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The Oath ont quitté Stockholm pour se rapprocher de Satan

Le duo féminin de heavy metal sort son premier album, et nous en fait écouter un extrait.

En 2012, saoulée par Stockholm et en panne d'inspiration, Linnéa Olsson fait ses bagages, quitte la Suède et se pose à Berlin. Par on ne sait quelle magie (noire), Johanna Sardonis, qui ne partage pas seulement les idéaux de Linnéa, mais est également son (presque) sosie, déboule dans sa vie. L'alchimie musicale entre les deux musiciennes est instantanée et donne naissance à

The Oath

.

Deux ans plus tard, le premier album de

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The Oath

est terminé - il sortira le 15 avril sur

Rise Above Records

. Un voyage sombre et mystique, à mi-chemin entre Heart et Jefferson Airplane, les démons noirs de 2014 en plus. Car, même s'il est clair que les deux blondes se sont largement inspirées des années 70 et 80, The Oath n'est en aucun cas d'un groupe « rétro ». Leur message est très clair : ce sont les ténèbres de notre époque et le chaos qui en découle qui les inspirent. Linnéa a accepté de nous parler de leur vision du monde et en a profité pour nous lâcher leur nouveau morceau, « All Must Die », que vous pouvez écouter juste en-dessous.

Noisey : Quelle est cette chose qui manque à la musique d'aujourd'hui et qui semblait si courante dans le rock'n'roll des années 70 et 80 ?

Linnéa Olsson :

Je pense que la véritable musique, celle avec une réelle intention et une âme, n'a rien à voir avec un lieu ou une époque. Elle existe partout. Il y a un tas de super groupes modernes. Mais si on parle du heavy metal moderne, j'ai le sentiment qu'il y a bien plus de restrictions et de règles qu'il y a quelques dizaines d'années. Peu d'albums de heavy metal contemporain me font dresser les poils comme

Sabotage

de Black Sabbath, c'est certain.

C’est la noirceur des nuits berlinoises qui t’a poussé à déménager en Allemagne ? À quel point est-ce différent de l'ambiance de Stockholm ?

Je suis restée à Berlin parce que c'est virtuellement impossible de quitter cette ville. J'aime vivre ici. Berlin me donne un sentiment d'intense liberté. Ici, tout va bien. Stockholm, par contre, est prétentieuse, chère, et on s'y emmerde. Quand tu sors à Berlin, les gens que tu croises n'en ont juste rien à foutre de rien. La scène électro est très présente ici, et les boites techno ne jouent pas seulement de la musique de dingue sur la meilleure sono que tu n'as jamais vue : l'atmosphère y est aussi chaude, avec une énergie sexuelle, de la liberté, et du chaos. C'est une expérience très psychédélique. Complètement inattendue. Ça peut aussi être très sombre, parfois – bien plus sombre que la majorité des concerts de metal auxquels j'ai assisté dans ma vie. Berlin n'a peur de rien. Stockholm, elle, est complètement flippée.

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Qu'est-ce qui a été à l’origine de cette connexion quasi-instantanée entre Johanna et toi ?

La scène metal de Berlin est bien plus petite que celle de Stockholm, du coup, il m’a fallu un moment pour rencontrer des personnes avec de bons goûts dans ce style. Johanna et moi, on est devenues proches parce qu'on avait beaucoup en commun. En Suède, il y a plein de filles comme nous, mais ici, c'est plutôt rare.

Est-ce que tu penses que le destin amène certaines personnes à se trouver, créativement parlant ?

Oui, et ça arrive pour toutes sortes de raisons. Je pense que notre relation nous a beaucoup appris.

Votre album est le résultat de cette communion ? Ça s’est passé comment ?

On a eu un gros rush juste avant d'aller enregistrer à Stockholm, avec deux morceaux écrits en dernière minute. La chanson de clôture de l'album, « Psalm 7 », est l'une d'entre elles. J'avais rassemblé tous les riffs dans ma tête et Johanna a terminé les paroles quelques heures avant notre vol pour la Suède, très tôt le matin. Quand on s'est tous retrouvés là-bas, on a répété la chanson deux fois avec Simon et Andrew, avant de l'enregistrer. Ça a fonctionné parfaitement et personnellement, je pense que c'est la meilleure chanson de l'album.

Je sais que vous n'avez aucune envie d'être associées au concours des « filles les plus sexy du Hard Rock » que le magazine Revolver organise. Et je ne peux pas vous en vouloir. Quel conseil donneriez-vous aux femmes qui sont partagées entre le fait de rester loin de cette stigmatisation et celui de gagner de l'argent et de la notoriété en donnant leur image ?

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Et bien, si ce sont des choses avec lesquelles elles hésitent, ce ne sont peut-être pas des artistes, déjà, et peut-être que leur égo dicte un peu trop leur vie. Je ne peux pas parler pour les autres, mais je ne comprends pas ce que mon physique a en rapport avec ma façon de jouer de la guitare ? Pourquoi ne pas inventer le prix de la « Meilleure Musicienne de Hard Rock » ? Il faut toujours faire une distinction entre les sexes. C'est une connerie réductrice. Chacun est libre de faire ce qu'il veut, mais il faut être conscient de la situation. C'est ridicule parce que certaines des femmes qui ont participé à ce concours, comme Liz Buckingham et Ruyter Suys, font partie des meilleures guitaristes dans leur domaine.

Vous rencontrez souvent des gens qui vous réduisent à ça ?

Pas très souvent. Ou du moins pas physiquement. Ce que je veux dire, ne vous méprenez pas, c'est qu'il y a une place pour le sexe dans ce genre de musique. Mais vous ne réduiriez pas Bon Scott seulement à un « beau mec », pas vrai ? En grandissant, les découvertes sexuelles et musicales arrivent souvent en même temps. Quand j'avais 14 ans, je voulais être avec Izzu Stradlin. Mais je voulais aussi être Izzy Stradlin.

C’est compréhensible.

Voilà la distinction. Si les gens pensent qu'on est sexy, super. Je pense que c'est sexy quand les gens jouent avec leur cœur. Mais je n'ai pas choisi une vie dédiée à la musique juste pour être un nom sur la liste débile d'un crétin.

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Dans le titre « All Must Die », tu invoques Satan. L'album en règle générale touche au sujet des démons et à toutes sortes d'autres thèmes sombres et occultes. Comment les ténèbres influent sur la musique de The Oath?

Autant Johanna que moi, nous avons expérimenté ce sentiment d’être à part depuis notre enfance, et depuis que nous sommes fascinées par l’obscur et l’inconnu. On joue du heavy metal parce que c'est la musique la plus adaptée à véhiculer ces énergies. Et dans l’autre sens, on a choisi des thèmes classiques d'un genre classique. Johanna a écrit la majorité des paroles de l'album et sa relation avec la mort est plus personnelle qu'on ne le pense. De mon côté, je soutiens tous les genres d'expression qui n'ont pas de limite. J'aime beaucoup le punk et la noirceur qu'il y a dans un groupe comme, disons,

Poison Idea

, ça m’interpelle vraiment. C'est un gros « va te faire foutre » à tout. J'aime ça. Dans un contexte plus spirituel, j'imagine qu'on pourrait dire que c'est aussi lié au fait de suivre son propre chemin – le gauche plutôt que le droit – et de ne pas se soumettre à la plus grande des autorités : Dieu.

Que pensez-vous des églises brûlées et de tout ce qui s'est passé dans les vies de vos prédécesseurs musicaux scandinaves ?

On apprécie les personnes qui prennent leurs convictions personnelles au sérieux.

Si vous deviez rencontrer Satan demain, que lui diriez-vous?

Merci pour la musique.

Cat Jones est sur Twitter -

@catjonessoda