le type sait ce qu'il fait.

« African Scream » sort cette semaine sur Enchufada

Dotorado Pro est sur SoundCloud et Facebook

Kalaf Epalanga est plus connu sous le nom de Kalaf Angelo, en tant que partie la plus visible de Buraka Som Sistema. Il est sur Twitter

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