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Travis Barker s'est remis de son crash d'avion, tout va bien

Le batteur de Blink 182 a organisé son propre festival, et va sortir un bouquin, un disque solo et un album de reprises.
20 mars 2014, 1:45pm

Travis Barker ne s’arrête jamais. Il le dit lui-même : « Je ne peux pas passer une journée sans aller en studio, je suis comme ça. » Et ça s’applique à tous les aspects de sa vie. Barker vient de fêter les 15 ans de sa marque de fringues, Stars And Stripes, à l’occasion d’un concert avec Yelawolf à Austin, et il est rentré illico pour bosser sur le

Musink Fest

, un festival qui allie musique, tatouages et bagnoles et dont il gère la programmation (en vrac : Judge, Tech N9ne et les Vandals). Son autobiographie exutoire devrait sortir en juin, dans la foulée de trois nouveaux disques (dont un de Blink-182). Bref, Travis a bien récupéré depuis son

crash d’avion en 2008

et nous parle de tout ça juste en dessous.

Noisey : C’est cool de programmer son propre festival ?

Travis Barker :

Mec, tous les jours on m’appelait pour me proposer des trucs, « Tu penses quoi de ça ? ». J’étais vachement impliqué, Tech N9ne est un bon pote à moi, j’ai contacté Bill des Descendents pour savoir s’ils accepteraient de jouer, c’était pareil pour tous les autres en fait. Mes potes ont booké Gorilla Biscuits, je ne les ai jamais vus ! J’ai grandi avec le straight edge, le hardcore, donc c'était cool de pouvoir enfin les voir jouer. J’avais quasiment carte blanche pour la prog. Et tous mes potes tatoueurs étaient déjà dans le truc, donc ça s’est fait tout seul.

Le line-up du Musink se rapproche du line-up de tes rêves ?

Dans l'absolu, le festival de tes rêves serait forcément pourri, non ? Heureusement, tous les groupes ne pouvaient pas le faire. On a jonglé avec les disponibilités. Mais ça l’a fait. Comme la journée Transplants, on ne voulait pas que ce soit une journée punk rock classique parce qu’on peut se mélanger avec toutes sortes de groupes, à l’image de notre musique. Avoir Tech et Rittz sur l’affiche, qui sont de bons potes, ça avait du sens. Et puis les autres jours, c'était mortel d'avoir pu réunir H2O, Strife, Judge et Gorilla Biscuits.

Qui sont les tatoueurs que tu apprécies ?

[Mark] Mahoney

a réalisé une partie de mes tatouages. J'en ai perdu quelques-uns dans mon accident d'avion, mais j'ai toujours aimé Mahoney.

Mister Cartoon

, c'est celui qui m’a ramené vers le noir et gris. J'avais une ou deux pièces, qui dataient de quand j'étais gamin, mais j'ai vraiment accroché au style en me posant avec Toon. Ensuite, je dirais

Franco Vescovi

et

Chuey Quintanar

. En gros, tout ce que j'ai sur le crâne, ça vient de Chuey, Franco et Mister Cartoon.

Tu as un tatouage préféré ?

C'est comme choisir son enfant préféré, ce n'est pas possible. Ce sont comme les pages d'un album photo pour moi. J'imagine que certaines personnes se font faire un tas de tatouages parce que « Oh, ça a l'air cool ». Pour moi, ils illustrent tous un moment précis de ma vie. Quand les gens me demandent, « Est-ce que tu t'en feras enlever un jour ? », je leur réponds, « C'est comme arracher la page d'un livre, tu ne peux pas faire ça. » Ils sont tous là pour une raison, et ils resteront là à vie.

C'est pour ça que je n'en ai que quatre, il me faut une éternité pour me décider.

C'est Mahoney qui te les a fait ?

Oui.

C'est le meilleur, et ça vaut le coup de se faire tatouer juste pour discuter avec lui. Je me ferais presque tatouer tout le corps pour ça. Il a les meilleures anecdotes, comme la fois où il a tatoué Biggie dans un jet, il en a des tonnes comme ça. Il est clean maintenant, je l'admire, c'est génial.

C’est ce que j'allais dire, ce mec devrait écrire un livre, et puis je me suis rappelé que tu étais en train d'en écrire un.

Ouais. C'était pas compliqué à écrire, mais ça m'a fait bizarre que des gens se rappellent de choses dont je n'avais aucun souvenir, à cause de la quantité de drogues que je prenais à l'époque. Ma mémoire était juste flinguée. Il y a beaucoup de passages dans mon livre, où des gens comme Skinhead Rob, Mark Hoppus ou Tim Armstrong, bref, tous mes potes, donnent leur version de l'histoire. Et c'était intéressant parce que ces passages m'ont permis de savoir comment tout s’était exactement passé. Chaque jour, il y a des trucs qui me reviennent en mémoire, quand je suis à l’hôtel ou avec mes enfants, ou en répétition, et je dois me dépêcher de l'écrire. J'arrive à la fin du bouquin, j'ai eu une semaine de break avec Gavin [Edwards], et j’en ai profité pour mettre au propre toutes les notes que j'avais prises. Mais c'est cool, je voulais attendre d'être clean pour le faire et c'est arrivé plus tôt que prévu. C'était juste le timing parfait pour ça.

Est-ce qu'il y a des histoires qui te sont revenues et qui t'ont surprises ?

Je n’ai globalement rien oublié, le souci c'était plutôt de relier les personnes aux évènements. Mais ça va de mon enfance, avec ma mère qui décède alors que je suis hyper jeune, à mon boulot d'éboueur à Laguna Beach, en passant par Blink, ma phobie de l'avion, mes cauchemars à ce sujet, le fait que j'ai survécu à un crash, tout ça, c'est dingue. Ça a été très cathartique, il y avait tellement de choses qu'il fallait faire sortir, et puis je n'avais jamais vraiment parlé de mon crash d'avion.

Quelles sont les choses que tu as apprises en écrivant ce livre ?

Mec, simplement le fait d'en parler à quelqu'un, c'est quelque chose que je n'avais jamais fait auparavant. J'ai souffert de stress post-traumatique pendant un moment, et du syndrome de culpabilité du survivant. Je ne me suis jamais assis pour parler à un thérapeute, ni à qui que ce soit. Donc c’est juste un gros poids en moins pour moi.

J’ai vu que vous bossiez actuellement sur le nouvel album de Blink.

On est sur le point de s’y mettre. Là, pour l'instant, je fais un album de reprises avec Transplants. On a un « atelier » qu'on a appelé les mardi Transplants ; on se retrouve tous ensemble chaque mardi et on s'attelle à une nouvelle reprise pendant deux heures.

C’est quoi la dernière ?

« Gratitude » des Beastie Boys, c'était génial. Entendre Tim [Armstrong] et Rob [Aston] chanter ce morceau, c'est vraiment dingue.

Est-ce qu'il y a des morceaux que vous auriez aimé faire mais sur lesquels vous n'avez pas travaillé pour une raison ou une autre ?

On ne veut pas reprendre les morceaux à l'identique. « Gratitude » est probablement le seul auquel on a très peu touché, mais il y a des titres comme ça, sur lesquels tu ne peux rien modifier. Ça me fait penser qu'un jour, j'étais à

American Idol

avec Mary J Blige, elle devait reprendre «

Stairway To Heaven

», et j'étais là, « Oh merde, soit ça va être vraiment mauvais, soit vraiment bon ». Mais bon, Mary est tellement forte, elle comprend la musique, elle comprend Zeppelin et l’époque, et elle a tout déchiré. Avec Transplants, on peut quasiment tout faire. Il n'y a rien qui ne dépasse nos limites. On peut vraiment faire n'importe quel genre de musique sans se sentir à côté de la plaque.

Il y a une chanson que tu es vraiment excité de jouer ?

Il y a un morceau des Geto Boys qui s'appelle « Fuck 'Em », qu'on n'a pas encore essayé, mais ça va être dément. Rien n'est planifié, tout est possible.

Tu as une idée de quand sortira l'album ?

Au début, on se demandait si on allait genre sortir un morceau toutes les deux semaines ou un truc dans le genre, mais je pense qu'on va finalement en faire un album et le sortir soit de manière indépendante, soit avec

Epitaph

.

Est-ce qu'écrire un livre a eu une influence sur ton écriture musicale ?

Je ne sais pas, en tout cas j'ai été en studio peu de temps après pour mon album solo,

Give The Drummer Some

, et ça n'avait vraiment rien à voir avec le livre. C'est juste différent. Ce sont des séances exténuantes, tu es là, assis à parler à quelqu'un, on te pose tout un tas de questions et tu relis ces chapitres en te disant « Non, non, il s'est aussi passé ça. » Pour moi, c'est comme écouter le même morceau, encore et encore et voir ce qui peut être amélioré. Je suis un perfectionniste, et mon livre est comme un album pour moi. C'est pas comme si j'avais 50 ans et que j'écrivais sur des évènements d'il y a 30 ans. Non, c'est encore très proche de ce que je suis aujourd'hui. Il faut ce que ce soit comme un album, quelque chose dont je suis fier et dont j'aime chaque étape.

Quand sortira le livre?

En juin. Ça fout les boules. Pour l'instant, je m’occupe de l'artwork. J'ai contacté Chuey, Franco, Skinhead Rob, Tim Armstrong, en gros tous mes potes qui sont artistes et je leur ai fait faire des petits dessins pour chaque chapitre, parce que je ne veux pas que ça ressemble à un truc générique. Je veux que ce soit spécial.

Où allez-vous aller, musicalement, avec Blink ?

Vers quelque chose de neuf. Pour l'instant, c'est difficile, en raison des disponibilités de chacun. Ça va être un challenge, en quelque sorte. Quand j'étais à la maison, j'enregistrais pour Rusko, pour Datsik et pour un tas d'autres gens toute la semaine, mais pour Blink, il faut réunir trois personnes, qui doivent être prêtes à écrire et à enregistrer un disque au même moment. Après, si on n'y arrive pas, ce n'est pas la fin du monde pour moi. J'aurais toujours d'autres porjets sous le coude. J'en ai juste besoin, sinon je m'arrache les yeux. Du coup, ces sessions avec Tansplants, c'est une manière de me garder occupé jusqu'à ce que les astres s'alignent et que Blink se retrouve en studio. On est censé y aller avant cet été, ça va finir par arriver.

Steve Baltin passe son temps à faire de l'air batterie sur « Mutt ». Il est sur Twitter - @SBaltin