Les 20 morceaux perdus de 2014

On les a écoutés toute l’année mais ils n’ont pas trouvé de place dans nos listes de fin d’année. On n’allait pas les laisser tomber pour autant.

|
10 Décembre 2014, 12:19pm



On les a écoutés toute l’année mais ils n’ont, pour tout un tas de raisons, pas trouvé de place dans nos listes de fin d’année. Pas de clip, pas de clip notable, pas de clip suffisament notable pour rivaliser avec ceux de Qoso ou Iron Reagan, pas d'album, pas d'album notable, pas d'album suffisament notable pour rivaliser avec ceux qu'on vous listera demain (eh oui, la fête continue !) ou tout simplement parce qu'on les a écoutés comme ça, isolés du reste, sans trop se poser de question. Toujours est-il qu'on n’allait pas les laisser tomber pour autant.

GIRL BAND - « Lawman »
Outre le fait qu’ils ont remporté cette année le prix du groupe avec le titre le plus difficile à Googler juste derrière T.I.T.S., il y a exactement 4 choses à savoir sur Girl Band : 1/ ils viennent de Dublin, 2/ ils citent Blawan, le Rat Pack et les Modern Lovers parmi leurs influences, 3/ ils ont sorti trois singles cette année, à commencer par le génialissime « Lawman » et 4/ ils devraient en toute logique mettre 2015 à feu et à sang, avec vous dedans.

YOUTH CODE - « Consuming Guilt »
Les gothiques de 2014 sont aussi pénibles que ceux de 2013, des gagas de l'EBM aux surdoués de la néo-folk. Pourtant, entre la parade des seigneurs des ténèbres et les pingouins du healthgoth, certains arrivent encore à honorer dignement la froideur industrielle, à mi-chemin entre bunker et abattoir.




RUN THE JEWELS - « Angel Duster »
On aurait pu citer Angel Du$t mais leur album était un peu faible, on aurait pu citer l’album entier sorti après cette deuxième collaboration entre Killer Mike et El-P mais nous avons été légèrement perturbés par ce featuring de Zack de la Rocha. Alors voici simplement le meilleur titre du disque, tout en nappes terrifiantes et en beats à aspiration tournante.


AN-I - « Kino I »
Il y a deux ou trois trucs hyper-rassurants dans la vie, à commencer par le fait que onze mois et treize jours après sa sortie, le premier maxi de An-i sonne toujours autant comme la B.O. d'un crossover entre Chute Libre et Blade Runner dans lequel tout serait éclairé au néon et filmé en accéléré, et dont le scénario consisterait en une seule et unique course-poursuite dans un Grand Collisionneur de Hadrons entre des robots-assassins et un cadre supérieur infecté par un virus transformant les gens en concentrés électriques de haine pure.


GRADUR - « SMS remix » feat. KOZI & BLACK BRUT
Ouais, il fallait remettre de l’ordre dans le titrage. Fini la Lambada et le Yakalelo, le tube de l’été 2014 a été assuré par Gradur et ses potos, à base de grosse chaleur, de grosses baskets et de gros biceps, le tout sur une chorégraphie 100 % mosh. Imparable.
TOTAL CONTROL - « Flesh War
Alors eux, autant le dire tout de suite, ils se seront bien foutus de notre gueule cette année. Un premier album incroyable (Henge Beat, un des trucs les plus brillants sortis en post-punk ces 5 ou 10 dernières années), un line-up garanti 100 % barronnage (des membres de Straighjacket Nation, Eddy Current Suppression Ring et UV Race - soit la grande royauté du garage/punk océanique), un retour triomphal (avec ce monstrueux « Flesh War ») et puis l'arnaque Typical System, deuxième album mou, frileux, chiant, à des lieues du génie habituel de Total Control. Sérieux, les gars. Sérieux.




SILENT SERVANT - « Speed And Violence »
Quelle représentation pour le futurisme aujourd’hui ? Vous avez 6 minutes 30.

LA SECTE DU FUTUR - « Someone Stole My Summer »
Après un premier disque encore timidement caché derrière de longs rideaux de reverb, Greetings From Youth a marqué une progression dramatique pour La Secte Du Futur, transformant ce groupe de jeunes gens à l'hygiène aléatoire en hallucinant orchestre laser pop, enchaînant avec force et précision un trillon de tubes spectaculaires, parmi lesquels le cyclopéen « Someone Stole My Summer », titre qui a été joué très précisément 249 fois sur le iTunes de notre rédacteur en chef depuis le 13 janvier 2014.

YOUNG THUG - « Strange Things »
D'ici on peut voir le passé, le présent et le futur.




NAI HARVEST - « Buttercups »
Les deux gars de Sheffield ont été incontestablement les deux anglais les plus cools de l’année. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ne figurent pas dans le top de nos collègues britanniques. Allo Londres ?
TORN HAWK - « Blindsided »
À chaque fois que j'écoute ce morceau j'ai envie de pleurer d’émotion en regardant un divX horriblement mal compressé de Sauver Willy avec mes meilleurs amis. On dirait la B.O. de Top Gun jouée sous l'eau. Cassez-vous avec vos prix Nobel et vos arrimages de comètes, la plus grande avancée de l’humanité cette année c’est de ne pas avoir utilisé ce track dans une pub pour un 4x4.




NOTHING - « July The Fourth »
Le voilà, il est là, il approche et personne ne pourra y échapper : le revival Deftones.
DIE NERVEN– « Eine Minute Schweben »
Le monde manque définitivement de groupes d’adolescents allemands en T-shirts unis taille L et Docs basses non coquées prêts à avoiner leur race sous fond de stroboscopes comme si leur vie en dépendait.




RENDEZ-VOUS - « The Others »
Rendez-Vous ont pris tous les corbeaux de court avec la sortie de leur premier EP, cold wave synthétique méga-fuselée, allant même jusqu’à atteindre le plateau de Direct8 pour un moment télé, qui marquera indéniablement l’année 2014, au cours duquel Jérémy Chatelain explique l’EBM aux invités du jour : l’équipe de la tournée Stars 80.




ASOCIAL CLUB - « Mes Doutes »
Peu importe son sexe : Casey est le meilleur rappeur français.
POW! - « Switchboard Scientist »
S'il y a bien un truc qui me déprime encore plus que les 128 albums de Thee Oh Sees, ce sont les 273 albums que les mecs de Thee Oh Sees sortent chaque année sur leurs labels respectifs. Mais comptez sur moi pour tous les écouter, jusqu'à la dernière seconde, tant qu'il sera possible d'y trouver des titres aussi impériaux que le « Switchboard Scientist » de POW!




VIOLENCE CONJUGALE - « Homosexualis Discotecus »
On aimerait autant arrêter de parler de ces deux types hyper-embarrassants aux orientations politiques et économiques résolument indéfendables, mais le fait est qu'ils ont enregistré la seule reprise de 2014 qui soit meilleure que l'original (eh ouais).

GANGSTA BOO & LA CHAT - « Sweet Robbery »
Voici les filles qui ont rendu le rap plus respirable en 2014. En étouffant toutes les autres.

WILDEST DREAMS - « Last Ride »
Harvey Bassett aka Dj Harvey aka R.V. Cock sait qu’il est parfaitement inutile de commencer à chanter avant la seconde moitié d’un morceau. Il applique ce précepte à la perfection sur « Last Ride », extrait de l’album de son nouvel alias, Wildest Dreams. L'idée de départ est colossale : condenser en cinq minutes et douze secondes tout ce que les années 70 ont fait de meilleur en matière de son et d’attitude. Le résultat est, lui, thermonucléaire.

SPLASH WAVE - « Spin Jammers »
Miami, Plouescat, les compilations Street Jams, le jeu vidéo Streets Of Rage. Ceci est pour tous ceux qui n’ont aucun problème avec le fait d'être détendu. Tremblez les VRP de la synthèse FM triste et de la mélodie facile. Nous, on reste sereins.