« Bienvenue en enfer » : Le message d'accueil des policiers de Rio à un mois du début des Jeux

Une vague de pessimisme qui entoure les Jeux brésiliens monte depuis plusieurs mois. Le pays est plongé dans une récession économique profonde et chaque semaine comporte son lot d’accidents et d’annonces étonnantes.
29.6.16
Screenshot va Twitter

À moins de cinq semaines du début des Jeux Olympiques, les policiers et pompiers de Rio de Janeiro cherchent à faire entendre leurs inquiétudes concernant leurs conditions de travail et les nombreux retards de paiements de leurs salaires.

« Bienvenue en enfer, » pouvait-on lire en anglais sur la bannière brandie à l'aéroport de Rio par les ambulanciers, policiers et pompiers. « Tous ceux qui viennent à Rio ne seront pas en sécurité. »

Un message similaire a été peint sur un pont qui surplombe l'autoroute de Rio. « Bienvenue. Nous n'avons pas d'hôpitaux, » a été inscrit en anglais.

Le gouverneur de Rio, Francisco Dornelles, ne semblait pas plus optimiste ce lundi dans l'interview qu'il a donné à O Globo. D'après lui, la police n'aura plus d'essence d'ici la fin de la semaine si le gouvernement fédéral ne transfère pas les 860 millions de dollars promis plus tôt ce mois-ci en vue des JO.

Cette nouvelle enveloppe avait été promise par le gouvernement après que Dornelles a déclaré « l'état d'urgence financière ». L'État peine à financer les services publics.

Dans O Globo, Dornelles s'est aussi dit inquiet quant à la circulation des 500 000 visiteurs dans Rio, puisque le rallongement du métro (qui permet d'accéder au principal complexe olympique) n'est pas fini.

« Je suis optimiste quant aux Jeux, mais je dois faire état de la réalité des choses, » a dit Dornelles. « Nous pouvons avoir de belles Olympiades, mais si certaines mesures ne sont pas prises, cela pourrait se transformer en fiasco. »

La vague de pessimisme qui entoure les Jeux brésiliens monte depuis plusieurs mois. Le pays est plongé dans une récession économique profonde et chaque semaine comporte son lot d'accidents et d'annonces inquiétantes.

En mars, le gouvernement de l'État de Rio a annoncé la réduction du budget alloué à la sécurité des Jeux de près de 500 millions de dollars. Nombreux sont ceux à se poser des questions sur la capacité des autorités à faire face à la menace terroriste.

En avril, une piste cyclable construite pour les JO s'est effondrée dans la mer. En mai, un groupe d'experts internationaux a signé une lettre ouverte appelant l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à faire pression sur le Comité international olympique (CIO) pour reporter ou déplacer les Jeux en raison de la propagation du virus Zika dans le pays.

La crise politique qui fait rage dans le pays risque aussi se faire sentir en pleine Olympiades. Le 5 août, trois jours avant la cérémonie d'ouverture, le Sénat doit décider s'il destitue ou non la présidente Dilma Rousseff.


Suivez Alan Hernández sur Twitter : @alanpasten