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Rebelote : Wino de Saint Vitus s'est fait choper avec onze grammes de meth en Norvège

La légende du doom avait pourtant juré d'arrêter.
17.11.14

La vie en tournée n'est jamais facile - même quand tout va bien (du moins, en apparence). Que vous jouiez dans des stades à guichets fermés ou que vous en soyez réduits à ramasser les pièces de 20 centimes sur le sol de la Maroquinerie, vous payez forcément le prix de la célebrité et de la vie sur la route. Il y a de fortes chances pour qu'au bout de quelques jours, vous soyez fatigués, sales et pleins de courbatures infernales. Au bout d'une semaine, votre partenaire vous manque, vos gosses vous manquent, votre chien vous manque, et tous les trucs inutiles entassés chez vous vous manquent. Vous vous sentez seul, et la solitude peut-être un truc sacrément dangereux quand vous êtes entouré par la tentation. Les drogues, l'alcool et les gens super bien gaulés qui veulent coucher avec vous (mais qui ne sont en aucun cas la personne avec qui vous partagez votre vie) sont autant de mirages dans le long désert que peut représenter une tournée. C'est super inspirant de voir des mecs garder les idées claires dans tout ce merdier, des mecs qui sont capables de jouer, récupérer leur thunes, charger leur matos dans le van et rentrer chez eux sans problème. Mais choisir l'option « abandon total » est un truc beaucoup plus fréquent. Prenons l'exemple de Scott « Wino » Weinrich, légende invaincue du doom. La nouvelle de son expulsion du territoire Norvégien vient de faire le tour du net. Selon un post Facebook écrit par les membres de son groupe, il était détenu pour possession de substances illégales, et malgré ses efforts et ceux de son avocat norvégien, il a dû dégager du pays - et du continent. Un journal local a déclaré que la substance en question était de la métamphétamine - et que la douane en avait trouvé onze grammes pendant une fouille de routine à la frontière. C'est une quantité plus que raisonnable de vitamines, si vous voulez mon avis.

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Pendant que le reste de Saint Vitus finit sa tournée Européenne avec un line-up réduit, Wino est en route pour Los Angeles. Ce qui va lui arriver, maintenant qu'il est de retour sur le sol américain, personne ne le sait. Mais au vu de son casier judiciaire, on peut s'attendre au pire.

Je connais Wino personellement, et j'ai eu l'honneur de tourner avec lui et son groupe. Wino est un mec ultra talentueux, un vrai artiste, et l'une des figures les plus influentes du heavy metal. C'est un mec super gentil - bien que super chelou - avec un peu de bide, certes, mais en bonne santé. La quantité d'amour et de respect qu'il inspire aux fans et à ses semblables est juste incroyable. L'ironie du sort, c'est que les groupes qui l'ont rendu célèbre ont aussi failli le tuer. Originaire du Maryland, il s'était d'abord fait connaître dans la scène hardcore qui venait tout juste de naître à D.C, en faisant chier tous les adeptes de la vitesse avec son jeu de guitare lent et grave, d'abord avec Warhorse, puis avec les pionniers du stoner doom, The Obsessed. Dans les années 80, il se tire à L.A pour chanter avec Saint Vitus (alors signés sur SST) et enregistrer certains des albums les plus emblématiques du genre. Il quittera ensuite brièvement Saint Vitus pour reformer The Obsessed, mais le groupe ne fit pas long feu - et les choses empirèrent pour Wino. Il passera la majorité des années 90 à vivre dans les rues de L.A, accro à la méthamphétamine et alcoolique. Selon une vieille interview, il manquera de se faire amputer le pied après qu'une blessure négligée se soit infectée. Contre toute attente, il décidera de rentrer chez ses parents, et « de prendre une dose monstrueuse de champignons pour se sevrer » . Entièrement dédié à sa famille, il devient père au foyer et songwriter occasionnel. Mais surtout, il est enfin sobre - reste à savoir pour combien de temps exactement.

À partir du moment où vous laissez entrer les drogues dans votre vie, l'histoire finit toujours par se répèter. Les abus de Wino ont été largement documentés, que ce soit dans les médias ou à travers les anecdotes hallucinantes racontées par ses fans. Lui-même n'hésitait pas à en parler, notamment dans une récente interview pour The Quietus : « Je suis sorti il y a huit mois d'une défonce à la métamphétamine qui a duré sept ans. C'était génial, et super drôle, mais j'ai préféré vivre et éviter la taule pour mon propre bien, ainsi que pour celui de mes proches, et de mes fans. On sait tous que la drogue peut vite être un enfer. Mais j'aimais énormément ça. Je ne prends plus rien maintenant, sauf des trucs naturels comme la marijuana, des boutons de peyotl ou des champotes. Je ne touche plus à la coke - elle n'a plus rien à voir avec celle des années 80 de toute façon. Je ne touche plus non plus à la meth ou à l'héro. Parfois, j'avale un peu de Norco ou de codéine. J'ai du respect pour toutes les drogues. »

Il a passé pas mal d'années clean, et pas mal d'autres dans la tourmente. Quand il colle une pancarte « Échange merch contre de la drogue » sur le stand de Saint Vitus, il ne déconne pas. Quand il chante les joies de l'acide sur le classique « Clear Windowpane », vous pouvez être certains que ce n'est pas du bluff. La drogue et la débauche font autant partie de la mythologie de Wino que de celle de Lemmy ou de Keith Richards. C'est un truc auquel les fans s'attendent, et les réactions à son arrestation sont généralement joyeuses, du style : « C'est quoi le problème ? Un mec qui chante à propos de la drogue s'est fait choper avec de la drogue sur lui, c'est tout. C'est une légende du stoner doom, c'est normal qu'il se défonce ! C'est trop cool. Pas vrai ? » . Ben en fait, pas vraiment, si on considère que Wino a presque 54 ans et qu'il essaye de rester clean depuis son adolescence.

En 2009, Saint Vitus était de retour, et les gens devenaient dingues à la simple idée de pouvoir entendre les classiques absolus du groupe sur scène, avec le line-up originel. Le nouvel album était acclamé par la critique et les festivals les accueillaient à bras ouverts. Ils étaient plus en forme que jamais - sauf Wino, qui faisait souvent la fête et dormait peu. Il ne respectait pas toujours son abstinence. Il y a quelques temps, on pouvait le croiser au SXSW, le sourire aux lèvres, pour la tournée de reformation de Spirit Caravan. Il avait l'air heureux et disait être totalement sobre. La tournée du 35ème anniversaire de Saint Vitus était censée être une célébration. Mais la fête a été gâchée par un agent de la douane norvégien et un démon dont il est difficile de se débarrasser. Après avoir appris la nouvelle, tout ce que j'entendais, c'était la voix usée de Wino, en train de chanter les paroles de « Clear Windowpane » : « Je n'arrive pas à faire face à la réalité / Donc je préfère prendre de quoi planer… »

Kim Kelly est sur Twitter