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Deux jours à Glastonbudget, le « meilleur festival de groupes de reprises de l'Univers »

Blurb, Oasish, Green Date, les Bootleg Beatles : tout le monde y était.
Ryan Bassil
London, GB
03 juin 2014, 11:45am

Toutes les photos sont de Jake Lewis

Je n'ai pas réussi à avoir de places pour Glastonbury cette année. J'ai pourtant fait tout ce que je pouvais : laptop sous la main, 13 onglets Google Chrome ouverts en permanence, téléphone chargé à bloc, et même le numéro d'un pote de pote capable de me dépanner au cas où / si besoin de / dans l'éventualité de. Rien à faire, le festival a été sold-out en quelques minutes. C'est le plus grand festival deu monde, mais visiblement il n'est pas encore assez grand. J'allais donc devoir trouver un plan B.

Je n'avais clairement aucune envie de me rabattre sur un festival lambda, avec line-up déprime, stands de cup-cakes vegan et ateliers de peinture corporelle. Je voulais une prog qui défonce, une ambiance de folie, et un pass 3 jours qui ne me coûte pas un rein.

Et j'ai fini par trouver : Glastonbudget, le « meilleur festival de groupes de reprises de l'Univers ». Le nom était suffisament proche de Glastonbury, la mention « budget » plutôt rassurante, et il y avait juste les meilleurs groupes de l'histoire du rock à l'affiche, de Oasis (Oasish) à Blur (Blurb), en passant par les (Bootleg) Beatles et T Rex (T Rextasy). Ce qui signifiait accessoirement qu'il allait s'agir du seul festival anglais où l'on entendrait que des tubes, et rien d'autre. Pas de faces B, pas de solos de guitare de 15 minutes et pas de nouveaux morceaux. En d'autres termes : le paradis.

Glastonbudget, comme Glastonbury, se déroule sur un terrain agricole. Glastonbudget est, en revanche, situé dans le Leicestershire mais, très franchement, la seule différence avec le Somerset, c'est la spécialité locale (le Stilton cheese, et ce depuis 1730), parce que pour le reste, c'est à peu près la même chose. Des champs. Des chemins boueux. Aucune trace de civilisation.

On est arrivés à 13h. Le site était immense, il y avait déjà de la boue partout et je commençais à avoir mal au dos à cause de mon sac et de l'attente interminable au guichet -sous la pluie, évidemment. Je me suis dit « Génial ! C'est comme à Glastonbury ! » Un vrai week-end sans chauffage ni salle de bains, ENFIN !

Mais avant tout : la tente. Pile au moment où on a enfin trouvé un spot pour s'installer, il s'est arrêté de pleuvoir. Le paradis, je vous dis. Enfin, jusqu'à ce que je me rende compte qu'on n'avait pas assez de sardines, et que j'avais monté la bâche de protection à l'envers. Mais on a fini par s'en sortir, et on s'est offert quelques pintes pour célébrer ça, avant de nous diriger sur le site du festival.

Le premier groupe qu'on a vu étaient les Fillers (notez le jeu de mot), un groupe de reprises des Killers, et ils étaient plutôt bons. En fermant les yeux, j'avais l'impression de revenir au V Festival de 2007, de 2009, de 2012, et même de 2014 -même s'il n'a pas encore eu lieu.

Le truc cool, c'est que j'ai ressenti exactement les mêmes choses devant les Fillers que devant les Killers. « Smile Like You Mean It » m'a rappelé que la fille avec qui je sortais en 5ème étaient aujourd'hui fiancée à un type qui mettait du gel « effet mouillé », et « Mr Brightside » m'a donné l'impression que je pouvais devenir champion de saut à la perche. Par contre j'ai pas compris qui était ce mec sur la photo - j'imagine que le guitariste des Fillers devait être malade et qu'ils l'ont remplacé par le guitariste d'un groupe de reprises de Biffy Clyro ou un truc du genre.

Après le concert des Fillers, j'ai décidé de me promener un peu sur le site du festival, ce qui m'a permis de réaliser que pas mal de gens dans le public étaient déguisés. Tout au long du week-end, j'ai ainsi croisé plusieurs membres des Rolling Stones, Walter White, une bande d'abrutis habillés en meufs, un chameau, et ce type qui avait de toute évidence opté pour Axl Rose. Est-ce que les gens déguisés s'amusent plus ou moins que les gens non-déguisés ? Je l'ignore, malheureusment.

Je suis ensuite entré dans une tente où j'ai vu Led Zeppelin jouer devant environ dix personnes. Le type de la photo m'a branché parce qu'il trouvait que j'avais un look hardcore. Du coup, on a tous les deux levé nos bras. Je suis resté sous cette tente un petit moment, pour m'abriter de la pluie, mais aussi pour vider les bières que j'avais dans mon sac dans des goblets en plastique. Nique le capitalisme.

Je suis donc resté sous la tente, à boire des bières, jusqu'à ce qu'un autre groupe se pointe sur scène. Vous pouvez penser ce que vous voulez du fait que Metallica soit la tête d'affiche de Glastonbury - moi, j'ai vu Metallica Reloaded au Glastonbudget et c'était absolument génial.

J'ai ensuite continué mon exploration du site, dans l'espoir de trouver quelques attractions Glastonburiesques, du genre point-info vigilance-écolo, stand de massages à l'huile de noix ou bande de druides à djembé, mais tout ce que j'ai trouvé, c'est cette poupée gonflable empalée sur une barrière.

Je me suis donc dit qu'il valait peut être mieux que je file me placer pour le concert d'Oasish, qui commençait dans 30 minutes. J'ai bu 5 bières et j'ai enlevé mon T-shirt.

Soyons clairs : Oasish ont tout démoli. La musique, le look, les interventions de Liam entre chaque morceau (« Vous êtes chauds pour les Bootleg Beatles, hein ? Naaan, ils sont pas aussi bons que nous ! »), tout était parfait.

Liam n'arrêtait pas de faire des doigts au public. À un moment il s'est pris la tête avec Noel et a quitté la scène, laissant son frère jouer seul « Half The World Away ». On s'y serait cru.

Comme je n'ai jamais pu rencontrer Liam Gallagher -et que, comme vous l'avez sans doute compris, ma vie est une longue suite de plans B- j'en ai profité pour l'interpeller backstage.

- « Je peux prendre une photo ? »
- « Oui mais tu dois faire vite, mon pote, je retoure sur scène dans une seconde. »

Tout le monde s'est éclaté sur Oasish. OK, c'était juste une bande de mecs déguisés en Oasis - mais ils ressemblaient à Oasis, ils sonnaient comme Oasis, et une fois que vous aviez accepté l'idée que ce n'était pas vraiment Oasis, c'était exactement comme un concert d'Oasis. En tout cas, c'était suffisamment génial pour que ce type fasse un slide frontal dans la boue.Tout le monde ne peut pas en dire autant, pas vrai ?

Je me suis égosillé comme un malade sur « Morning Glory », « Rock’n’Roll Star » et « Don’t Look Back in Anger ». J'étais aux anges. J'ai hurlé « C'est le meilleur festival du monde » à Darth Vader et ses potes. Ils ont acquiescé silencieusement avant de me signaler qu'un groupe entièrement dédié à Star Wars était sur le point de commencer son set dans une tente située à l'autre bout du site. Je me suis donc mis à courir.

Le groupe s'appelait White Men Can’t Funk et ils sont montés sur scène au son d'un remix dubstep du thème principal de Star Wars. C'était malheureusement le point culminant du concert.

Le groupe Star Wars m'a fait hyper déprimer. C'est bien gentil tous ces groupes de reprises mais j'étais toujour sà la recherche d'une expérience authentiquement Glastonburiesque. Je me suis assis sur le toit d'un bus pour manger un burrito, en écoutant les bruits bizarres que faisaient mes intestins. Queen a joué sur la scène principale, suivi par Abba. Si vous avez déjà entendu quelqu'un chanter « Super Trooper » ou « Don’t Stop Me Now » à un mariage, alors vous avez une idée assez précise de ce que j'ai pu endurer.

J'ai fini mon burrito et je suis allé me mettre devant la scène principale pour la tête d'affiche du jour, les Bootleg Beatles. Et c'était tout simplement hallucinant parce que 1/ les Beatles étaient hallucinants 2/ les Bootleg Beatles imitaient hallucinament bien les Beatles.

Regardez-les chanter ! C'est comme les vidéos YouTube video avec Paul et George, sauf que c'est en couleurs et que c'est pour de vrai !

Ils ont même enfilé les costumes de Sgt Pepper pour jouer plein de morceaux des derniers albums du groupe. Vu que les Beatles n'ont pas fait de tournée à la sortie de Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band, c'était comme d'être transporté dans un monde parallèle.

C'était une super journée. Tous les groupes - à l'exception de White Men Can’t Funk - ont défoncé à peu près autant que les originaux. Niveau musique, j'étais donc entièrement satisfait. Mais il me manquait encore le petit quelque chose en plus, le truc qui transforme un festival en véritable expérience. J'ai donc continué à errer sur le site, mais tout ce que j'ai trouvé, c'est ce trône, sur lequel je me suis assis quelques instants, avant de regagner ma tente et de disparaître dans mon sac de couchage.

Je me suis réveillé hyper en forme le lendemain et je suis immédiatement parti à la recherche d'un petit déjeuner. Je ne suis pas allé manger chez Bombay Barbeque Club, mais j'estimais que leur nom méritait d'être cité et de remonter de plusieurs crans sur les recherches Google.

Le premier groupe de la journée était The Real Nirvana, qui ont joué sur la scène principale devant une audience très clairsemée. Visiblement, les gens n'ont pas capté qu'il s'agissait de la vraie version du plus grand groupe grunge de tous les temps. En tout cas, j'ai du mal à croire qu'ils étaient encore au pieu à midi vu qu'il n'y avait plus personne sur le site du festival dès 1h du matin. Ou peut être qu'ils ont trouvé un poil relou le fait que Kurt Cobain ait un accent anglais ou que le type qui jouait Krist Novoselic ne ressemblait tellement pas à Krist Novoselic que ça foutait tout en l'air.

On a regardé les Doors après ça, mais ils ne ressemblaient pas du tout aux Doors, alors je me suis mis à penser au pote qui avait promis de venir nous chercher en fin de journée pour nous ramener sur Londres.

Le groupe suivant sur l'affiche était Green Date. Dès leur arrivée sur scène, Billie Joe Armstrong s'est mis à hurler : « Hey, vous êtes à Glastonbudget ! Levez les mains en l'air ! C'est la teuf ! Y'a de la boue ! », avant d'entamer les premiers accords de « Hey, Oh ». Bon, OK, le mec ne ressemble pas du tout à Billie Joe Armstrong lui non plus, mais il faut reconnaître qu'il l'imitait plutôt pas mal.

Green Date étaient tellement cools qu'ils ont demandé à un membre du public de venir chanter avec eux, chose que Green Day fait aussi systématiquement, à chaque fois que Billie Joe Armstrong en a marre d'insulter des gamins de 13 ans. Green Date ont même poussé le mimétisme jusqu'à avoir un 4ème membre uniquement dédié à la scène et qu'on ne voit jamais sur les photos ni dans les clips, exactement comme Green Day.

Le pote qui devait venir nous chercher a appelé peu après le concert de Green Date pour nous prévenir qu'il serait à l'entrée du festival dans une heure. Le moment était donc venu d'assister au dernier concert du week-end : celui de Blurb.

La plupart des groupes à l'affiche de Glastonbudget étaient impeccables Green Date, Oasish, les Fillers, les Bootleg Beatles : tous ressemblaient parfaitement aux groupes qu'ils imitaient et sonnaient exactement comme eux. Blurb, en revanche, était une honte absolue, qui a failli intégralement ruiner mon expérience de Glastonbudget. Permettez-moi de vous présenter les principaux membres du groupe :

Damon Albarn.

Graham Coxon.

Et Alex James.

Contrairement à Oasis, Blur était un groupe dont les membres ressemblaient à des gens ordinaires. Vous pouviez croiser des Graham Coxon à la bibliothèque municipale, des Damon Albarn à la gare et des Alex James au comptoir d'un pub. Et c'est justement ce qui les rend inimitables. C'est comme d'aller à une fête costumée déguisé en votre meilleur pote. Vous aurez juste l'air de vous-même avec les fringues de quelqu'un d'autre.

Mais ce n'est pas le seul truc qui ne fonctionnait pas avec Blurb. La basse sonnait comme du Blur, la batterie sonnait comme du Blur, et même la guitare avec tous les trucs chelous que fait Graham Coxon sonnait comme du Blur. Mais pas la voix. La voix ne sonnait pas du tout comme du Blur. Et ça, ça m'a complètement fait ramasser.

Ce mec s'est pas mal éclaté, cela dit, et c'est cool.

Il n'y a pas de demi-mesure à Glastonbudget. Le public est composé d'adultes et d'adolescents, comme celui de Glastonbury, les étudiants et les australiens en moins. Pour les adultes, c'est l'occasion de réécouter les groupes que leurs gamins leur interdisent d'écouter à la maison, de se bourrer la gueule, et de se mettre torse nu. Pour les adolescents, c'est juste un festival pas cher où tous les noms sont connus.

Je suis venu à Glastonbudget dans l'espoir d'y vivre une expérience proche de celle de Glastonbury. Mais ça n'avait rien à voir avec Glastonbury - il n'y a rien au monde qui ressemble à Glastonbury. Mais je me suis amusé, plus qu'à n'importe quel autre festival où j'ai été. Si tout ce que vous voulez, c'est des tubes, des groupes de légendes et des bières, Glastonbudget est littéralement imbattable. Sérieux, dans quel autre endroit du monde pourrez-vous voir les Beatles, les Doors, Green Day, Oasis, Blur, Abba, Queen, et les Killers en moins de deux jours ?

Ryan est sur Twitter - @RyanBassil , Jake aussi - @Jake_Photo

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