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Music by VICE

Le guide Noisey de Tunis

Techno, rap, noise, drogues, festivals : tout ce qu'il faut écouter, voir, faire et ne pas faire dans la capitale Tunisienne.

par Théo Pillault
12 Mai 2016, 12:15pm


Soir de concert à Tunis. Toutes les photos sont de Camille Chaleil.

Tunis, ses clubs et ses nombreux festivals alentours vous souhaitent La Bienvenue. Finis les ballades équestres avec de jeunes éphèbes sur les plages de Djerba, fini les buffets open-bars dans les complexes hôteliers d'Hammamet… Désormais, la Tunisie - libérée d'un dictateur depuis 2011 mais pas encore de la corruption intégrale -, mise tout sur le tourisme culturel.

Résultat ? La scène locale s'agite et essaime. Des chapiteaux se montent en plein désert et des pools parties garanties Burkini Free auront lieu cet été dans les banlieues chicos de la Capitale. On s'est penchés sur le berceau de cette nouvelle Movida Électro Tunisienne avec SKNDR, le noiseux François Cambuzat et plein de kids du bled pour dresser un guide-express de Tunis.


MUSIQUE, POLITIQUE CULTURELLE ET PLACE DES ARTISTES EN TUNISIE

« Pour moi, aujourd'hui, le mouvement musical tunisien est revenu au point zéro. » Skander Besbes aka SNKDR a tout vu à Tunis. Producer électro incontournable, l'homme n'a pas encore dépassé la quarantaine, mais il squatte les planches depuis un quart de siècle : « J'étais metalhead dans les années 90 ici à Tunis. On avait quoi ? Treize piges. Ce qui est tout à fait dans la moyenne pour faire de la musique si t'es un petit anglais. On organisait des concerts de Rock pour 2 parfois 3000 personnes. 100 % D.I.Y. et tout de notre poche. C'était l'époque Metallica, et c'était aussi la seule soupape que nous avions. » Depuis Skander s'est converti aux machines. Il a d'ailleurs intégré Speed Caravan, qui sortira son nouvel album en septembre. On vous en reparlera, parce que le nom de ce groupe n'est vraiment pas ouf, mais leur musique déboîte. « Il y a toujours eu plein de producteurs en Tunisie. Chacun évoluait un peu dans son coin, a creuser de petites niches. »


Un kiosquier présente fièrement une édition originale du Paris Match consacré à la révolution de jasmin en Tunisie, daté de janvier 2011.

Après la chute de la dictature de M. Zine El-Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011, les projecteurs se sont massivement tournés sur les artistes tunisiens : « Les médias ont cru voir dans le mouvement électronique ou world tunisien une caisse de résonance aux idées et aspirations de la jeunesse progressiste. On a voulu faire de certaines chanteuses des égéries de la révolution, on a issé des Dj's aux rangs de véritable porte-voix. L'erreur est grossière et le fantasme total. Finalement, à force de distorsion journalistique, nous nous sommes retrouvés comme surinvestis d'un discours politique que beaucoup d'entre nous n'avions pas forcément ni souhaité, ni cherché. »

Le renversement du régime, cinq années d'instabilité, flanquée de deux assassinats d'opposants et d'une séries d'attentats ont par ailleurs fini de froisser la carte postale vendue aux tours opérateurs européens. Le juilletiste en short, fin connaisseur des buffets à volonté flippe et ne vient plus en Tunisie. D'Hammamet à Sousse, les complexes hôteliers sont vides. Fini les ballades à cheval de bord de mer en compagnie des jeunes éphèbes de Djerba, désormais l'Office National du Tourisme Tunisien dépense ses thunes en frais de transport* pour faire venir des journalistes cultureux français ou anglophones, histoire de se constituer une néo-revue de presse genre « ces merveilleux festivals tunisiens ». Festivals tunisiens parfois cools, souvent inégaux et presque toujours hors de prix pour les locaux, et donc de fait réservés à la jeunesse fétarde européenne ou l'élite du nord et de la côte Est du pays.

Cette nouvelle orientation tout tout-culturel pour l'attractivité du territoire tunisien, résonne directement sur les milieux artistiques tunisiens : « En abandonnant le tourisme balnéaire de masse pour se jeter sur une offre culturelle et plus urbaine, les institutions gouvernementales ont accentué la pression sur les créatifs » explique Skander. « Nous ne sommes pas des leviers de développement économique. Nous sommes des artistes, des compositeurs, des designers et des musiciens avant tout. L'esprit de cette scène et sa narration doivent nous revenir. »

Les avantages de cette dynamique de sortie de crise ? « Des lieux comme le Carpe Diem ou le Wax ont ouverts, co-gérés notamment par des gens qui viennent vraiment du son, de la musique » nous dit Skander. Dans un pays où les entrées des débits d'alcool nocturnes sont gardés comme des banques centrales, et où les brasseurs se comportent quasiment comme des mafias, ça détend un peu l'atmosphère. Ce qui n'empêche pas l'accueil de ce genre de lieu – et il sont loin d'être les seuls –, d'être sécurisés façon GIGN.



DROGUE ET LOIS LOCALES

« Sera puni d'une peine d'emprisonnement d'un an à 5 ans, et d'une amende de 1000 à 3000 dinars, quiconque consomme, ou détient pour utilisation personnelle, plantes ou substances stupéfiantes. » Bref, ne déconnez pas. En général les inculpés prennent un an de prison ferme et 1000 dinars d'amende, soit la peine minimale prévue par la terrible loi 52. Interdite en Tunisie depuis l'indépendance, la consommation de cannabis était plus ou moins tolérée durant les sixties. Avec l'arrivée de Ben Ali au pouvoir, la répression s'est durcie. C'est en mai 1992 que le dictateur a mit en place la fameuse « loi 52 », qui instaure la tolérance zéro. Depuis, la « fréquentation de lieu de consommation ou la simple tentative » sont répréhensibles. Avec cette loi no-limit, le pouvoir venait d'armer la police d'une matraque judiciaire, qui deviendra vite un outil de contrôle social total sur la jeunesse et notamment celle des issue des quartiers populaires. Ça vous rappelle d'autres pays, même certains TRÈS proche de vous ? Normal.

En Tunisie, chantage, délation et boulettes de shit magiques qui apparaissent dans les poches d'innocents auraient ainsi jeté près de 10 000 jeunes au placard. Soit pas loin du tiers de de la population carcérale, qui survit dans des prisons surpeuplées à 153 %. Ceux qui tombent pour consommation de stupéfiants témoignent d'un « voyage en enfer. 90 % d'entre eux ont témoigné avoir été battus, humiliés et victimes de mauvais traitements » selon Human Watch Right Tunisie. Bref : le pays a besoin d'un débat serein et constructif sur la loi 52, certaines assos citoyennes militent pour, et ce n'est pas en faisant pincer avec un pauvre joint en sorti de festival que vous apaiserez les tensions à l'oeuvre ici.

Aujourd'hui, côté bédo, la Tunisie n'est pas au level Midnight Express mais le flou règne. Alors ne déconnez pas. D'autant que sous Ben Ali, les blancs bénéficiaient d'une certaine clémence, compte-tenu des devises qu'ils rentraient dans le pays. Mais ce n'est plus le cas. Restez à la boukha, l'eau-de-vie de figues, qui peut facilement titrer jusqu'à plus de 40°, surtout si elle est artisanale.



OÙ FAIRE LA FÊTE

Carpe Diem

Le Carpe Diem est LE club de Tunis. Vadim, Danton Eeprom, Popof ou DJ Snuff y sont déjà passés. Le lieu est un peu cher et flanqué d'une sécu hardcore, mais du mardi au samedi, son dancefloor ne débande pas. L'occasion de croiser aux platines Tic&Tac, duo techno tunisien super classe ou Dirty Vega un des tauliers du lieu, également fin selecta Hip-hop.

Tag Store
Une maison Hip-hop ouverte il y a un an au coeur de Tunis, avec une façade et des alentours entièrement éclatés au tag. Ambiance Danse, Graff et Unity à l'ancienne. La prog ici.

Wax
Ouvert il y a peu par Taz et Tah, le Wax est un bar de nuit qui propose de vraies vinyles session à des selecta internationaux. Bien souvent des Djettes d'ailleurs. Zinga, Neyssatou, Taxila, Supaflava, Ghliss… Le lieu sonne Synthpop, Afro-house, Soul ou Hip-hop, le bouffe et le service sont supers cools. Côté entrée, bienvenue chez les chiens de l'enfer, un vrai rituel dans les lieux de débits d'alcool ici. Cet été, le Carpe comme le Wax seront équipés d'une piscine.

Factory
Ce pub gastro ne joue pas de vraiment de bonne musique, mais son cadre – la Kobet El Haoua, un ancien pavillon sur mer, destiné à dissimuler les baignades de la famille régnante de l'époque – vaut largement la cohue enivrée qui y règne. Descendre quelques bières au Factory, c'est aussi l'occasion de croiser Lotfi Hamadi, un genre de Bruce Wayne tunisien : manager et RP la nuit, cette figure de La Marsa est également très active de jour, dans la société civile. Avec Wallah We Can, l'homme s'est engagé à réabiliter 400 internats de régions défavorisées en les dotant, par exemple, d'une autonomie énergétique grâce à des systèmes solaires photovoltaïques. Lotfi a aussi changé la vie des pensionnaires en faisant confectionner des couettes 100 % tunisiennes et, en fournissant aux jeunes filles – trop souvent réduites à s'accommoder de la mousse arrachée à leurs matelas –, des serviettes hygiéniques lavables, fabriquées par des femmes.



LES FESTIVALS TUNISIENS

Les festivals tunisiens ont généralement lieu dans des endroits magnifiques ou complètement débiles. Souvent les deux à la fois. Mais ce que les festival tunisiens ne sont pas, c'est le tissu de conneries exotiques racontées récemment dans le reportage L'Électro contre Daesh, du Supplément de Canal+. Un 13 minutes au moins aussi farfelu que l'Enquête Exclusive de Nanard de la Villardière diffusée deux ans plus tôt la Tunisie.

Largement moqués par la blogosphère tunisienne – Le «Y'a de la bière en Tunisie? » à beaucoup fait rire ici –, ces deux « documentaires » ne se contentent malheureusement pas d'être juste complètement imaginaires : ils continuent de plomber l'image du pays avec des clichés exotiques quasi dignes du temps de la colonisation. La punch du « drôle de bédouin dansant » a sûrement fait marrer Robert Ménard, mais devrait inciter la Commission à reprendre leur carte de presse à ce gens-là. Ou leur offrir le guide du Routard Tunisie 2016.

Bref : où aller en festival Tunisie ?

Au E-Fest 2016, du 11 au 15 octobre 2016.

À Tunis, ne manquez pas le très digital E-Fest, un des événements les plus expérimentés du genre. Organisé à La Marsa, cool banlieue balnéaire de la capitale, le E-Fest, c'est une semaine d'oeuvres numériques, de réalité augmentée et de techno. « Cette année, on propose une création sur le Mezoued, une forme musicale très populaire ici en Tunisie » explique Afif Riahi, co-programmateur de l'événement. « On aura également une quinzaine de lives, des résidences sonores, du mapping ainsi que deux rencontres pro dédiées aux acteurs du secteur culturel et de l'enseignement supérieur. » Développeurs aux limites de la culture Hack, soundscapers, compositeurs bruitistes et ambient : l'événement a tout en commun avec le Mirage Festival de Lyon, jusqu'à l'intégrité de sa programmation.



À la Résidence SIWA
Organisé chaque printemps depuis la chute du régime Ben Ali en 2011, la résidence Siwa réunit à Redeyef photographes, comédiens, réalisateurs ou musiciens à l'Economat. Un ancien magasin général du temps de la Tunisie française éternelle, lieu réaffecté à la création durant une dizaine de jours, avant de se transformer en une petite Friche culturelle improvisée le temps d'une restitution publique.

Siwa a lieu à Redeyef, bastion syndical historique en Tunisie et cité minière en pleine désindustrialisation. La jeunesse de la ville est belle, volontaire et pleine d'envie. Mais ici, elle est coincée entre les cailloux et la poussière générée par l'industrie du phosphate. Une jeunesse au chômage, qui travaille parfois « au risque », en attendant des jours meilleurs sous un soleil de plomb. Avec certains d'entre eux, j'ai parlé rap. De Booba, de Niro, de Mister You et du gros placard Mafia K'1 Fry qui trône sur un des ronds-points du centre-ville : « Lacrim au hebs, mais Lacrim numéro un » me glisse à l'oreille un des gamins. Encore un peu de malice et de jus dans les yeux, mais les lueurs dans leurs regards sont déjà fatiguées. M. a l'air d'avoir 35 piges, mais il n'en a en fait que 25 ans. Certains d'entre eux n'ont jamais vu Tunis. Certains ont fait quelques mois au ballon pour détention de stups. D'autres attendent de finir leurs études pour peut-être trouver un poste dans la vieille C.P.G., la Compagnie des Phosphates de Gafsa. E., lui, attend de bouger en France : « une agence de voyage de Redeyef peut te faire passer pour 2000 dinards. Qu'est-ce que je ferais une fois en France ? La même chose qu'ici, je peindrais des façades en blanc. »



L'expérience Siwa, soutenue d'ailleurs par La Compagnie des Phosphates de Gafsa, associe directement les créateurs avec les jeunes de la ville : « l'idée à terme c'est que l'Economat dispose de sa propre asso organisatrice d'événements culturels » confie Chems, un des coordinateurs locaux. « Mais la structure, pour être pérenne, doit émerger au coeur de la jeunesse de Redeyef. »

Siwa offre un temps de création, de fête et de respiration à Redeyef. Il s'agit d'un authentique projet intégrant, à 20 000 lieux des tentatives humanitaires artistiques ou des exports musicaux montés par et pour les néo-colons cultureux français installés en Tunisie. Sûrement une des expériences de partage culturel les plus intègres et volontaires qu'il m'ait été donné de voir. Respect.

À Tozeur, avec au choix :
Naboo, en mars : une rave-party onéreuse avec pleins de machines de guerre berlinoises – Nu, Janina ou DeWalta – sous un énorme chapiteau, en plein coeur de la Palmeraie de Tozeur. Ou, dans un genre un peu plus fin, musico-responsable et gratos : Le Festival International des oasis de Tozeur, qui fêtera fin décembre 2016 sa 38e édition, avec l'essence du folklore tunisien, algérien ou libyen.

Aux Dunes Électroniques 2016, cet automne à Nefta
Remis de l'énorme fail de l'année dernière (la moitié du fest n'a pas eu lieu pour cause de pluies diluviennes, un peu con pour un festival organisé aux portes du désert), les Dunes Électroniques auront bien lieu cette fois, mais à automne : « On est en discussion avec le gouvernement tunisien afin de réunir les conditions nécessaires à l'organisation de la troisième édition » m'ont expliqué l'orga. « Aucune date précise ni programmation ne sont avancés pour le moment »

Dès que ce sera le cas, rendez vous dans le Djérid, bookez un appart à Tozeur ou Nefta avec vos potes le temps du fest et découvrez la faune, la flore et la richesse des cultures circum-sahariennes : ces gestes sont vitaux pour l'économie locale et votre grandeur d'âme. Il faut découvrir le sud de la Tunisie, véritable second pays, unique et brut, qui n'a peu à voir avec Tunis et les grandes villes côtières du nord-est.

Notons que depuis 2016, l'événement officiel Dunes Électroniques doit faire face à une organisation rivale et plagieuse intitulée Dunes Sound of Sahara organisée, elle-aussi à Nefta, sur le site de Mos Espa, le fameux village d'Anakin Skywalker*. Il s'agit d'ailleurs de cet event qui est encensé – à tort – dans le fameux docu L'Électro contre Daesh : « l'événement essaie de se faire passer pour ce qu'il n'est pas. Cela s'appelle du plagiat et c'est puni par la loi » nous ont confié les français de Panda Events, organisateurs originels des Dunes. « On se dissocie complètement de cet événement. Il s'agit d'une initiative malvenue, qui va à l'encontre de notre démarche initiée depuis 5 ans maintenant avec les différents acteurs culturels nationaux, locaux et les habitants du Djérid. »

* Le récent doc intérractif Set Wars permet de bien capter toute la saga qui lie le sud Tunisien avec Star Wars.



Au Djerba Fest, sur l'île de Djerba

Alors que l'événement électro-pop Pop In Djerba s'est malheureusement éteint fin 2014, le Djerba Fest semble bien reparti pour secouer l'île. Verdict cette année, du 1er au 3 septembre, avec de gros headliners internationaux – on parle en off de S. Bodzin, Recondite ou Danny Daze –, ainsi que de guests locaux électro et dark techno comme HearThuG, Benjemy ou Babaya.

Sérieux, déconnez pas
Avec les villes portuaires bretonnes, les festivals sont les lieux où chacun peut accéder à l'intégralité des drogues de la création. Kétamine, exctasy, cailloux de MD… La Tunisie n'échappe pas au phénomène. Encore une fois les enfants : déconnez pas. Sérieux. Ici, vous ne trouverez aucun stands de prévention pour tester vos taz. D'où le nombre impressionnant de mecs en train de se vider les tripes un peu partout au milieu de la foule. Un récent témoignage m'a appris que pour annuler un gramme de coke aux yeux de la justice, il fallait compter 25 000 dinars, soit près de 11 000 euros. La peine d'un an de prison, elle, n'était pas négociable.


OÙ MANGER ?

Dans tous les shops à Lablabi
La Tunisie n'est pas un pays gluten free. Ni vegan. Ici, le thon en boîte et les oeufs durs ont été érigés au rang de crudités. N'oubliez pas que le pays a le ventre vide : aussi, les protéines bon marché règnent. En gros, si vous êtes par exemple rompus à la gastronomie marocaine, le pays peut se révéler un poil décevant. Le truc, c'est que les spécialités qui tuent sont tout aussi nombreuses, mais juste plus complexes a déceler. À vous de digger avec attention sur les marchés – le Marché Central de Tunis, à deux pas de la Gare, vous donnera un aperçu assez complet –, ainsi qu'au fin fond des gargottes pour bien kiffer : pas vraiment un problème, vous êtes venus pour ça. Si je ne devais conseiller qu'un seul plat aux profanes, ce serait sans hésitation le lablabi. Vous trouverez cette soupe matinale à base de pois chiches, de cumin et de pain rassis dans toutes les échoppes devant sont empilés de gros bols en terre cuite. Apprenez à apprécier ça, vous résisterez à tous le reste. Généralement agrémentée d'oeufs crus, de thon et parfois même de câpres, cette potée ultra-régressive présente des avantages majeurs : elle est cheap, super-riche et ludique – il faut trouver un joli bol et émietter vous même de petits morceaux de pain dur au fond –. Avec son côté mou, chaud et pré-diggéré, le lablabi vous permettra de rester alimenté, même sous l'emprise de la pire gueule de bois. Et puis, elle vous permettra d'identifier direct les fakers qui vous ont accompagné pour ce voyage en Tunisie : il s'agit de tous ceux qui n'ont pas finit leur bol.


UN PEU DE MUSIQUE LOCALE

… Et de Noise

Toute l'année 2016, vous pourrez écoutez François R. Cambuzat et sa petite troupe de musicien et de chercheurs sonores, entre Tunis et les grands carrefours du Sud du pays. Bon pote d'Eugene S. Robinson, frère d'arme de Lydia Lunch, ce grateux noise bosse sur les musiques de transes et d'élévations depuis des décenmies. Après avoir croisé les instruments autour de rites de possession stambali ou soufie, François travaille cette année sur la Banga, un rite traditionnel encore très vivant dans le Djérid tunisien : « ce n'est pas un projet de world-music, encore moins d'ethnomusicologie » précise l'homme. « Il s'agit plutôt d'un processus sauvage de musiques improvisées puis recomposées, d'instruments traditionnels, d'ordinateurs et de guitares électriques, un post-blues néo-chamanique, une musique de transe improvisée puis recomposée. Une musique de transe industrielle. »

François est beaucoup moins connecté que la jeunesse Tunisienne. Les dates de ses concerts – presque toujours gratuits –, sont dispos auprès de l'Institut Français de Tunis, qui soutient son travail. Son boulot de Field-recordings et ses différentes créations autour de la transe sont néanmoins assez documentées, ici.


Théo Pillaut est sur Twitter.