Les 13 disques hardcore qui ont démoli 2013

Le hardcore en 2013, ce n’était ni Black Flag, ni le Persistence Tour, c’était tout ce qui suit.

|
18 Décembre 2013, 10:00am

Alexis est le mec énervé au micro, ici dans sa formation hardcore nantaise : Raw Justice.

J'avoue que je ne suis pas un grand fan des tops, tout simplement parce que je ne suis que très rarement inspiré quand il s'agît de faire l'éloge d'un groupe. Mais malgré tout, 2013 a apporté son lot de (très) bons disques qui m’ont permis de traverser cette année de merde le mieux possible. Sans violence et sans haine. Je me suis donc dit que ça valait le coup de passer un peu de temps à les présenter. Pas d'ordre particulier, ça ne ferait que compliquer la tâche. 2013 oblige, et quoique t'en dises, voici le top 13 des disques les plus hardcore de l'année.




Turnstile - Step 2 Rhythm
Le mauvais goût revient à la mode, et forcément, les 90’s aussi. Le batteur de Trapped Under Ice a fini par en avoir marre de jouer les hommes de l'ombre et a monté son groupe, pour démontrer ses talents de danseur et accessoirement mettre une branlée à toute la scène. Et ça marche. Les mecs jouissent tellement du buzz de la rue qu’ils se sont même autorisés un virage skate-punk avec Angel Du$t. Step 2 Rhythm, malgré son intro digne de la B.O. d'Aladdin et ses parties chantées, est définitivement un putain de disque.


Not Afraid - Promo Tape 2013
Not Afraid partait avec un avantage de taille, qui s’est révélé plus tard un handicap : être composé d’ex-membres de Justice et True Colors. Difficile de surpasser leurs groupes précédents. Quoi qu'il en soit, après un bon EP sorti en 2011, cette cassette ne fait que confirmer mon avis : plus youth crew tu meures. C’est Turning Point en 2013 ! Reconnaissez la vérité, ce groupe est meilleur que 95 % des groupes européens.




Power Trip - Manifest Decimation
Ca doit être frustrant pour les groupes de thrash metal de se faire éclipser par une bande de hardcore kids qui se sont laissés pousser les cheveux et les Reebok high top. Power Trip n'ont pas fait un seul faux pas depuis leur premier disque en 2008, mais avec Manifest Decimation, ils placent juste la barre beaucoup trop haute. Meilleurs riffs thrash, meilleures mosh parts, meilleure reverb', ils écrasent tout et engendrent même une descendance (Degenerate !). Cro-Mags rencontre Nuclear Assault qui rencontre C.O.C.




Twitching Tongues - In Love There Is No Law
Avec ce groupe les choses sont simples : soit tu adores, soit tu détestes. Je vous laisse deviner dans quel camp je me situe. Ces mecs ont su réinventer le game depuis leur démo en 2010. Les vieux peuvent bien râler en affirmant qu'ils ont tout volé à Only Living Witness ou Life of Agony (et ils n’auront pas tort), In Love The Is No Law reste incroyablement bon. Gros riffs, mosh parts dantesques, groove acerbe, zeste d'amour, un album total.




Caught In A Crowd - The Fight
Ça faisait bien longtemps qu'un EP de youth crew ne m'avait pas mis une claque pareil (depuis Leave No Doubt de Mindset en fait). Surtout que le label React! a un peu le ventre mou ces derniers temps. Certains plans font très hardcore straight edge des années 90, d’autres sont plus thrashy. La voix du chanteur transpire la colère, et ça, forcément, ça me séduit.




Blind Justice - Mischief
J'avais écouté leur démo sans vibrer plus que ça, puis le EP est sorti... Rien que le premier morceau surpasse des dizaines de disques entiers. L’intro et la voix me catapultent dans le NYHC de 1989 (Outburst !) et ce break de fin me donne une subite envie d'abattre des cloisons à la masse. On peut dire que le mélange est réussi, et le reste du EP aussi.




Freedom - Pay The Price
La condition impérative pour lire cette mini-review de Freedom est d'écouter en parallèle leur morceau « Freedom Slam ». Back To Back Records ont un directeur artistique qui a le chic pour découvrir de grosses tueries (Blind Justice, Violent Situation, Soul Search et j'en passe). Ces gars de Philadelphie ont mis beaucoup de groove dans leur coca, mais restent finalement dans une approche hardcore « straight in your face », qui invite l’auditeur à faire face à la réalité.




Incendiary - Cost Of Living
Le hardcore sauce edge metal des 90's n'est toujours pas enterré. Incendiary le fait (re)vivre avec brio. Je ne sais pas comment j'ai pu passer à côté de ce groupe avant ce LP, et j'avoue que je n'ai même pas pris la peine d'écouter leurs précédents disques, tant celui-là me suffit amplement. Je ne vais pas m'étendre, si ce n'est pour dire que cette merde me rappelle le meilleur de Earth Crisis, Buried Alive ou Indecision. Tempête de feu !




Nails - Abandon All Life
Offre-toi un gros quart d'heure de violence, c’est gratuit. La première fois que j'ai entendu ce disque, j’ai rien compris. Ni ce qui se passait sur les morceaux, ni si j'aimais ce que j'entendais ou pas, alors que leur album Unsilent Death est pourtant un de mes disques préférés. Mais putain quelle claque ! Abandon All Life, c'est 17 minutes de death grind à la croisée de Napalm Death, Entombed et Drop Dead, saupoudré de blast à peu près toutes les 30 secondes. Je viens de le réécouter et je me sens encore tout patraque.




Sex Prisoner - State Property
J’ai jamais été un grand fan de powerviolence jusqu'à ce que je découvre les tarés de Nails, Black Mask ou ces amateurs de knockout game appelés Sex Prisoner. Un son de basse dégueulasse, un chanteur piqué à Ringworm et des breakdown hyper bas du front : tout ce que j'aime. En gros, ces types ont beau venir de Tucson, leur musique pue les rues de Cleveland.




Soul Search - Nothing But A Nightmare
C’est devenu un lieu commun d'injecter une grosse dose de metal dans son hardcore. Mais pour une fois que cette manie donne quelque chose de positif, il serait dommage de s'en priver. Soul Search, qui jouaient un hardcore métallique musclé aux allures de Madball et Biohazard, ont récemment achetés des pédales Boss-HM II et ont écouté toute la discographie d’Obituary. Ça a donné la première claque de 2013.




The Flex - Scum On The Run
La scène hardcore anglaise actuelle est tout bonnement incroyable. La meilleure pour moi avec celle de Boston, et ce, dans presque tous les styles de hardcore. The Flex se sont gavés de groupes du Boston de 1982 (SSD, DYS, Negative FX) et évidemment de NYHC 80's, ont tout digéré et le dégueulent comme personne sur ce EP. Et en plus ils tuent en live. Vivement le LP prévu pour 2014.




Magic Circle – S/T
Oui je sais, Magic Circle n'est pas un groupe hardcore, mais ça compte quand même vu que leur frontman n'est autre que Brendan Radigan de Rival Mob (dont l’album sorti en 2013 était particulièrement décevant). Ce LP est un condensé de génie en 41 minutes, du stoner/doom façon Pagan Altar/Black Sabath surplombé d’une voix impressionnante. Pas la peine d'ajouter que toute cette galaxie prolo de Boston est à suivre, qu'on parle hardcore, heavy metal (Stone Dagger) ou même oi! (Battle Ruins). Ces mecs en bottes sont instoppables.



Alexis est le PDG de Straight & Alert, la seule distro xhardcorex de France depuis 2009. Il est basé à Nantes et a créé son label cette année, sur lequel il a notamment sorti les groupes parisiens Cut Loose et Lodges, et le EP du groupe où il hurle, Raw Justice.

La plupart des disques dont il parle sont en stock chez lui, car oui, il passe sa vie sur bandcamp pour vous apporter le meilleur, vous les français sans groove.